<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966</id><updated>2012-01-28T08:01:01.715+01:00</updated><title type='text'>Relation épistolaire à vocation universelle</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>107</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-5483750266927585937</id><published>2011-12-12T13:54:00.005+01:00</published><updated>2011-12-12T14:18:28.970+01:00</updated><title type='text'>The Magical Negro.</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-mJAB44CEe-A/TuX6A2pgJoI/AAAAAAAAAPU/U8QHtKkk9_Q/s1600/magical%2Bnegro.png"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 252px; FLOAT: left; HEIGHT: 200px; CURSOR: pointer" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5685224997201651330" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-mJAB44CEe-A/TuX6A2pgJoI/AAAAAAAAAPU/U8QHtKkk9_Q/s320/magical%2Bnegro.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je n’ai jamais supporté la philosophie esthétiquement étroite qui affirme que les temps de grandes crises humaines sont faits pour que les œuvres d’art dispensent du bonheur. Cet argument étriqué se combat facilement lorsqu’on observe que les films d’horreur, par exemple, font de belles recettes malgré leurs propos destructeurs. Mais il est des phénomènes plus pervers qu’un film d’horreur, en cela que ce sont des manifestations d’abord fictionnelles mais qui mutent dangereusement en fictions utiles, c’est-à-dire en principes de « vie bonne », et par conséquent en modèles structurants. C’est le cas d’&lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt;, récente production française, qui reprend la base d’une histoire vraie pour se donner l’opportunité de restituer une science consciente du stéréotype. Et dans la mesure où le cliché a de beaux jours devant lui, on constate que des masses s’agglomèrent dans les salles obscures, se découvrant des dispositions pour des impératifs catégoriques tels que « je changerai mon regard sur les handicapés » ou encore, plus révélateur, « je ne penserai plus qu’un Noir qui s’occupe d’un infirme est un immigré qui a trouvé l’occasion d’un moindre mal ». C’est que, bien évidemment, tout phénomène culturel de masse devient incontestablement le fruit d’une récupération morale et politique, en quoi notre critique n’est que le prolongement de ce qu’on peut examiner depuis que ce film est sorti. &lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt; s’inscrit par ailleurs dans un récent contexte de plus-value de l’immigré-type, tel qu’on a pu le noter il y a peu avec les films &lt;em&gt;Case Départ&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Nom des Gens&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Il reste du jambon ?&lt;/em&gt;, et très actuellement avec l’affreux &lt;em&gt;Hollywoo&lt;/em&gt; où l’apocope semi-comique du « d » final stipule en creux des manquements considérables malgré ses intentions démonstratives plus sournoises encore. Mais il en va logiquement de ces productions comme des facultés cognitives de ceux qui s’y sont investis, et nous n’irons pas plus avant dans ces commentaires puisque la postérité fera son travail d’assainissement esthétique à notre place. Reste qu’une hypocrisie s’entre-nourrit entre la production cinématographique et le public puisque nous voyons dans ces succès les prémisses d’un autre succès, outre de nobles raisons de traiter avec détachement et parfois avec une regrettable désinvolture la notion de différence, complétée par une médiocre tentative de reprendre quelques « trucs » d’une littérature de voyage qui aurait en cette occurrence bien besoin d’être lue pour ce qu’elle est vraiment. Le succès dont nous voulons parler concerne le premier tour des élections présidentielles en 2012 car de nombreux indices ne laissent plus aucun doute sur la présence de Marine Le Pen au second tour du scrutin. Que les choses soient claires : nous sommes déroutés de la percée du Front National, mais nous souhaitons mettre en évidence, indépendamment de quelques autres facteurs sociologiques patents, la responsabilité sous-jacente de ces films médiocres qui font ponctuellement les orgasmes de la bien-pensance. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;em&gt;cultural studies&lt;/em&gt; américaines ont thématisé ce qui a fait la grandiloquence morale d’&lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt;. On peut voir dans le personnage que joue M. Omar Sy, un homme remarquable par ailleurs, l’instanciation de ce qu’on appelle aux États-Unis le « &lt;em&gt;magical negro&lt;/em&gt; », à savoir le Noir qui participe de toutes ses forces à la fonction positive du monde, suturant les discriminations et accentuant un discours axiologiquement épuré de toute malveillance. Le nègre magicien, pour en donner une traduction objective, fait acte d’une repentance qui ne se dit pas, en quoi il est le parfait jouet esthétique d’un public de Blancs hétérogène, en cela que ce public se compose aussi bien de petit-bourgeois coincés que d’extrémistes en puissance qui soutiennent que l’immigration est une maladie. En France, par-delà ce que stigmatise le personnage altruiste d’Omar Sy dans &lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt;, nous avons sédimenté le « &lt;em&gt;magical negro&lt;/em&gt; » par quelques « &lt;em&gt;magical Arabs&lt;/em&gt; », dont on ne comptabilise plus les médiatisations malheureusement gauchisées, et qui ne sont que des moyens sophistiques d’annoncer à la grande majorité de la masse que la France demeure une terre de possibilités et de réussites qui ne demandent qu’à être impulsées. Cependant le décalage est violent entre la fiction utile et l’utilité du concret, ce qui a tendance à créer des dynamiques perverses où les énergies apparentes s’inversent pour se transformer en énergies malfaisantes, quoique pas systématiquement dépourvues de bon sens. C’est ainsi que les millions de spectateurs d’&lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt; seront parmi les millions de votants de Marine Le Pen, car le nègre magicien ne se dit que dans les termes du cinématographe, c’est-à-dire dans la magie du septième art, assez loin de ce qui a lieu véridiquement dans le réel car il persiste au moins deux évidences : 1/ ce n’est pas demain qu’en France on verra la promotion d’une immigration selon des critères moralement informés ; 2/ ce n’est pas demain qu’en France on se soignera d’une auto-flagellation de l’immigré car le public aime trop les clichés, et il est dramatique que ceux-ci se transportent indifféremment d’une ontologie à une autre, en l’occurrence du virtuel au réel, sans plus d’interrogations que des promotions outrancières et les convictions d’une certaine philosophie du bonheur qui empeste les magazines légers ainsi que les émissions de télévision autorisées. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;En fin de compte, que le public se satisfasse d’un film prétendument comique, c’est une bonne chose puisque c’est encore le moyen de garder les moutons au chaud. Mais que les partis politiques, tous autant qu’ils sont, puissent s’accommoder d’un discours à la même hauteur que le propos d’un tel film, c’est chose plus dangereuse, sinon le signe que nous avons ici ou là des « &lt;em&gt;magical negros&lt;/em&gt; » qui font ce travail d’émerveillement propre au septième art, à l’image de Mme. Rama Yade qui joue de plus en plus la comédie, à tel point d’ailleurs qu’il devient difficile de ne pas la prendre pour autre chose que ce qu’elle est en vérité, à savoir une figure de style de la farce politique, jadis un rouage de résistance à la fascisation, et maintenant une raison de se rapprocher de Marine Le Pen parmi tant d’autres échecs de cette instrumentalisation chromatique dont nous aimerions tant qu’elle déguerpisse tellement l’immigrations a besoin de sérieux et non de comédiens qui gesticulent. De ce point de vue, qu’elle ait été dernièrement épinglée pour plagiat par un collectif philosophique n’en est que plus ironique, la philosophie étant peut-être ce qui peut encore nous sauver du marasme intellectuel, c’est-à-dire de la confusion des genres où il devient urgent de savoir parler d’immigration en dehors des sphères magiques de l’industrie divertissante ou de la société spectaculaire. Dans cette optique, il est tout aussi urgent de savoir parler de la différence, voire de l’intégration du « monstrueux » dans nos repères normatifs, de savoir la traiter sans faire appel à un gribouillage filmique comme c’est le cas avec &lt;em&gt;Intouchables&lt;/em&gt;. Aussi nous terminons par une suggestion en orientant nos lecteurs vers le film &lt;em&gt;Freaks&lt;/em&gt;, qui mériterait ses millions de spectateurs de même qu’une médiatisation réfléchie en cette époque de simplifications meurtrières où toute profondeur est susceptible de se faire accuser d’élitisme… lors même qu’une élite concrète gouverne déjà, avec ses avatars et ses cabotins. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-5483750266927585937?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/5483750266927585937/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=5483750266927585937' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5483750266927585937'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5483750266927585937'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/12/magical-negro.html' title='The Magical Negro.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-mJAB44CEe-A/TuX6A2pgJoI/AAAAAAAAAPU/U8QHtKkk9_Q/s72-c/magical%2Bnegro.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-9214912006814109771</id><published>2011-09-17T21:14:00.005+02:00</published><updated>2011-09-20T13:23:35.879+02:00</updated><title type='text'>Réquisitoire contre la télévision.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-U0hb4wqmX4M/TnTx_Xqf8qI/AAAAAAAAAPM/Bze0q3x5N3I/s1600/tf1umplogoyo2.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 277px; FLOAT: left; HEIGHT: 300px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5653409503243137698" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-U0hb4wqmX4M/TnTx_Xqf8qI/AAAAAAAAAPM/Bze0q3x5N3I/s320/tf1umplogoyo2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Cet exposé veut avertir l’ensemble des publics des effets profondément néfastes de la télévision. Notre analyse ne s’inscrit dans aucune chapelle théorique, pas plus qu’elle ne poursuit un examen sociologique à la mode depuis environ une vingtaine d’années. Nous entendons reformuler le problème posé par la télévision à l’aide d’outils transdisciplinaires, comme la sociologie bien entendu, mais aussi la philosophie et l’anthropologie de l'homme cancéreux. Notre thèse affirme que la télévision va au-delà d’une contamination individualisée ; &lt;strong&gt;la télévision insémine une religion qui n’a pas de nom dans l’esprit des téléspectateurs, fidélisant les cerveaux et empêchant par conséquent la moindre intention de désobéissance civile&lt;/strong&gt;. Le premier effet pervers du poste de télévision est donc celui-ci : il informe les gens avec une quantité abrutissante de données, &lt;strong&gt;toutefois il procède à la transmission des informations en suivant une crète morale rigoureuse dont l’équilibre garantit l’affaiblissement des énergies tout en excitant les opinions&lt;/strong&gt;. Puisque l’information ne dépasse jamais vraiment le seuil de tolérance de ce que les gens sont prêts à intégrer, la télévision fait office de source incontournable car elle diffuse malgré tout des messages qu’elle seule peut concocter, trafiquer, en un mot &lt;em&gt;mettre en scène&lt;/em&gt;. En se prétendant donc irremplaçable sans avoir à s’en justifier, la télévision étale son temps de parole comme une série ininterrompue de grandes messes dominicales. Une fois qu’un public est entièrement crédule, l’acte de changer de chaîne pourra se comparer à la souffrance d’un croyant qui est tenté par une autre croyance – il y aura parfois apostasie, infidélité provisoire ou athéisme sceptique, mais &lt;strong&gt;toujours la télévision trouvera un moyen de fabriquer des croyances adéquates afin de minimiser ses chances de perdre définitivement un « fidèle »&lt;/strong&gt;. Car si la diversité des chaînes symbolise la diversité des religions, la télévision incarne le &lt;em&gt;Premier Moteur&lt;/em&gt; de toutes choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que telle, la télévision est saturée d’acteurs, de comédiens et autres nouveaux prêtres de la modernité. Orson Welles disait d’un grand acteur qu’il se caractérisait par un individu auquel il arrive de vraies choses. Par opposition, les fonctionnaires du monde audiovisuel ne sont qu’une pâte gélatineuse et très malléable, qui restituent le discours moral en provenance du Premier Moteur – ce Premier Moteur est en outre non identifié, sans attribut et dépourvu de concurrence ; il implique tout l’artifice du discours moral, toutes les pratiques de ses zélateurs, mais il est intouchable. Ces fonctionnaires sont donc des répétiteurs automatisés, mensualisés à prix coûteux, et de surcroît moins utiles qu’un véritable prêtre dans la mesure où ils n’utilisent leurs audiences qu’à titre de moyens. Un prêtre a au moins cet avantage qu’il considère en principe ses fidèles comme des fins.&lt;br /&gt;La présence débonnaire du Premier Moteur est cruciale. En effet, comment expliquer que des personnes travaillent pour une entité qui n’a pas de forme organique ? &lt;strong&gt;C’est donc que parmi les fonctionnaires-prêtres s’articulent des hiérarchies où certains se sentent mieux investis que d’autres vis-à-vis des rapports possibles avec le Premier Moteur&lt;/strong&gt;. En d’autres termes, on peut repérer parmi les travailleurs de l’audiovisuel des papes, des cardinaux, des évêques, des prêtres, et ainsi de suite jusqu'aux aides ménagers des monuments religieux. Nous devons définir plus précisément ces personnages et donner quelques exemples sans que nos listes ne soient exhaustives :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1/ &lt;strong&gt;Pape de la télévision&lt;/strong&gt; : se dit d’un individu qui « est arrivé ». Il est l’interlocuteur privilégié des cardinaux qui souhaitent grimper le dernier échelon avant de connaître la totalité du discours moral - la Béatitude en un mot. Être pape, c’est être en accointance avec le Bien et toutes les manières de l’instituer. Si le Premier Moteur est inconnaissable par nature, &lt;strong&gt;le Pape est connaissable à la fois dans son image irréprochable (ou supposée telle) et dans ses actions &lt;/strong&gt;– vouloir renverser ou critiquer un pape, c’est se condamner à devenir un iconoclaste, un scélérat ou un indésirable, et pas seulement dans le monde de la télévision. Par ailleurs, le Pape a acquis un tel niveau de respectabilité de la part de ses fidèles qu’il n’est plus réellement attaquable. &lt;strong&gt;Être pape, c’est donc encore le meilleur moyen de concrétiser ses arrangements, de renforcer sa puissance spirituelle et temporelle, et surtout de désigner ce que l’opinion a le plus tendance à rejeter dans le but de se rallier à un maximum de suffrages&lt;/strong&gt; – il convient donc de suivre l’axiome suivant quand on fait de la télévision : « Tout mouvement politique déséquilibré comme les extrêmes sera de préférence ostracisé des discours ». Exemples de Papes : Michel Drucker, Jean-Pierre Pernaut, Michel Denisot (le moins influent des papes puisqu’il évolue sur une chaîne semi-payante, ce qui ne permet pas à sa religion particulière de se déployer avec toute la pompe des autres). Points communs : le Pape a donc un certain âge et son règne, le plus souvent, se termine à son décès. Ainsi, pour se débarrasser d’un Pape, il convient soit d’être un hérétique en priant pour sa mort, soit d’être un hérétique meurtrier en fomentant un assassinat. Jusqu’à présent, nulle tentative n’a été faite en ce sens, mais nous prévoyons que l’augmentation irrationnelle du charisme des Papes provoquera très bientôt des actions subversives de ce funeste acabit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2/ &lt;strong&gt;Cardinal de la télévision&lt;/strong&gt; : se dit d’un individu qui se soumet constamment à la volonté papale. Le cardinal écoute les paroles de la papauté et il en rédige les bulles par l’intermédiaire de ses actes publics. La position du cardinal peut s’avérer précaire compte tenu de la concurrence féroce. &lt;strong&gt;Il existe une authentique féminisation de la profession de cardinal étant donné que les femmes abusent de leurs atouts physiques pour se tailler une assiette socio-audiovisuelle&lt;/strong&gt;. Ce sont le plus souvent des femmes non instruites qui n’ont bénéficié que d’obscures promotions, ou qui ont été « placées » selon le jeu des héritages. En tout cas, la position de cardinal est la plus exigeante de toutes : elle est à équidistance du rêve de l’accessit papal et de la chute au milieu d’un évêché dévalué. &lt;strong&gt;La cardinalité est en quelque sorte la classe préparatoire à la Papauté, ainsi il vaut mieux présenter une émission dans un studio parisien plutôt que se rendre célèbre dans des tournages provinciaux&lt;/strong&gt;. Mais on a vu qu’à l’instar des Grandes Écoles de France, la cardinalité avait depuis quelques années inauguré des postes de cardinaux pour les minorités visibles (Canal Plus, par exemple, a donc fait croire que les Noirs et les Arabes bénéficiaient d’une superbe reconnaissance sociale dans notre pays). Exemples de cardinaux : Laurence Ferrari, Patrick Poivre d’Arvor (retombé au grade d’évêque alors qu’il était à deux doigts de devenir Pape), Nagui, Arthur, Alexia Laroche-Joubert (éminence grise), Jean-Pierre Foucault, David Pujadas, Julien Lepers, Claire Chazal, Nikos Aliagas (la plus spectaculaire des ascensions à ce poste), Marie Drucker (cardinalité immuable, profite de l’immunité du Pape Michel Drucker ; elle sera très certainement la première papesse de la télévision, d’autant qu’elle bénéfice d’affinités politiques inexpugnables). Points communs : les cardinaux gravitent régulièrement soit dans la présentation des JT, soit dans l’animation des jeux ; ils peuvent évidemment se révéler cumulards. &lt;strong&gt;Ils prouvent de la sorte leur capacité à diffuser la parole morale demandée en creux par les Papes, et imposée en puissance par le Premier Moteur&lt;/strong&gt;. Il y a d’autre part une véritable mixité chez les cardinaux même si les femmes de ce groupe social ne brillent guère par leur esprit. Là aussi, on note que l’âge est plus ou moins de l’ordre de « la cinquantaine », sauf pour PPDA et Julien Lepers qui incarnent respectivement et ontologiquement la déflation et la stagnation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3/ &lt;strong&gt;Évêque de la télévision&lt;/strong&gt; : se dit d’un individu qui jouit d’une visibilité morale mais qui souffre d’être transféré d’une chaîne à l’autre, ou d’un horaire à un autre. Cela étant, son transfert est tout de même la preuve d’une incontestable réussite, et tout évêque peut évidemment atteindre l’état de cardinalité. Les profils des évêques sont variés bien qu’ils aient pour la majorité réussi leur parcours grâce aux « réseaux » qui comptent. &lt;strong&gt;L’évêque est un personnage déterminé, souvent vorace, et il fera preuve d’injustice si un mauvais comportement peut passer pour une bonne action au détriment d’un autre évêque (ou pire, d’un prêtre)&lt;/strong&gt;. Il existe au sein des évêques des personnalités non ambitieuses qui ont reconnu qu’elles n’avaient définitivement pas la carrure pour se faire cardinal. Ce sont en général des personnes qui ont la certitude de ne plus redevenir prêtre – en effet, rares sont les évêques à descendre d’un échelon, ce qui fait que le statut d’évêque apparaît dans le métier comme le plus indolent de tous. &lt;strong&gt;Malheureusement, du fait de la domination des Papes et des Cardinaux, les évêques essuient de nombreux caprices et de considérables jalousies, ce qui ne les aide pas à faire la part des choses entre la religiosité de la télévision et l’existence du monde empirique&lt;/strong&gt;. Être évêque, donc, c’est avoir un bonheur irrégulier malgré l’argent, et beaucoup de soucis ponctuels. Exemples d’évêques : Laurent Ruquier (passé tout récemment de cardinal à évêque, mais une victoire du PS en 2012 le propulserait de nouveau vers la cardinalité), Frédéric Taddéi (évêque à vie), Nelson Monfort (évêque de complaisance), Laurent Luyat (évêque indolent qui a érigé la médiocrité du commentaire sportif au rang de catégorie aristotélicienne), Jean-Marc Morandini (historiographe de la religiosité, sorte de moine copiste), Vincent Lagaf (allégorie de l’évêque pitoyable et pathétique), Marc-Olivier Fogiel (on le promettait pape mais il n’a pas su jouer de ses réseaux quand cela aurait compté), Valérie Damidot (personnalité manipulatrice dont les rondeurs sont intrumentalisées afin que la ménagère s'identifie), Jean-Luc Reichmann (sera bientôt cardinal s’il reste à TF1), Ali Baddou (promotion récente, vient d'obtenir son Habilitation à Diriger des Recherches), Benjamin Castaldi (hybride évêque/cardinal, n’a pas encore défini sa position aux yeux des fidèles mais personne ne serait surpris de le voir bientôt cardinal), Frédéric Beigbeder (évêque multiformes et pervers polymorphe, incarne la propagation ontologique en vertu de sa faculté d’imposer une reconnaissance accidentelle due au déterminisme social – il est donc promis à la cardinalité dans une dizaine d’années, ce qui viendra lorsqu’on lui décernera forcément un Prix Goncourt), Alessandra Sublet (déception immense car elle était une humble prêtresse autrefois), Christophe Dechavanne, Julien Courbet, Patrick Sabatier, Patrick Sébastien (un déçu qui sait que la cardinalité sera difficile, néanmoins ses efforts pour y parvenir sont en même temps louables et pathétiques), etc. Points communs : par leur nombre, les évêques sont logiquement indiscernables ; ils peuvent se remplacer l’un l’autre sans vraiment que l’on s’en aperçoive, sauf si l’évêque est sur le point de toucher à la cardinalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4/ &lt;strong&gt;Prêtre de la télévision&lt;/strong&gt; : se dit d’un individu « commençant », souvent diplômé et excellent connaisseur des « réseaux » qui comptent. Le prêtre est donc une personne qui a obtenu un diplôme (nous ne discuterons ni la valeur de ces diplômes, ni du problème de la reproduction des élites) et qui a pu être « poussé » par une connaissance familiale ou amicale – en l’occurrence &lt;strong&gt;soit par héritage, soit par intérêt, rarement par vocation&lt;/strong&gt;. Bien entendu des prêtres prolétaires existent car ils justifient de la moralité de surface de ce petit &lt;em&gt;cosmos&lt;/em&gt; refermé sur lui-même qu'est la télé. &lt;strong&gt;Si tout fonctionnait par le biais du réseautage, alors l’Église ne serait plus crédible et plus personne ne voudrait apprendre à devenir un prêtre, ni ne rêverait, pourquoi pas, de devenir un jour un Pape&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Le prêtre instancie par conséquent le meilleur objet transitionnel pour faire croire au téléspectateur crédule qu’il a parfaitement réussi ses examens de première année en théologie audiovisuelle&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Si bien que le prêtre se doit de représenter un idéal pédagogique (le diplôme), un idéal physique (la bonne présentation ou image du petit ami modèle/petite amie modèle), et enfin un idéal de totale obéissance (la probité, qui sert de modèle/patron aux enfants qui veulent ressembler à ces personnages)&lt;/strong&gt;. Il est en outre impossible qu’un prêtre ne dise rien sur un Pape. Un prêtre, que ce soit publiquement ou en coulisse, se prononcera toujours positivement sur un Pape. Le prêtre, malgré sa position de « &lt;em&gt;rookie&lt;/em&gt; », justifie toute l’articulation de la hiérarchie religieuse du monde audiovisuel. &lt;strong&gt;Sans les prêtres, il n’y a pas de liturgie et de prosélytisme, ni de croisades contre les extrémismes&lt;/strong&gt;. Exemples de prêtres : Cyril Féraud (le « minet » prêtre paradigmatique, véritable génie pour faire un pont entre la prêtrise débutante et les &lt;em&gt;seniors&lt;/em&gt;), Raphaël Enthoven (le « philosophe de service » malgré lui, qui a rallié à sa cause première des causes efficientes comme le tout nouvel impétrant en théologie Ollivier Pourriol, Vincent Cespedes, et plus discrètement Géraldine Muhlmann, à moins que ce ne soit l’inverse, sans oublier Michel Onfray etc.), Fabien Namias (exclusivement le fils de Robert Namias, absolu représentant de l’héritage automatisé dans son système bien huilé), Mouloud Achour (dont l’avenir sera compliqué en cas de persistance du sarkozysme – précisons ici que la religion télévisuelle va de pair avec l’instrument politique ; il n’y a pas de laïcisation entre la télévision et la politique, les deux instances y allant de leurs hiérarchies concurrentielles mais savamment complémentaires), Natacha Polony (qui a monté les échelons très graduellement en multipliant ses interventions auprès de l’évêque Taddéi), Audrey Pulvar (ancienne de l’évêché et qui n’y reviendra plus sauf en cas de victoire du PS en 2012), Arielle Boulin-Prat (une incroyable constance dans la prêtrise, mais en même temps une incroyable rhétorique de la morale didactique), Hervé Mathoux, Jean-Michel Apathie (restera éternellement un prêtre à cause de son parcours scolaire tardif, preuve de sa lenteur à assimiler les indices de la bi-présence Premier Moteur/Politique, ce qui explique en fin de compte son désir de commenter la politique à satiété, en somme son désir de comprendre le fait religieux dans sa plus pure authenticité), Carole Rousseau, Estelle Denis, Éric Naulleau (probablement hérétique mais a cependant montré des efforts en prenant la plus petite des églises qu’on pouvait lui offrir), Mélissa Theuriau (seul un divorce avec Djamel Debbouze pourrait recapitaliser son potentiel à l’évêché), toutes les présentatrices de I Télévision qui s’apparentent davantage à des « starlettes » qu’à des professionnelles, etc. Points communs : jeunesse relative voire adolescence tardive (adulescence), ambition démesurée, souffrant de &lt;em&gt;pleonexia&lt;/em&gt; pour reprendre une terminologie d’Aristote dans &lt;em&gt;Éthique à Nicomaque&lt;/em&gt;. Conséquence : &lt;strong&gt;les prêtres ne préparent aucunement une éthique du vivre-ensemble et de la justice, ils échafaudent la constance des publics pour perpétuer la morale hypocrite du Premier Moteur&lt;/strong&gt;. Les prêtres sont donc les premières personnes dont il faudrait se débarrasser pour assainir la nécrose spirituelle qui touche la France. Peut-être alors pourrait-on envisager une sincère désobéissance civile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette typologie ne va pas jusqu’à se préoccuper des vrais « ouvriers » de la télévision, qui sont ceux qui souffrent les pires atrocités morales (William Leymergie, que nous n’avons pas classé, s’est démarqué en tant que diffuseur public de l’atrocité d'après certaines rumeurs). Cependant, cette typologie doit aider le lecteur de bonne foi à entreprendre en lui-même les modifications fondamentales qui pourront nous conduire vers une vie de l’esprit retrouvée. Tant que la télévision habitera les logements de France, le pays s’enfoncera dans l’obscurantisme et la lobotomie. &lt;strong&gt;La laïcisation de demain consistera en une séparation franche de la télévision et des téléspectateurs&lt;/strong&gt;. L’audience de la télévision doit procéder à sa métamorphose ovidienne réussie, à savoir qu’elle se doit de devenir spectatrice de la vie au lieu de se prosterner devant le simulacre télévisuel. &lt;strong&gt;Car, dans le fond, qu’est-ce que la télévision sinon l’habile structuration d’un monde factice où les religieux se congratulent mutuellement tout en accentuant la facticité du lien de leur monde avec le nôtre ?&lt;/strong&gt; C’est qu’on ne mesure pas suffisamment l’outrecuidance de ces émissions de télévision qui traitent de… l’histoire de la télévision ! Si l’on veut se préoccuper d’histoires factices, nous conseillons au lecteur de bonne foi de se mettre entre les mains un bon roman (c’est-à-dire non chroniqué à la télévision) et de jeter par la fenêtre sa télévision. &lt;strong&gt;Quand les postes de télé joncheront les trottoirs et les décharges, alors nous serons parvenus aux prémisses d’une désobéissance civile vérace. Et pour ce faire, nulle violence sinon la violence envers soi&lt;/strong&gt;. Les gens de télévision sont comme les sophistes : si personne n'écoute leurs discours, alors le sophiste meurt en son principe.&lt;br /&gt;De toute évidence, cette typologie annonce les préliminaires d’une méthodologie que les publics devront s’approprier et affermir. &lt;strong&gt;Il est conseillé de garder sa vigilance dans les milieux connexes de la télévision : littérature contemporaine, radio, cinéma français d’héritage etc&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Les tentacules de la religion sont effectivement infinis, en quoi il est urgent de les sectionner à la racine puisqu’il est impossible d’en repérer le bout&lt;/strong&gt;. Que nos propos, néanmoins, ne soient pas déformés : nous n’appelons pas à l’assassinat des Papes, mais nous les avertissons qu’une sédition à leur encontre ne serait aucunement surprenante compte tenu des valeurs épouvantables qu’ils transmettent.&lt;br /&gt;Enfin, un certain nombre de remarques éparses s’imposent, car elles vont aider le lecteur à mieux se figurer le cancer télévisuel que nous voulons éradiquer. De ce point de vue, notre seconde thèse n’est pas moins accablante que la première : &lt;strong&gt;nous affirmons que la télévision est la cause sous-jacente de quelques cancers généralisés, notamment les cancers du cerveau et de l’estomac (le cerveau car il se ramollit au contact de la télévision, l’estomac car il subit des aigreurs à cause des discours ultra-moraux de la télévision)&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Notons que mourir d’un cancer de l’estomac est une preuve d’intelligence : un estomac où les tumeurs ont métastasé prouve que le cancéreux n’en pouvait plus de ce qu’on lui donnait à voir ou à entendre. En revanche, un cancéreux du cerveau s’est enfoncé dans l’abrutissement ultime qui l’a conduit à une agonie abominable&lt;/strong&gt;. Encore une fois, nous fondons notre propos sur des intuitions vives, car il n’est pas question de faire de tous les cancers de l’estomac et du cerveau des effets des nombreux contacts avec le poste de télévision. Revenons donc à la promesse de nos remarques désordonnées :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Redevance télévisuelle&lt;/em&gt; : impôt religieux et organe d’asservissement. Le fait de payer cette taxe signifie en creux que la parole télévisuelle pourrait éventuellement être de qualité, ce qui est un raisonnement fallacieux.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Séries télévisées&lt;/em&gt; : les seuls programmes qu’il faut sauvegarder car ils sont l’institution d’une base de l’esprit critique (sauf les séries françaises). Cependant, il ne faut plus les regarder à la télévision, mais les télécharger ou les acheter pour les voir sur ordinateur.&lt;br /&gt;- La publicité fonctionne comme une grande base de revenus de la religion télévisuelle. &lt;strong&gt;La bonne parole du Premier Moteur favorise l’abâtardissement, ce qui oriente le téléspectateur vers une obéissance passive devant les publicités&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Du reste, zapper provisoirement pendant une publicité, ce n’est pas quitter une religion, mais c’est donner une chance à une autre chaîne de rendre crédule un téléspectateur désireux de se convertir&lt;/strong&gt; (souvent désireux d’une telle chose sans s’en apercevoir). &lt;strong&gt;Mais zapper pour revenir au programme interrompu, c’est la preuve ultime de sa croyance&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;- Il va de soi que la rediffusion des émissions de télévision sur internet est un fléau. &lt;strong&gt;D’autre part, si l’on souhaite revoir sur le « web » une émission que l’on a déjà vue sur la télévision, c’est que l’on incube un cancer du cerveau très probable&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;- Le « Zapping » est un « zapping » de croyances. Il est l’un des pires outils de propagande du monde audiovisuel.&lt;br /&gt;- &lt;strong&gt;Les programmes du samedi soir sont régulièrement les plus religieux&lt;/strong&gt;. C’est le samedi soir que la psychologie humaine est prête à se convertir. Les couples qui répètent les soirées télévision en fin de semaine devraient immédiatement divorcer ou jeter leur télévision par la fenêtre.&lt;br /&gt;- La téléréalité est un sophisme. Elle est une « boîte à bac de théologie » qui ne cherche qu’à fidéliser des téléspectateurs tout en recrutant de temps à autre un prêtre vecteur de la banalité humaine. &lt;strong&gt;La téléréalité, ainsi, veut fonctionner comme une immense machinerie financière, mais elle n’est en définitive qu’un succédané de la psychologie des foules&lt;/strong&gt;. Par contre, la téléréalité, à force de creuser toujours plus profond, risque d’augmenter le nombre de cancers de l’estomac, ce qui peut &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; accroître le coefficient de lucidité des croyants. Toutefois, les inconditionnels de la téléréalité vont sûrement mourir d’une attaque cérébrale car un cancer serait pour eux un trop long processus du simple point de vue pathologique – le cancer prend du temps pour se développer alors que l’attaque survient sans prévenir.&lt;br /&gt;- Le doctorat de théologie audiovisuelle des nouveaux prêtres demeure flou dans ses UE (Unités d’Enseignement). &lt;strong&gt;Apparemment, on dirait que la religion télévisuelle se répand dans les Grandes Écoles, ce qui nous fournit un indice non négligeable sur les lieux que la sociologie doit de nouveau remettre en question&lt;/strong&gt;. Pour le moment, il n’existe pas d’examen ritualisé comme le baccalauréat, certainement parce que les prêtres veulent garder le secret de leur intronisation finale.&lt;br /&gt;- La télévision est un des pires lieux de discrimination physique. &lt;strong&gt;Le physique prime sur le cerveau, mais quelque part cela est logique dans la mesure où la répétition de la parole du Premier Moteur n’implique aucune capacité intellectuelle&lt;/strong&gt;. L’effet pervers, c’est que l’absence d’utilisation de la masse cérébrale chez les fonctionnaires de l’audiovisuel les dispense d’un cancer foudroyant - nous entendons par là que leurs cerveaux ne sont pas même passifs, mais ils sont complètement confondus dans le Premier Moteur, sorte de protection &lt;em&gt;mithridatisante &lt;/em&gt;pour l'ensemble du personnel télévisuel. &lt;strong&gt;Ceux qui partent d’un cancer sont bien souvent les hérétiques qui se cachaient ou qui résistaient devant toute cette médiocrité puante&lt;/strong&gt; (saluons ainsi Alain Gillot-Pétré, Yves Mourousi et Patrick Roy, qui incarnaient les derniers reliquats de morale réelle dans le ventre du Premier Moteur, et plus spécifiquement dans le ventre de TF1). Naturellement, à partir d’un certain âge, la mort par cancer ne compte plus. Pour se prétendre hérétique, il faut contracter un cancer avant d’avoir atteint un certain âge – encore à déterminer dans notre étude.&lt;br /&gt;- &lt;strong&gt;Les jeux télévisés sont un apprentissage de la cupidité et de l’abrutissement consenti de la raison humaine&lt;/strong&gt;. Julien Lepers ne doit pas faire illusion car son jeu dépend moins d’une intelligence vive que d’une faculté d’avoir révisé ses classiques. &lt;strong&gt;Lepers met donc en exergue une majorité de candidats qui savent qui a écrit &lt;em&gt;La Critique de la Faculté de Juger&lt;/em&gt; mais qui ne l’ont jamais lue, et ne la liront probablement jamais&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;- Ce point sur la philosophie du jugement kantienne pour interroger la recrudescence de « philosophes » de métier à la télévision. Le fait que ces gens-là n’aient pas continué leur rôle de professeur (ou le continuent à côté), peut révéler deux choses : &lt;strong&gt;1/ Qu’ils ont accepté de devenir des religieux car cela payait davantage qu’un salaire d’enseignant au lycée ou à la fac. 2/ Qu’ils continuent (pour ceux qui continuent) à enseigner afin de se prémunir d’un cancer&lt;/strong&gt;. Mais ceux-là devraient faire attention : ce statut hybride du philosophe médiatique est, nous le pensons, la meilleure rampe de lancement pour un cancer de l’estomac ou de tout autre organe du système digestif.&lt;br /&gt;- La présence d’animaux domestiques sur quelques plateaux de télévision sert d’outil d’identification avec les « bonnes familles crédules » des programmes du soir. Ces familles se retrouvent devant la télévision quasiment tous les samedis de l’année, cela est logique. Ces familles connaissent aussi les tenants et aboutissants de la chimiothérapie, ou alors elles les connaîtront bientôt.&lt;br /&gt;- Les extrémistes qui se disent rebelles (électeurs du Front National ou du Front de Gauche) et qui se plaisent (surtout les premiers) à dénoncer un relatif « enjuivement » du milieu télévisé, sont la plupart du temps les meilleurs fidèles de la religion audiovisuelle. &lt;strong&gt;En effet, comme ils n’ont rien dans l’esprit, ils se mettent des références télévisuelles en tête afin de se construire des sujets de conversation&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;- Le sport télévisé est un affreux piège de fidélisation. Nous conseillons les « &lt;em&gt;streamings &lt;/em&gt;» de qualité pour lutter contre ce fléau.&lt;br /&gt;- Ceux qui ne regardent pas la télé ou qui la regardent à dose homéopathique ont des chances de souffrir de dépression au travail, leurs collègues ne cessant pas de parler de ce qu’ils ont « vu à la TV ». &lt;strong&gt;Le pire de ce constat sociologique, c’est que ceux qui possèdent les places les plus attractives dans les entreprises sont rarement les plus ignorants en matière de culture télévisuelle, donc en matière de culture religieuse&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;- Les autodafés sur tous les magazines religieux qui intensifient l’existence du Premier Moteur sont vivement conseillés. Le problème principal de ce type de magazine, c’est qu’il fonctionne comme une trace tangible de la religiosité dans le quotidien des consommateurs quand ceux-ci ne regardent pas la télé. En corollaire, les magasins de télévisions doivent être plastiqués.&lt;br /&gt;- &lt;strong&gt;Un être humain qui ne sert strictement à rien, c’est un être humain qui travaille et qui pense, en se rassurant, qu’en rentrant il va pouvoir retrouver son programme favori. Ce phénomène, parmi les chômeurs, peut être la cause première de l’état de chômage&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lecteur a l’autorisation de continuer cette liste non exhaustive de remarques. Nous ne faisons qu’impulser un mouvement révolutionnaire d’ampleur non violente. &lt;strong&gt;La fin de la télévision fera revenir parmi le monde les génies d’hier, qui sont écrasés par cette religion pesante&lt;/strong&gt;. Car nul génie ne se complaît plus d’une fois dans une émission de télévision. Dans le cas contraire, c’est que c’est un génie cupide, et la télévision devrait les surveiller car ce sont eux les premiers qui voudront organiser un attentat au sein de ce monde privé, mais paradoxalement hyper-public. Le génie cupide est un non-prêtre qui souhaite brûler les étapes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Khalid Bouachiche, Konstantinos Deveureux. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-9214912006814109771?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/9214912006814109771/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=9214912006814109771' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9214912006814109771'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9214912006814109771'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/09/requisitoire-contre-la-television.html' title='Réquisitoire contre la télévision.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-U0hb4wqmX4M/TnTx_Xqf8qI/AAAAAAAAAPM/Bze0q3x5N3I/s72-c/tf1umplogoyo2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4961200577782750893</id><published>2011-08-15T22:42:00.002+02:00</published><updated>2011-08-15T22:46:25.019+02:00</updated><title type='text'>Après l'indignation molle, la révolte vérace.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-MnEEVzMajYE/TkmFizSpFHI/AAAAAAAAAPE/FWzwRoSeWg8/s1600/ens.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 240px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5641186841188701298" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-MnEEVzMajYE/TkmFizSpFHI/AAAAAAAAAPE/FWzwRoSeWg8/s320/ens.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le ralentissement de la raison causé par la période estivale ne nuit en rien à l’exercice de la faculté de juger. Nous avons pris acte des émeutes londoniennes. Il nous a paru essentiel de réagir, mais seulement une fois les esprits apaisés. Nous avions indiqué il y a plusieurs mois deux points cruciaux ; nous les restituons selon l’ordre chronologique où ils ont été évoqués : 1/ Les banlieues françaises n’ont pas été soutenues par la politique de la société civile malgré les mouvements qui les ont secouées depuis environ les cinq dernières années. Les jeunes de banlieue vivent en étant amputés de certaines références, comme par exemple l’existence des Universités – très souvent, les lignes de bus ne rejoignent même pas les centres urbains quand on vit dans telle ou telle cité. De ce fait, ils expriment une colère en ne sachant pas toujours frapper aux endroits douloureux. En d’autres termes, les émeutes françaises sont moins néfastes pour ceux qui sont supposés être visés que pour ceux qui sont susceptibles d’être comptés parmi les contingents rebelles – c’est le serpent qui se mord la queue en croyant qu’il passe à l’offensive. En somme, la banlieue n’a pas un plan efficace pour manifester, et nous ne leur conseillerons pas de se syndicaliser (eux ne seront pas assez bêtes pour s’inféoder à un mécanisme qui prend possession des grèves pour mieux les contrôler). 2/ Les lycéens, à l’automne 2010, ont parlé de « faire la révolution » avant de sagement retourner étudier. L’étouffement du mouvement parisien a été particulièrement drôle à nos yeux. Comme d’habitude les « grands » lycées ont fait semblant de relancer un communisme sartrien (en l’occurrence un non-engagement politique), tandis que les autres ont profité d’un effet boule de neige pour relâcher pendant un moment la pression sociale d’une année de Terminale – passé la Toussaint on n’a plus rien vu, et le Baccalauréat a atteint en juillet dernier des taux records de réussite avec les contextes que l’on sait. On voit donc parfaitement le contraste entre deux jeunesses : &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;- La jeunesse des banlieues qui manque de moyens pour agir, mais qui manque aussi d’intelligences pour faire perdurer les actions (y compris les plus violentes).&lt;br /&gt;- La jeunesse « bohême » qui s’invente des révolutions en ignorant la première jeunesse, celle qui compte car la plus énergétique pour la démocratie. Le lycéen de Paris, pourvu qu’il fasse son rebelle en semaine et qu’il aille à la piscine des parents en fin de semaine, sera satisfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous appelons ainsi la jeunesse banlieusarde à réinvestir le plan d’action des émeutes. &lt;strong&gt;Ce qu’il faut bousculer, ce sont les lieux où se dégagent les perfidies d’un système qui déguise l’aristocratie reproductrice en égalité des chances&lt;/strong&gt;. Les émeutiers doivent impérativement assiéger nos « grandes » Écoles et toutes les structures afférentes à ces réseaux de formatage. Un pays ne peut pas avancer sereinement en pratiquant deux vitesses trop distinctes. Ce sera bien pire dans une ou deux décennies si la jeunesse des banlieues ne pratique pas bientôt sa révolution initiatique. On se dirige peut-être vers un soulèvement deux fois plus infernal que celui de Londres si la gouvernance française continue à masquer le fond du problème. Une action politique intelligente serait de vraiment commencer par faire fusionner les grandes Écoles et les Universités. La simplicité de la solution est souvent l’apanage d’une résolution causale plus vaste. Appelons cela le « courage de la vérité ». Nous avons prévu beaucoup d’événements depuis le début de nos réflexions, aussi nous prenons nos lecteurs à témoins en cette date symbolique du 15 août pour qu’ils se souviennent de ce que nous avons écrit lorsque tout cela arrivera sur la scène historique. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Bouachiche, K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;* en photo : un exemple d'indignation molle à l'ENS rue d'Ulm. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4961200577782750893?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4961200577782750893/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4961200577782750893' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4961200577782750893'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4961200577782750893'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/08/apres-lindignation-molle-la-revolte.html' title='Après l&apos;indignation molle, la révolte vérace.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-MnEEVzMajYE/TkmFizSpFHI/AAAAAAAAAPE/FWzwRoSeWg8/s72-c/ens.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-6593329392584743056</id><published>2011-07-22T19:55:00.002+02:00</published><updated>2011-07-22T20:07:02.366+02:00</updated><title type='text'>Prothèses de la tête.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-xpT9HOXLh_E/Tim8PCbDzeI/AAAAAAAAAO8/ASYUSQlfuQo/s1600/d%25C3%25A9capitation.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; FLOAT: left; HEIGHT: 272px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5632239775537941986" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-xpT9HOXLh_E/Tim8PCbDzeI/AAAAAAAAAO8/ASYUSQlfuQo/s320/d%25C3%25A9capitation.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous décrivez ce que j’appelle &lt;strong&gt;les esprits de la prothèse, à savoir les pouvoirs cérébraux qui ne savent plus fonctionner sans la duplication d’une identité numérique&lt;/strong&gt;. C’est ainsi que les personnes s’inventent une réalité meilleure sur les réseaux sociaux, se définissant selon les intuitions d’attente des autres candidats à la prothèse virtuelle. Et comme nous vivons une période où « ne pas se prendre la tête » tient lieu de sagesse, cela impose une déréalisation intellectuelle de l’ère numérique, mais qui ne fait que redécouvrir autrement un phénomène déjà ancré dans la vie sociale de tous les jours. &lt;strong&gt;La « déprise » de sa tête est un double retranchement : d’abord une décapitation des pouvoirs de tenir une conversation, ensuite l’abattement des facultés d’utiliser les nouvelles technologies avec pertinence&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;Cette situation est très dérangeante car elle met en évidence une définition de la normalité qui ne présage rien de joli. Ici, il faut peut-être remettre dans la mémoire du lecteur que la notion de normalité a été philosophiquement formalisée par Auguste Comte dans le but d’impulser la théorisation de l’homme biologique et social. Dans le &lt;em&gt;Cours de Philosophie Positive&lt;/em&gt;, Comte construit une image de « l’homme normal » qui, dans sa méthodologie, fonctionne comme une abstraction. Il s’agit d’un point de repère qui vise à épaissir notre observation de certaines régularités (la normalité au sens générique) afin de mieux appréhender les accidents des séquences normales (les pathologies). Le « type normal » façonné par Comte valide une fréquence de phénomènes qui sont subjectivement reconnus par l'ensemble de la population pensante. Si je devais fournir un exemple concret de cette méthode, je dirais par exemple que les blondes sont réputées pour être des idiotes ("type normal" d’idiotie des blondes), et que cette abstraction de normalité nous encourage à percer à jour les blondes intelligentes (possiblement la fausse blonde pathologique). &lt;strong&gt;L’enjeu, c’est de savoir expliquer les variations quantitatives d’un segment de la vie sociale pour éviter les erreurs de jugement quand on rencontre un seuil de modificabilité important dans tel ou tel phénomène&lt;/strong&gt;. C’est la raison pour laquelle une intelligence généralisée de la blondeur féminine nous interpellerait si elle arrivait un jour. Puisque nous avons subjectivement intégré que les blondes sont souvent des femmes précieuses et ridicules, nous agirions très vite sur nos catégories ontologiques si le phénomène tendait subitement à s’inverser. En d’autres termes, Comte, en créant l’abstraction d’un « type normal », nous incite à anticiper l’excroissance pathologique de la normalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La normalité arrête le désordre du pathologique en un point donné de la vie sociale&lt;/strong&gt;. Avant que les réseaux sociaux ne viennent s’incuber dans les esprits faibles (population non pensante, qui ne se prend pas la tête), il était normal de tisser soi-même ses relations, et cette activité pouvait prendre du temps. L’homme, avant les réseaux sociaux, était un être davantage nomade. Nous vivions alors comme des araignées sociables alors que maintenant nous avons un comportement de mygale traquée. En outre, la définition de la normalité de l'ancien jeu social nous aidait à repérer les écarts pathologiques comme le repli sur soi (il ne saurait exister aucun sage solitaire) ou encore l’érotomanie. Ce qui ne va plus, je le faisais remarquer, c’est que les mygales que nous étions ont perdu de leurs forces parce qu’elles se retrouvent traquées. Non seulement les réseaux sociaux imposent une forme de repli sur soi (l’hyper-gestion de son profil), mais aussi l’érotomanie (on veut que tout le monde nous aime). Le règne animal des humains d’Occident est malade et il n’est pas prêt à faire l’inventaire courageux des nouveaux types de normalité. Ce règne animal se dit que les modes sont normales, ce qui affranchit les réseaux sociaux de toute critique substantielle. &lt;strong&gt;Cela favorise la présence d’un écosystème cancéreux où les gens s’ennuient de vivre et craignent de perdre les privilèges de leur double numérique&lt;/strong&gt;. On peut avoir le cancer en vrai et le cacher sur un réseau social, mais c’est une entreprise de dissimulation vouée à l’échec car un décès, sur un réseau social, se définit dès lors que l’utilisateur n’a plus donné signe de ses connexions pendant un certain temps. Cinq semaines de déconnexion (équivalentes à cinq semaines de congés payés) ont toutes les chances d’être un acte de décès. Pour les professeurs comme nous qui sommes régulièrement en vacances, il faut attendre dix semaines hors des réseaux sociaux pour stipuler d’une mort très vraisemblable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces applications de la philosophie positive de Comte nous aident à faire sortir le concept de normalité de son carcan intellectualiste. C’est la base de l’expérience de la vie quotidienne qui m’indique le champ d’investigation que je suis en train de suivre.&lt;br /&gt;Pour reprendre donc le cours de ma réflexion, je dirais ceci : l’époque contemporaine gratifie les rébellions (mensualisées de préférence, telles les féministes qui jouissent d’une situation sociale privilégiée) tout en étant friande de normalité. La médicalisation à outrance prouve le fondement de mon propos. &lt;strong&gt;Plus une société est &lt;em&gt;disciplinaire&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;biopolitique&lt;/em&gt;, pour suivre le raisonnement de Foucault, plus la normalité et la performance existent&lt;/strong&gt;. La discipline du comportement professionnel dans le milieu des cadres crée actuellement des pathologies suicidaires, notamment chez France Telecom, qui a élevé le temps de travail à l’art de mettre fin à ses jours. La société n’a pas de réponse adéquate à pareille ignominie, donc elle fait progressivement entrer le suicide des cadres dans la case de la normalité. Si bien que ne pas avoir d’idée suicidaire quand on travaille à France Telecom devient un gage de pathologie. Quant à la biopolitique, on pourrait citer le cas des technologies comportementales : &lt;strong&gt;la prolifération des indications dans les transports en commun suscite une politique du déplacement des corps, que l’on retrouve comiquement distribuée dans l’organisation des grèves. Un syndicat ne fait rien d’autre que normaliser un mouvement social, ce qui empêche l’effet de spontanéité qui mettrait véritablement le pouvoir politique sur la sellette d’une décision rapide&lt;/strong&gt;. En gros, on comprend qu’entre le disciplinaire et le biopolitique, il y a un effet entre-nourricier qui constitue le socle d’une normalité silencieuse. On s’étonne après de ne pas réussir à intégrer dans nos discours judiciaires le cas des grands criminels.&lt;br /&gt;L’ultime effet de ce cancer de la normalité rampante (être sur un réseau social = avoir une vie excitante) montre les limites à nos façons de condamner l’anormalité. La pression sociale de nos sociétés occidentales fait que chacun en vient à juger de l’anormalité sans même plus se poser la question de l’efficacité d’un tel concept. En outre, un concept reste une abstraction potentiellement utile ! &lt;strong&gt;Ainsi, les gens ne savent plus faire d’abstraction intelligente à cause de la matérialisation des esprits, et ce faisant ils ne savent plus s’abstraire de leur « Je » souverain qui s’est volontairement décapité&lt;/strong&gt; (« sans prise de tête », par conséquent sans utilisation de la raison). On jugera donc une personne anormale si elle ne rentre pas dans le cadre de notre petite vie car l’absence d’abstraction amenuise la possibilité du mécanisme d’empathie. En revanche, on est en droit de se demander ce qui produit et renforce la normalité non-interrogée, c'est-à-dire la normalité matérielle qui préside à la normalité en tant que concept. Eh bien je crains que ce ne soit la télévision, ce nouvel écosystème où la tête s’abandonne pendant que le corps ingurgite de mauvaises nourritures. Le « type normal » réside dans la télévision, et je ne vois rien d’autre que la destruction de la télévision pour sauver la société occidentale. J’applaudirai donc le premier homme qui aura le « courage de la vérité » pour encore m'exprimer comme Foucault, c'est-à-dire le courage d’aller par exemple sur un plateau de jeu télévisé, armé d’un sabre, et de décapiter un maximum de personnes. Peut-être alors que l’on s’apercevrait qu’il faut se « reprendre » la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Respectueusement,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Konstantinos Deveureux &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-6593329392584743056?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/6593329392584743056/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=6593329392584743056' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6593329392584743056'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6593329392584743056'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/07/protheses-de-la-tete.html' title='Prothèses de la tête.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-xpT9HOXLh_E/Tim8PCbDzeI/AAAAAAAAAO8/ASYUSQlfuQo/s72-c/d%25C3%25A9capitation.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4053981693967416077</id><published>2011-07-16T09:20:00.003+02:00</published><updated>2011-07-16T13:18:30.015+02:00</updated><title type='text'>Métaldéhyde et crustacés.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-eciANan0VPk/TiE_KvJjPeI/AAAAAAAAAO0/4BJIrrKj4p8/s1600/1224gasteropode.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; FLOAT: left; HEIGHT: 219px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5629850462877597154" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-eciANan0VPk/TiE_KvJjPeI/AAAAAAAAAO0/4BJIrrKj4p8/s320/1224gasteropode.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’utopie nous a quittés. Depuis peu, on assiste au grandiose spectacle du non-renouvellement des pensées. Nous avons exploré beaucoup de pistes et celles que vous avez évoquées sur ces réseaux qui comptent montrent une fois de plus la situation d’étouffement sociologique à laquelle nous ne pouvons échapper. &lt;strong&gt;Une génération acide est en train de pousser tel un champignon du Diable, lui-même aidé par les pluies toxiques du déni de raisonnement&lt;/strong&gt;. Qu’est-ce que j’entends par cette expression ? Sigmund F. a défini le déni comme la non-considération partielle ou totale du sens de la réalité. Pour ma part, c’est un phénomène différent qui régit à l’heure actuelle la jeune génération. La seule expression présente dans la bouche de nos ados est « &lt;em&gt;sans prise de tête&lt;/em&gt; ». On milite donc pour un anéantissement du cerveau. On souhaite hardiment devenir des cyborgs de l’intelligence. Il s’agit d’un gimmick intéressant qui se retrouve chez &lt;strong&gt;une partie des trentenaires désabusés qui refusent de se confronter à des problèmes d’ordre sociétal en revendiquant un bonheur idéal et préfabriqué que les industries pharmaceutiques d’antidépresseurs dépeignent sans scrupules&lt;/strong&gt;. Il est bien là, le refus de conscience, l’absence de prendre des décisions, l’abnégation d’être responsable dans une société qu’on conteste mais à laquelle on ne veut surtout pas reconnaître une part d’engagement. Ainsi, on vit dans un environnement aseptisé de tout sentiment humain et réel. On se plonge dans une maison percluse de 72 caméras, et à l’image de ce landau ou Nautile que cet artiste belge a promené dans son village natal, on &lt;strong&gt;cherche à garder près de soi toute la collection de ses valeurs&lt;/strong&gt;. Ce ramassis de vieilles attitudes pourraves forme ainsi une coquille, se révélant être un formidable rempart à toutes les vicissitudes du monde. Patrick Van Caeckenberg exprime donc de façon véritable l’hégémonie de la vie gastéropodique. Ainsi, &lt;strong&gt;la solitude des valeurs devient mobile ou mouvante, et on se retrouve avec des milliards d’atomes humains qui, s’asphyxiant dans le paradoxe protectionniste de leurs coquilles, cherchent en vain à établir du lien&lt;/strong&gt;. Néanmoins, la fabrication calcaire de ces coquilles n’est que le début d’un long processus d’isolation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois notre collection privée de valeurs établies, on effectue aussi souvent que possible des simulacres de retraite spirituelle au sein de notre cuirassé calcaire, nous permettant de fuir une quelconque responsabilité démocratique ou citoyenne au moment venu et nous targuant d’une incompatibilité de valeurs.&lt;br /&gt;On se cache derrière un semblant de lieux communs qui nous permettent de noyer le cœur du problème. Ainsi le gimmick revient et on entend un cinglant « moi, je ne veux pas me prendre la tête ». On peut interpréter ce slogan publicitaire comme une &lt;em&gt;volonté de déraisonner&lt;/em&gt;, de régresser à une responsabilité enfantine, de se rendre aveugle de la réflexion. Je ne parle pas d’une certaine superficialité de l’humanité, non point du tout, car pour moi chaque être possède une véritable complexité qu’il est difficile de mettre en exergue. Je parle ici d’un véritable soubassement de la pensée. &lt;strong&gt;On enfouit ses ressentis pour les métamorphoser en structure calcaire&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;Je ne parle pas non plus des théories de notre ami Freud puisque tout cela reste conscient. Ceci explique pourquoi tant de jeunes décident de suivre la voie que leur imposent parents et milieu social, générant ainsi une parfaite absence inconsidérée du facteur risque. Ce qui justifie également que &lt;strong&gt;de nombreuses personnes souhaitent en secret se révéler autrement dans une image numérique&lt;/strong&gt;. L’image numérique est une coquille facile à créer et à gérer. Elle est plus dure également dans son enveloppe. Sur le numérique, on peut mentir sur soi tout en gardant une certaine forme de vérité. Et il n’est pas étonnant d’entendre ces starlettes de téléréalité vouloir faire du cinéma plutôt que du théâtre au sortir de leur néant médiatique. &lt;strong&gt;Le théâtre est synonyme de lâcher prise tandis que sur un plateau de tournage, l’investissement dans le rôle s’effectue par moments intermédiaires&lt;/strong&gt;. La prise de risque est donc mesurée et contrôlée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un deuxième temps, je définirais la coquille protectrice comme un apanage calcaire. Vous parliez de libertinage intellectuel, je parlerai de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;tolérance héréditaire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. En effet, on croit choisir son mode de pensée, mais en réalité nous n’héritons que d’un fief de valeurs transmises par nos parents tel que je l’ai déjà évoqué en parlant de « pédophilie mentale ». Nous sommes donc en présence d’une génération qui refuse de s’immerger dans un travail d’engagement de la pensée. Cette génération est également porteuse d’un système d’héritage rondement mené qui facilite davantage le gimmick de nos jeunes adolescents. &lt;strong&gt;Mais cela devient dangereux dès lors que ce substrat de génétique calcifié se revendique comme personnalité ou identité sociale. C’est d’autant plus nocif dans la mesure où elles (personnalité et identité sociales virtualisées) deviennent des revendications militantes, lesquelles ne peuvent entrer dans un mode de reproduction où les pensées se renforcent par l’entremise des expériences&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;L’expérience et/ou l’accident de vie sont bel et bien les seuls moyens de mettre à mal ces bulles calcaires de préjugés. Néanmoins, au lieu de provoquer de petites fissures d’ouverture, l’accident de vie ne fera que générer de nouvelles calcifications, celles-ci différentes des précédentes, certes, mais en totale solitude et hors de toute solidarité. On nous fait accroire au concept fabuleux du métissage mais celui-ci n’existe pas dans sa forme véritable. Le mélange des valeurs, aujourd’hui, ne se résume qu’à un catalogue où se côtoient uniquement des valeurs différenciées. Et bien souvent le facteur temps provoque une soumission d’une de ces cultures étant donné que nous vivons selon le principe des valeurs dominantes.&lt;br /&gt;Nous sommes donc dans une impasse. &lt;strong&gt;Un monde qui s’ouvre encore et encore, et paradoxalement une schizophrénie naissante à vouloir participer à cette ouverture tout en vivant caché derrière sa coquille héréditaire&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Métaldéhydement vôtre,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K.B &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4053981693967416077?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4053981693967416077/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4053981693967416077' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4053981693967416077'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4053981693967416077'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/07/metaldehyde-et-crustaces.html' title='Métaldéhyde et crustacés.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-eciANan0VPk/TiE_KvJjPeI/AAAAAAAAAO0/4BJIrrKj4p8/s72-c/1224gasteropode.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-8308692468492462593</id><published>2011-07-07T15:32:00.005+02:00</published><updated>2011-07-19T14:58:24.651+02:00</updated><title type='text'>Les réseaux qui comptent.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-CRjFVzbL_dU/ThW46nYrIrI/AAAAAAAAAOs/PINlhrEuwAY/s1600/00793184-photo-affiche-le-charme-discret-de-la-bourgeoisie.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 240px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5626606626613699250" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-CRjFVzbL_dU/ThW46nYrIrI/AAAAAAAAAOs/PINlhrEuwAY/s320/00793184-photo-affiche-le-charme-discret-de-la-bourgeoisie.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre contribution à l’élucidation de la société est si adroitement formulée qu’elle appelle de ma part la réponse aux vérités urgentes que vous questionnez. Ce qui m’a atteint dans votre argumentation, c’est la création d’une nouvelle agglomération de personnes : les « sans papiers » de la connaissance, que l’on pourrait également nommer les banlieusards du diplôme. On doit interpréter cette accréditation négative avec les données positives de l’expérience. Vous supposez donc quelque chose comme « &lt;em&gt;être dans les bons papiers&lt;/em&gt; » dès lors qu’il s’agit d’évoluer ou de s’extraire avec succès du monde de l’enseignement supérieur. C’est ce que je veux discuter en votre compagnie.&lt;br /&gt;Tout d’abord, il faut se demander ce que c’est qu’un sans-papiers dans une société moderne industrielle. Le grossissement exponentiel de nos services administratifs définit l’identité des personnes comme répondant à une série massive de critères abstraits – avoir un numéro de sécurité sociale, avoir un numéro étudiant, posséder un code bancaire etc. &lt;strong&gt;Le sans-papiers est celui qui n’est pas en mesure de satisfaire à l’identité surmultipliée de la présence administrative&lt;/strong&gt;. J’entends par là qu’un génie auquel on aurait fait des misères dans un pays, s’il venait à fuir ses origines pour rejoindre un endroit comme la France, eh bien ce génie ne serait pas grand-chose en comparaison des individus qui bénéficient de l’itinéraire-papier de l’identité personnelle. C’est en ce sens qu’on obtient un premier classement ainsi qu’une première porte ouverte à l’officialisation de la médiocrité : on vous pardonnera d’être un minable si vous avez des papiers (le sans emploi qui cumule ses mandats en vertu de son parcours administratif), mais on ne vous reconnaîtra pas le génie si vous êtes par exemple un griot d’Afrique, c'est-à-dire un sage qui transmet oralement ou musicalement l’histoire africaine. Il se passe en outre un phénomène discutable sur notre territoire : l’obtention d’une identité semble plus rapide si vous n’apportez au pays aucune compétence reconnue. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de « cerveaux » d’Afrique préfèrent rejoindre le monde périphérique de la francophonie plutôt que le berceau typiquement français de l’Hexagone. Il s’agit ici d’une volonté gouvernementale que j’ai déjà explicitée : &lt;strong&gt;plus on affaiblit la pensée d’un peuple, moins celui-ci a de chances de poser les questions pertinentes au pouvoir&lt;/strong&gt;. Par conséquent, l’extrémisme y voit l’opportunité d’intégrer un discours de dénonciation alors qu’il ne fait que jouer le jeu d’un pourrissement des esprits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut retenir ainsi que &lt;strong&gt;le sans-papiers est un être formellement dévalorisé&lt;/strong&gt;. Vous avez d’ailleurs brillamment rappelé que les valeurs sont l’aboutissement d’un glissement des morales. Or, en tant que la valeur personnelle est une régression de la morale universelle, on comprend parfaitement que l’identité administrative est un expédient utile pour définitivement clôturer le débat de l’identité personnelle. &lt;strong&gt;Avoir des papiers, c’est posséder une première membrane de valeurs – la philosophie parlerait ici d’une axiologie de premier ordre. N’avoir au contraire aucun soutien-papier, c’est appartenir au clan des marginalisés de l’administration, ceux dont on dit qu’ils ne sont solvables nulle part&lt;/strong&gt;. Les sophistes de l’Antiquité ainsi que les professeurs des Universités du Moyen Âge, connus pour leurs vertus itinérantes, auraient de nos jours été perçus comme des romanichels du savoir. D’une certaine manière, vous et moi, nous avons été ces « Gitans » de la science. Mais la société nous a arraisonnés avec moins de cynisme qu’elle ne cherche actuellement à niveler par le papier les qualités profondes de tout un chacun. &lt;strong&gt;Il devient donc très important de posséder sur ses papiers les inscriptions qui comptent&lt;/strong&gt;. Comme le papier administratif est devenu la clé d’une reconnaissance sociale, on veut en quelque sorte « &lt;em&gt;customiser&lt;/em&gt; » ses papiers en les dotant de ces atouts qui vont marquer la différence. &lt;strong&gt;Autrement dit, puisque ce ne sont plus les qualités d’esprit qui font les compétences, ce sont les papiers qui stipulent des savoirs&lt;/strong&gt;. On m’objectera que les qualités d’esprit nous aident à détenir les « bons papiers », cependant je vais démontrer que c’est une objection fallacieuse.&lt;br /&gt;La France est un pays singulier puisqu’elle exige très tôt de ses jeunes générations qu’elles soient convaincues de ce qu’elles vont faire. Un excédent d’évaluations scolaires assassine l’émancipation des esprits pour le compte d’une application de la méthodologie commune. Il faut « être du système » ou « ne pas en être », ce qui constitue la première détermination de ses papiers futurs. Les élèves pâtissent d’être constamment jugés, évalués, brimés dans l’expression de leurs libres facultés. Pour prouver ce que je dis, lorsque je corrige les copies des concours d’entrée aux Écoles Normales, on me dit que je peux (et même que je dois) disqualifier les candidats qui n’ont pas su rédiger une phrase d’accroche convaincante. C’est donc une analogie rapide mais efficace que je veux faire : si tout se joue dans une phrase d’accroche, c’est que d’une certaine façon tout se joue déjà aux premiers moments de la vie scolaire. &lt;strong&gt;Il y a ceux d’une part qui mènent la barque, qui rament pour le système dans l’inconscience de l’application des règles implicites qui définissent l’excellence uniquement d’un point de vue méthodologique, et ceux qui ne sont pas en équilibre sur la barque, ceux qui rament quand même mais qu’on accuse de ramer dans le sens inverse du courant fluvial&lt;/strong&gt;. Sauf que si l’enseignement et les facultés de l’esprit s’apparentaient au calme d’un fleuve qu’on nous demande de remonter étape par étape, cela se saurait. &lt;strong&gt;L’esprit est un bateau ivre tandis que l’école est une cure de désintoxication malsaine. J’entends par ce paradoxe que l’école française est toxique car elle ne cherche pas à soigner les plus ivres, elle cherche à les éliminer&lt;/strong&gt;. On pourra dire que la sécurité de la continuité est favorable à la mise en place de projets nouveaux, sauf qu’il faudra qu’on m’explique comment faire entrer une matière innovante dans une matière nécrosée jusque dans ses principes obsolètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par conséquent, &lt;strong&gt;à ne lire que les interprétations américaines sur notre système d’enseignement, on constate que notre dispositif des Grandes Écoles sert moins à qualifier des connaissances pour la communauté qu’il ne sert à produire et asseoir une aristocratie qui se renouvelle implicitement&lt;/strong&gt;. En revenant à notre problème des « sans papiers » de la connaissance, on déduit que ces laissés pour compte sont tous ceux qui composent la masse des étudiants qui ont été, sans le savoir, depuis très longtemps exclus de la possibilité d’obtenir les « bons papiers » de la connaissance. Je le répète : tout se joue aux premiers instants de la scolarité si vous êtes un élève de France. &lt;strong&gt;Les dossiers scolaires constituent l’identité-papier des jeunes élèves, et ces dossiers ne prennent pas en compte l’ivresse et les irrégularités de la vie&lt;/strong&gt;. De très mauvais sociologues me rétorqueront que l’ivresse, en effet, c’est la consommation excessive de l’alcool chez les jeunes. Eh bien ces sociologues se trompent ! &lt;strong&gt;L’ivresse et l’irrégularité, c’est la croissance des enfants, c’est la difficulté de devenir un corps adulte dans un univers où l’on voudrait que vous répondiez aux réquisits d’un cerveau adulte méthodologiquement abouti&lt;/strong&gt;. Aussi, &lt;strong&gt;ceux qui réussissent tout, qui ont des dossiers scolaires bétonnés par l’excellence méthodologique (je tiens beaucoup au fait que l’excellence soit définie dans ses rapports avec la méthode car les plus grands génies du monde n’ont eu que des rapports antagonistes avec les méthodes scolaires en vigueur), ce sont le plus souvent ceux qui ne sont ni dans l’ivresse, ni dans l’irrégularité, c'est-à-dire les enfants dont les familles sont tranquillement reposées dans l’assiette de la société&lt;/strong&gt;. La société « roule » pour eux, donc ne nous étonnons pas qu’une majorité d’enfants d’enseignants accède aux postes d’enseignants. La vie de l’enseignant est sans ivresse et sans irrégularité, pourtant la connaissance est ivre et imprévisible. On comprend que nos Universités ne trouvent rien (surtout en sciences humaines) car les bons lettrés de l’aristocratie ont passé les étapes non pour diffuser les savoirs, mais la plupart du temps pour avoir la tranquillité de continuer à lire de bons romans. Je ne m’étonne donc guère de voir fleurir depuis une dizaine d’années &lt;em&gt;&lt;strong&gt;l’embourgeoisement du concept&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, en l’occurrence la symbolisation ploutocratique toujours plus outrancière du professeur de philosophie, qui doit nécessairement être un dandy intemporel (Alain de Botton), un riche héritier qui parle en douceur et qui hésite entre l’écriture et les médias (Raphaël Enthoven), une fille connue qui n’a rien de philosophique (Mazarine Pingeot), voire un gros balourd richissime qui s’enivre de ses vérités aigries en tenant des discours boulimiques d’ego (Alain Finkielkraut). C’est donc cela, en définitive, l’image de la philosophie française. Il n’y a pas de quoi s’étonner d’une désaffection de la matière, en complète hypocrisie d’ailleurs puisque chaque année, à une époque de juin, on nous tiraille avec les fameux sujets de philosophie. Je préfèrerais qu’on étudie les réalités de cette discipline, à savoir les moyens aujourd’hui nécessaires pour l’enseigner.&lt;br /&gt;Il n’empêche, ce que je veux illustrer, c’est que tous ces personnages que je viens de citer ont tous en commun qu’ils jouissent d’un réseau, c’est-à-dire des « bons papiers » de la connaissance. Dans tous les mondes possibles, ces personnages auraient réussi à se placer car ils ont cette chance, dans nos sociétés laïques, qu’ils peuvent être suffisamment non-ivres et non-irréguliers pour se permettre de créer eux-mêmes la preuve de l’existence du Dieu qui leur convient. Ainsi, &lt;strong&gt;puisque tous les mondes possibles sont dans l’entendement de Dieu, il est préférable d’évoluer sous un Ciel laïque habité par un Dieu dont nous connaissons, en vertu de nos papiers, les causes finales&lt;/strong&gt;. Le privilège ultime de l’administré de la connaissance, c’est qu’il peut se livrer à un &lt;em&gt;&lt;strong&gt;libertinage intellectuel&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; en simulant le dialogue, alors même qu’à l’instar d’un Dom Juan de plus en plus redouté par Sganarelle, il peut y aller de sa profession de foi de l’hypocrite en ne craignant pas d'être démasqué, sinon par une autorité transcendante ou une Statue de Commandeur en mouvement. Que faut-il entendre par ce libertinage intellectualisé ? Simplement la faculté d’être un dandy qui présente ses connaissances sans valoriser l’effort que cela coûte en théorie (mais cela est impossible pour le libertin de la connaissance car, par définition, il ne s’est pas efforcé d’atteindre sa place, on la lui a donnée tacitement dès ses premiers pas dans l’institution – nous avions déjà calculé le cas d’Alexandra Besson, finalement vertueux du fait qu’elle ne s’inscrive pas encore dans la finalité du schéma que je décris), qui vante les mérites de la vie délicate (typique des bourgeois qui enseignent aux ouvriers le « comment vivre heureux »), et qui de surcroît se surexpose dans les médias afin de faire de son image l’icône incontournable d’une valeur universelle d'après sa stricte valeur personnelle.&lt;br /&gt;Un point de méfiance doit pourtant être soulevé par la philosophie morale classique, régulièrement usitée par ces grotesques libertins, parfois littéralement dom juanesques au sens le plus péjoratif où nous devons désormais l’entendre. Kant, avec l'impératif catégorique, nous apprend que la maxime de notre action doit s’implémenter comme si elle devait initier un processus salubrement universel. En d’autres termes, si je choisis de montrer l’exemple en établissant une théorie de la souffrance des animaux en la pourvoyant de solutions concrètes, je suis dans une forme d’application de la morale kantienne. Mais, à bien interpréter la chose, toute action ne devrait donc dépendre d’aucune inclination naturelle. &lt;strong&gt;Ce que l’on fait, on le doit faire pour la bienséance du &lt;em&gt;cosmos&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Partant de là, ce que l’on fait, on doit s’attendre à ce que d’autres le fassent car nous le faisons effectivement pour le maintien des valeurs universelles. Je demande donc ce que sont ces personnages que j’ai cités dans l’optique d’une morale kantienne ? Certes, ils ne sont pas responsables de certaines déterminations administratives. En revanche, c’est là ma question et celle, sans doute, de tous les « sans papiers » de la connaissance : comment se fait-il que la maxime de leurs actions, pourtant si vertueuses en apparence, ne trouve pas à s’universaliser ? Est-ce que c’est la cause d’un manque de places dans les grandes sphères administratives et que, du coup, les places électives doivent être absolument réservées à ceux qui ont les papiers ? Ou est-ce plutôt une raison de penser qu’il existe en effet des bons et des mauvais papiers, comme il existe une bonne et une mauvaise rhétorique, et que même le génie qui possède des papiers « moyens » échouera contre le laborieux bourgeois qui détient les papiers d’excellence ? Tout ceci, dans la confusion de son énonciation, met en évidence &lt;strong&gt;la nature des RÉSEAUX QUI COMPTENT&lt;/strong&gt;. La méritocratie est un concept vide car les bons papiers dépendent d’une combinaison de critères respectivement déterminés (la famille, la religion, la moraline) et plus ou moins libres d’accès (l’école mais la bonne école, l’intelligence mais celle de la méthode, le réseau social mais celui qui compte), ce qui, au final, procède d'une arithmétique où je ne distingue aucune intelligence. Et moi-même, je l’avoue contrairement à ces infatués, j’ai été aussi bien déterminé qu’inégalement chanceux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-8308692468492462593?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/8308692468492462593/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=8308692468492462593' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8308692468492462593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8308692468492462593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/07/les-reseaux-qui-comptent.html' title='Les réseaux qui comptent.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-CRjFVzbL_dU/ThW46nYrIrI/AAAAAAAAAOs/PINlhrEuwAY/s72-c/00793184-photo-affiche-le-charme-discret-de-la-bourgeoisie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4810342924145734776</id><published>2011-07-06T09:24:00.003+02:00</published><updated>2011-07-06T09:32:41.044+02:00</updated><title type='text'>Malaise tribal.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-OjcRcvj7d_M/ThQPIU7yHUI/AAAAAAAAAOk/Layd_j1XVt0/s1600/rouault_miserere6.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 242px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5626138470225419586" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-OjcRcvj7d_M/ThQPIU7yHUI/AAAAAAAAAOk/Layd_j1XVt0/s320/rouault_miserere6.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon ami, &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’été m'a toujours rendu maussade. Les chenilles deviennent des papillons et la laideur laisse place à la beauté de la nature. Les hormones fusent de toutes parts et notre vision du monde se transforme en un rose chamallow plein d'édulcorant qui nous écœure à jamais. Ces temps-ci, je fais moi aussi le bilan. Ma calvitie reste bien implantée sur mon crâne, et ce mauvais jeu de mots illustre à merveille ma condition d'homme qui se décompose. Mon regard est appesanti par une sensation alcoolisée due à l'enivrante odeur de l'humanité en fleur. Ma vie est bien peu de chose à ce jour. Tel Desmond Morris et son zoo humain, je n'ai pu m'extraire de ma condition de sociologue rongé par la rancœur et le cynisme. Je cherche toujours à espérer qu'un jour moins triste supplantera les longs mois de solitude du savoir que je ressens. Mais rien ne vient. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J'erre dans les couloirs de l'Université tel un corps sans âme qui cherche refuge dans le ventre de sa mère. J'entends même les quolibets de certains de mes étudiants qui surviennent au moment même où je déambule devant ces silhouettes si pleines de vie. Alors, dans ma tête, surgit la tirade de Cyrano, et je m'imagine tenir ces mêmes propos face à ces « sans papiers » de la connaissance. Mais le fait simple de considérer l'énergie nécessaire à l'action d'une telle requête me contraint à passer mon chemin. Je me ballade donc. Tout comme je l'ai toujours fait. Et je me plais à repasser dans ma mémoire sénile les passages de ce zoo humain qui me fit tant sourire lors de mes premières années de fac. Cette thèse de surpopulation planétaire qui nous contraint à revoir des moyens d'extermination en masse pour notre salubrité mentale me fait rougir d'émotion. Tout comme la « &lt;em&gt;Gloïre&lt;/em&gt; » de notre bon ami Boris, celui qu'on paye avec de l'or pour aller chercher au fond du lac, avec ses dents, toutes ces choses qui pourrissent par nos regrets et nos hontes, et qu'on paye en or massif pour endosser toute culpabilité. Ainsi, en ces temps si pressants, on s'accommode de la violence. Un drame survient et on exprime lamentablement sa compassion envers la famille de la victime sans même prendre conscience de notre responsabilité dans ses conséquences sociologiques. On relate un fait divers, on s'émeut, puis je vomis dans mon coin le désespoir sociologique qui m'étreint. Est-ce la fin de ma vie spirituelle ? Suis-je atteint d'un glaucome de la pensée ? La ménopause de la réflexion est-elle arrivée ?&lt;br /&gt;Bien sûr, j'évoque ici un éventuel vague à l'âme qui me ronge tel un cancer des os mais les symptômes que je diagnostique sont réels. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Notre combat face à la morale a été rude. Cette créature vivace qui s'étend insidieusement, telle une plante carnivore sitôt qu'un domaine de pensée est en friche, elle fut difficile à exterminer. Aujourd'hui, nous y sommes parvenus. Vous me direz qu'il existe encore de la moraline dans chaque atome que compose notre société et je vous répondrai que vous avez tort. &lt;strong&gt;Outre la thèse de Desmond Morris que je défends ardemment, suivant laquelle la violence naît de la frustration d'un désir refoulé par notre incapacité à nous extirper de la condition sociale à laquelle nous appartenons, nous possédons une compétence toute particulière qui nous aide à nous détacher de toute analyse sociologique d'un événement effroyable, et ceci se fait par l’intermédiaire de la « Gloïre » que représentent certains médias&lt;/strong&gt;. Nous avons vaincu aujourd’hui les trois symboles de morale présents dans nos sociétés, à savoir celui de la Religion, celui de la Politique, et celui de la Famille. N’ayant plus de stimuli moraux qui favorisent la soudure du lien social, nous avons développé ce qu’on appelle aujourd’hui un panel de « valeurs ». Ces valeurs ont pour objectifs de remplacer les morales globales d’une « &lt;em&gt;super-tribu&lt;/em&gt; » (ainsi s’exprime la définition de Desmond). &lt;strong&gt;On assiste donc à une délocalisation de la morale : elle passe d’un rang national à un rang individuel mais elle ne se déplace pas seulement, elle régresse également&lt;/strong&gt;. En effet, une valeur est une habitude de caractère qui, avec l’évolution de notre personnalité, s’impose comme une conduite morale. L’inconvénient avec ces sous-morales, c’est leur singularité. Il existe des milliards de valeurs propres aux milliards d’individus. Difficile donc de remettre en question cette moraline locale qui régit le comportement d’un individu par la bêtise et la stupidité. Les choses se compliquent lorsque ces moralines se rencontrent et tentent de se soumettre l’une l’autre. On assiste à ce moment précis à un déferlement de violence et à une rupture de la raison pour retrouver un instinct animal dans cet immense zoo humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fantômatiquement vôtre,&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;KB &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4810342924145734776?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4810342924145734776/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4810342924145734776' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4810342924145734776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4810342924145734776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/07/mon-ami-lete-ma-toujours-rendu-maussade.html' title='Malaise tribal.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-OjcRcvj7d_M/ThQPIU7yHUI/AAAAAAAAAOk/Layd_j1XVt0/s72-c/rouault_miserere6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-5176916222630100803</id><published>2011-06-10T11:08:00.007+02:00</published><updated>2011-06-10T11:47:45.699+02:00</updated><title type='text'>Crise de l'enthousiasme (laideur ontologique).</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-AZJQrwGzfEw/TfHiNugtUzI/AAAAAAAAAOc/1Li_Xc1owTM/s1600/crise%2Bde%2Bl%2527enthousiasme.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; FLOAT: left; HEIGHT: 214px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5616518935759115058" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-AZJQrwGzfEw/TfHiNugtUzI/AAAAAAAAAOc/1Li_Xc1owTM/s320/crise%2Bde%2Bl%2527enthousiasme.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher Bouachiche,&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Récemment je me faisais des réflexions d’ordre esthétique. Maintenant que j’ai atteint la sévérité d’un visage sexagénaire, je me vois avec la face que je mérite. Mon cou est l’œuvre d’un dessèchement typique, patient de ces aridités naturelles qui ne touchent pas que les fumeurs mais aussi ceux qui se préparent à devenir de grands vieillards. Aussi, quand j’observe le reflet de moi-même sur la surface d’un miroir, je distingue les symptômes du grand âge et peut-être les signes avant-coureurs de la sénilité. Mes joues sont creusées de maigreur scientifique, c'est-à-dire que la force des idées l’a emporté sur l’élan vital de ceux qui sont nantis de grosses joues. Les réserves de vitamines, c’est moins dans le corps que dans la tête que je les ai faites. Ma bouche, elle, résulte d’une progressive annihilation du sourire. Quand je ris, on croit voir se distordre un mécanisme de mauvaise bile noire ; si bien que toute manifestation de joie est encore la victoire d’une substance résiduelle de grave dépression nerveuse. Mon front, naturellement dégarni, surmontant cette organisation expressive qu’on appelle donc le visage, n’est pas non plus épargné par les constituants d’une existence qui s’est amenuisée sous le Blitzkrieg du monde universitaire. Je crois par conséquent que je suis devenu l’archétype du professeur bientôt émérite : je me suis enfermé dans la prison d’un physique circonstancié. Peut-être que si j’avais été un bel homme, j’aurais été mal considéré par mes collègues. Mais il y a pire : je crois que j’ai naguère été bel homme et que je me suis transformé en un personnage au physique indifférencié de sa fonction. Je me suis enlaidi presque par volonté alors même que, ironie du sort, j’ai souvent enseigné l’Analytique du Beau de Kant. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ces réflexions, je me les suis faites en lisant un roman de Don Delillo, intitulé &lt;em&gt;Bruit de Fond&lt;/em&gt;. Dans ce livre, il est question de gens qui vivent dans un monde qui semble dépourvu de hasard. Pour eux, tout est le fruit d’une nécessité et d’une parfaite organisation cosmologique. Rien ne doit sortir de ses gonds sémantiques et toute syntaxe sera la preuve formelle d’une vérité éternelle transférée dans la verbalisation. Mais ces gens subissent à un moment inattendu (forcément) une perturbation. Le chemin établi de leurs vies se retrouve soudainement secoué par l’intervention de la contingence. Ils ressemblent en ce sens à ces poissons tranquilles que l’on pêche un dimanche matin, dans un lac du Montana, et qui se dandinent sur le bois humide de la barque qu’on a louée pour aller faire cette partie de pêche – j’ai toujours apprécié l’observation d’un poisson en train d’agoniser ; on y repère le souffle vital en voie de disparition et plus la bête se meut, mieux elle se meurt. Ce sont donc des personnages qui remontent à la surface de la vie et qui en subissent la nécessaire asphyxie. Enterrés dans leurs certitudes, ils sont jetés hors d’eux-mêmes par un wagon de produits toxiques qui vient de dérailler. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Parmi ces groupes de gens vaccinés contre toute intranquillité, il y a un binôme de professeurs qui pourrait s’apparenter au couple intellectuel que nous formons. Sauf qu’ils n’ont vraiment aucun recul sur la vie, excepté, bien sûr, dans les situations critiques où des produits toxiques sont en jeu. Alors que nous ne cessons de remettre les choses en question (ce sont les devoirs de la sociologie et de la philosophie), eux gravitent autour de leur Moi, s’interrogeant sur la mort, et plus spécifiquement encore sur les conditions de possibilité de leur propre disparition. Rien d’autre que des égoïstes dérangés sur la ligne droite de leur pathétique parcours vital ! Dans cette perspective précise, ils sont bien l’illustration du professeur contemporain : un homme souvent frustré de n’avoir pu accéder à des positions plus visibles et influentes, qui se réfugie dans un vague encyclopédisme pour finalement ne faire que donner des cours à un auditoire désintéressé. Plus le professeur enseigne dans les petites classes, plus sa frustration est immense. Le paradoxe est d’ailleurs exquis : plus le professeur gravit d’échelons, plus son enseignement se spécialise. Or ce sont les plus médiocres, du coup, qui sont chargés de faire l’éducation des enfants en dispensant un savoir généraliste, lors même que ce devrait être les meilleurs qui se chargent de la formation intellectuelle des plus jeunes. Je note d’autre part, en France, la présomption intellectuelle des professeurs des Ecoles, en l’occurrence les anciens instituteurs, qui ne tarissent pas de compliments sur leurs activités. Mais je prétends que la grosse majorité de ces gens-là a depuis longtemps compris les bénéfices de la bouche qui dit tout le contraire de la pensée : sur la voie publique ils récitent les principes de la responsabilité enseignante, mais sur le circuit du privé ils se prélassent dans une épouvantable paresse en se disant que, de toute façon, ils seront toujours soutenus par un syndicalisme galopant ainsi que par un mythe français qui veut que, quelque part, on continue de faire confiance à ceux qui offrent à nos enfants leurs premiers repères d’intelligence. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La conclusion de ce premier point, c’est que quelque chose doit définitivement se réarranger dans nos établissements d’enseignement parce qu’ils engendrent une fomentation de tous les égoïsmes professionnels. Don Delillo le démontre bien à sa manière : les professeurs touchés par la catastrophe écologique ne cherchent pas à aider de leur savoir potentiel, ils cherchent plutôt à sauver leur peau en regardant les autres tomber comme des mouches. Pire encore, ils sont eux-mêmes alimentés des rumeurs transmises par les médias, ce qui prouve bien, en dernière instance, l’extinction de leur instinct de savoir en même temps que l’affirmation de leur instinct grégaire. Le professeur n’en sait pas plus que ses élèves ; dans les situations où la vie compte davantage que la bonne réponse sur une copie, tout le monde revient à égalité d’ontologie. On s’aperçoit ainsi des grotesqueries relatives aux milieux intellectuels, si bien décrits par Marcel Proust. &lt;strong&gt;L’intelligence et le génie, sans aucun doute, c’est la force d’intégrer à soi-même des idées qui nous contredisent plutôt que de se pavaner dans un segment du monde où tout le monde partage des connaissances identiques et sans portée véritable sur les problèmes urgents&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le premier tiers du roman, pourtant, il se met en évidence une réflexion qui fait toute la différence et, de ce fait, toute la prestance d’un livre inoubliable. Le narrateur (l’un des professeurs dont je parlais, titulaire d’une chaire sur la vie et les annexes d’Hitler, ne sachant pas parler allemand et se sentant péteux en vue d’un colloque international imminent) se dit que sa place d’enseignant dans le supérieur est certainement due à une série d’accidents plus ou moins provoqués. J’appellerais cela &lt;em&gt;les effets de la volonté douce&lt;/em&gt;. C’est exactement à cet endroit du livre qu’il se dit à peu près la chose suivante : plus je devenais laid, plus on semblait me reconnaître parmi le corps enseignant.&lt;br /&gt;Cette assimilation de la réalité enseignante à la nature singulière de la laideur m’a énormément fait réfléchir. Je me suis dit que des principes accidentels (corporatisme sous-jacent, manque de franchise, incompétence qui ne se confesse pas etc.) pouvaient en effet conduire à des effets psychosomatiques et, donc, à des effets immédiatement transmis dans l’organisme humain. &lt;strong&gt;Trop d’activité enseignante finit par nous inculquer non pas un surplus de savoir mais un excédent de gâtisme physique&lt;/strong&gt;. Malgré moi, et c’est ainsi malheureusement, je me suis infligé la laideur. Certes je dois reconnaître qu’il existe une laideur qui préexiste à toute activité professionnelle, cependant je dois aussi reconnaître qu’il est sage d’affirmer une laideur acquise. Les pires situations professionnelles d’un point de vue social ne sont pas les plus néfastes pour l’image et la santé globale de soi. Si je reformule ma pensée, j’obtiens ce cynisme : &lt;strong&gt;alors même que des professions passent pour déshonorantes auprès des femmes en dépit de la beauté de certains hommes qui s’y sont engagés, d’autres paraissent beaucoup plus éminentes en dépit du cortège de monstres physiques qui y sont associés&lt;/strong&gt;. C’est en fonction de ce décalage entre les reflets du corps et les vérités de la santé spirituelle qu’on obtient de très mauvais assemblages : les belles femmes préfèrent les hommes qui jouissent d’un certain pouvoir alors que les plus laides s’entichent des hommes qui restent disponibles. Je ne dis pas que les beaux corps doivent s’accoupler avec d’autres beaux corps (c’est déjà le cas dans nos sociétés occidentales saturées par la tyrannie de l’image, mais il s’agit là d’un problème que nous ne pouvons pas discuter pour le moment bien qu’il représente la périphérie malade du problème central que je suis en train d’argumenter), je dis simplement que les hasards de l’amour sont viciés à la base par un effet collatéral d’inattention à « l’esthétique de l’existence » telle que la défendait Foucault. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il me semble que, dans ces circonstances, la relation amoureuse devient une sorte de formule mathématique tout à fait démontrable. Le laid qui a du pouvoir fera toujours l’affaire de la belle ignorante qui cherche à se faire remarquer. Quant au bellâtre qui a du pouvoir, il se comporte régulièrement comme le parfait salaud. Et si vous êtes non seulement laid et sans sphère d’influence pour vous protéger, alors il ne vous reste plus qu’à faire un pari pascalien en choisissant le suicide – mais, de grâce, faites l’usage d’un suicide tapageur à dessein d’au moins faire en sorte que votre mort fasse parler d’elle ; devenez en somme un terroriste de vous-même qui n’entraîne pas les autres dans son décès mais qui réussit à leur faire peur au plus haut point. Moi, je me suis enlaidi en simulant l’ignorance de mon enlaidissement simplement parce que l’acquisition de la laideur m’a permis de monter à l’échelle du pouvoir universitaire. Mais j’en reviens afin de porter mon témoignage au monde. Ma plus grande victoire d’ancien beau devenu repoussant, ce serait d’instaurer un principe de vigilance pour tout ce qui concerne l’alliage néfaste des sciences sociales et du manque de considération d’une esthétique morale. Pourtant il existe dans l’histoire des idées une morale fondée sur les repères de l’esthétique disciplinaire ; nous devons ce chef-d’œuvre intellectuel à Etienne Souriau et son livre &lt;em&gt;La couronne d’herbes&lt;/em&gt;. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mon intuition ultime, c’est que nos sociétés industrielles à forte valeur ajoutée ne savent plus comment gérer la dilapidation des informations et des productions culturelles – en quoi je fais adhérence à une thèse déjà soulevée par le professeur Bouachiche à propos des mondes virtuels nés sous l’égide d’internet. Cependant je traduirais cette intuition par la perte de l’enthousiasme, un phénomène qui touche particulièrement les jeunes qui se mettent actuellement sur le chemin de la vie. Ce ne sont pas tant les jeunes qui souffrent du manque d’enthousiasme que leurs employeurs potentiels. &lt;strong&gt;La matérialisation des esprits, redoublée par un certain triomphe de la cupidité, a vaincu le principe de laïcité en substituant aux religions d’autres religions encore plus dangereuses &lt;/strong&gt;(la pression sociale du milieu d’appartenance par exemple). Cette matérialisation des cerveaux encourage l’immobilité de l’élan vital. Il devient extrêmement difficile de procéder à un changement de classe sociale, c'est-à-dire à une mixité énergétique. La division des individus entre « bien nés » et « soumis », très française elle aussi, n’est que la reprise tacite des vieux réflexes de la féodalité médiévale. Aussi, la fluidification des énergies sociales se doit d’être le programme politique de demain. Le Parti politique qui voudra positivement se démarquer devra impérativement faire campagne sur le thème de l’enthousiasme et, si possible, mettre tout en pratique pour redonner à la vie politique un devoir d’exemplarité qui s’est complètement égaré. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ma vie d’homme laid s’achèvera bientôt, d’homme volontairement laid devrais-je écrire, toutefois je me dis que cet acte de militantisme narratif aura une chance d’être lu et entendu par les esprits intelligents. Et ces esprits intelligents, suivant la définition que j’ai donnée, sont forcément des gens qui me sont actuellement opposés dans leur idéologie. Tout est désormais question de se déraciner de son ontologie professionnelle pour faire acte de réintégration globale du monde entier – n’agissez donc pas par pitié intéressée mais par compassion aperceptive. La notion d’enthousiasme, outre son premier sens grec ancien, fut reprise par Karl Jaspers. Ce dernier en fit le sentiment de la totalité du monde dans sa &lt;em&gt;Psychologie des sentiments du monde&lt;/em&gt;, un livre qui n’est pas paru par hasard en 1919. Si bien que se poser des questions sur l’enthousiasme, c’est quelque part décréter une situation de vie au moins aussi grave que celle qui succéda à la Grande Guerre. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-5176916222630100803?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/5176916222630100803/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=5176916222630100803' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5176916222630100803'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5176916222630100803'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/06/crise-de-lenthousiasme-laideur.html' title='Crise de l&apos;enthousiasme (laideur ontologique).'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-AZJQrwGzfEw/TfHiNugtUzI/AAAAAAAAAOc/1Li_Xc1owTM/s72-c/crise%2Bde%2Bl%2527enthousiasme.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4587782122035384637</id><published>2011-04-18T16:25:00.005+02:00</published><updated>2011-04-24T10:28:22.949+02:00</updated><title type='text'>Nous irons pisser sur Jésus-Christ.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-3DsT8U3GPp4/TaxNAYk-oBI/AAAAAAAAAOQ/sMWwzEqd7ro/s1600/brebis%2Breligieuse.bmp"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5596933105907572754" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 191px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-3DsT8U3GPp4/TaxNAYk-oBI/AAAAAAAAAOQ/sMWwzEqd7ro/s320/brebis%2Breligieuse.bmp" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les nombreuses controverses qui entourent le &lt;em&gt;Piss Christ&lt;/em&gt; d’Andres Serrano nous tracassent. Nos lecteurs les plus assidus connaissent notre théorie sur l’archivage de la religiosité – la religion doit être empaquetée dans les cartons de l’Histoire. Il devient urgent d’abandonner les édifices du monde religieux en les soumettant aux lois naturelles. Si une politique de l’humanité veut se donner une chance d’être efficace, alors elle se doit de procéder à un glissement sémantique de ses promesses ; en d’autres termes, les attributs d’un monde meilleur n’ont aucune prise sur l’existence si on les rend efficaces uniquement sur la base d’un extra-territoire. Par conséquent, la territorialisation du politique procède nécessairement d’une éviction du religieux hors de la sphère publique, et même hors de toute sphère pour peu qu’elle soit humainement praticable. Le pape a donc le devoir de démissionner et d’emporter avec lui son administration fanatique. Les mésusages de la crédulité ont paradoxalement produit plus de mal qu’ils n’ont assouvi de bonté ; ce ne sont pas les attroupements des « Journées Mondiales de la Jeunesse » qui démentent notre propos. Il nous fait grand-peine, périodiquement, d’observer l’extension du territoire des brebis au détriment d’un espace pratique où les intelligences sont à l’aise. Autrement dit l’agrandissement de la crédulité religieuse implique un rétrécissement inquiétant de la raison sceptique. Comprenez qu’il est bon de douter provisoirement de tout avant d’adopter tel ou tel savoir. Or la religion a ceci de pernicieux qu’elle exige la consubstantialité des facultés de l’esprit avec le produit hasardeux de l’existence divine. Aussi, en fin de compte, la première preuve de l’existence de Dieu n’est ni un argument ontologique, ni une caution épistémologique, ce n’est que de l’incitation organisée à la crédulité, un commerce du savoir évanescent. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Par le passé, nous avons encouragé nos lecteurs à des actions fortes – tel que jeter les télévisions par les fenêtres, incinérer les œuvres de Walt Disney selon un principe de précaution mettant en jeu la stérilité sexuelle, etc., etc. Le temps est désormais venu de se rendre à l’Église pour jaunir l’eau des bénitiers. Personne ne peut plus nous parler de « maison de Dieu » à l’heure où les pouvoirs publics décident d’ériger un bâtiment religieux. En fait, un bâtiment religieux appartient à l’État, c’est donc qu’il s’agit moins d’une maison divine que d’une propriété privée qui s’octroie des tranches d’espace public. Les églises, les mosquées et les synagogues doivent impérativement être modifiées en fonction d’une rénovation du plan d’occupation des sols. Plutôt que d’accueillir diverses brebis malades de la tête, les édifices de la religion doivent être réhabilités en logements sociaux. La ville de Paris, par exemple, qui instancie de plus en plus les écarts outranciers entre riches bourgeois et pauvres hères, peut éventuellement commencer à montrer le chemin. Ce serait par ailleurs une manière sagace de combattre le terrorisme : si les monuments religieux deviennent des logements sociaux, alors les terroristes devront se trouver d’autres symboles, ce qui ne peut, à terme, qu’affaiblir leur crédibilité. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous irons prochainement pisser sur Jésus-Christ parce que nous jugeons cette action primordiale. Jésus en personne n’aurait pas condamné la « &lt;em&gt;golden shower&lt;/em&gt; » à l’égard de son corps. Les trisomiques de la religion, comme les a déjà définis le professeur Bouachiche, sont des êtres très dangereux qui sont prêts à devenir violents pour une cause extraterritoriale. Ils sont si dangereux qu’ils ont recruté, nous l’avons vu, des trisomiques pathologiques, en leur vendant du bonheur et des exemples de vertu. Ces multiples dérives ralentissent le processus du progrès défendu par le vieil esprit des Lumières que nous essayons modestement de ressusciter. Pour autant, il n’est pas question de défendre unilatéralement le progrès, mais plutôt une instance du progrès fondée sur la formation de l’esprit scientifique telle qu’elle est thématisée par Gaston Bachelard. La religion est un obstacle épistémologique dont le dépassement, s’il se fait dans les règles, aboutira à d’excellents résultats. Transformer le Christ en pissotière altruiste concourt à la résolution de l’énigme religieuse, et par extension à l’archivage de la religiosité. Si l’homme s’est libéré de ses fers en contractant socialement, il lui serait quand même bienvenu de se libérer fermement des fers métaphysiques du religieux. L’éducation et l’avenir de nos enfants en dépendent. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Par métaphore, l’urine est la lymphe du Christ. Cette affirmation associative reste moins fantaisiste que le corps du Christ que les bigotes vont dévorer chaque fin de semaine. Rendons au Christ ce qui lui appartient en allant pisser sur ses tombes. Ce personnage de pacifisme a tant donné de sa personne qu’il est temps de lui renvoyer l’ascenseur de ses efforts inconsidérés. L’affranchissement des biens qui ne sont pas les nôtres (à savoir nos croyances les plus métaphysiquement ancrées) passe indubitablement par un retour de politesse envers ceux qui nous ont inculqué ces croyances. Chassez le prêtre qui loge en vous ! Allez à la selle en grimpant sur les bénitiers, ces vastes cuvettes de luxe. L’extrémité de ces comportements légèrement &lt;em&gt;scato-morphes&lt;/em&gt; fera comprendre à l’opinion publique la nécessité de réaménager les lieux de la religion en commodités publiques. Pourquoi payer un euro pour se soulager alors que les églises abritent tant de petits coins inexploités ? Le paradoxe de cet aveuglement est si puissant que nous nous demandons comment les gens n’ont pas encore pu l’identifier. Il n’est que de se rendre autour du parvis de Notre Dame, dans ces restaurants médiocres aux prix pourtant élevés, pour questionner l’accès aux toilettes de ces établissements nourriciers. Les touristes, après de longues marches, ont souvent ingéré des quantités de liquides déshydratants. Le soir venant (ou le midi), ils aiment à se réunir autour d’une table pseudo-gastronomique pour dire, le plus candidement du monde : « J’ai mangé à Paris près de Notre Dame », et ce droit de manger leur donne le droit de se rendre aux toilettes pour expulser l’accumulation des liquides précédemment consommés. C’est d’ailleurs souvent l’envie pressante d’uriner qui détermine le choix d’un restaurant. Les professionnels du marketing connaissent l'occassion financière (que nous appelons avec force pédantisme la &lt;em&gt;plouto-kairologie&lt;/em&gt;) des vessies fatiguées. Il suit de là trois conclusions frappantes bien que simplement raisonnées : &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;1/ Les monuments religieux payants ont parfois des toilettes mais, comme ils ont rarement de coin repas, il ne va pas de soi que l’on pénètre en ces lieux simplement par envie de faire pipi. Disons que le paiement du patrimoine équilibre le paiement des toilettes publiques afin d’éviter les agglutinations exagérées dans les WC des églises. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;2/ Les restaurateurs ont tout intérêt, en conséquence, à ce que les édifices religieux demeurent payants ! En revanche, si les églises se transformaient en logements sociaux, le « prestige » des restaurants attenants faiblirait, et les chiffres d’affaire en souffriraient, ne serait-ce que parce qu’une institution métaphysique comme une église recouvre de son « aura » factice les pourtours du quartier où elle s’érige. On ne le voit que trop bien au Sacré-Cœur, proche de logements délabrés, mais dont les locations sont hors de prix parce que les propriétaires vendent de la métaphysiques aux locataires. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;3/ Tout semble alors être question de spéculations immobilières, d’échanges de bons procédés. La religiosité est difficile à archiver parce qu’elle n’a pas encore réfléchi au « droit gratuit de faire pipi » ici ou là – disons plutôt là-bas qu’ici-bas, sous le regard de Dieu. La spéculation immobilière est une autre façon de créer de la métaphysique et de la crédulité. Les gens désirent, comme ils disent, « investir dans de la pierre », non pour que cela fluidifie les relations humaines, mais pour que cela fasse du profit quitte à saccager lesdites relations humaines. &lt;strong&gt;La gestion des patrimoines religieux fonctionne exactement sur le modèle de la spéculation immobilière, et ceci profite aux rayons d’influence de tous les cercles concentriques qui vont de l’épicentre d’un édifice religieux jusqu’aux extrémités de sa sphère potentielle de reconnaissance&lt;/strong&gt;. Moralité : si vous allez pisser sur un Christ dans un quartier chic, votre peine devrait en principe être plus lourde que si vous le faites au pied d’un calvaire auvergnat. Dans un monde où même la croyance semble monnayer des formes d’alibi, le rééquilibrage ultime s’impose, donc il faut commencer au plus difficile, c'est-à-dire les repères des grands bigots. Vous verrez comme ils deviendront violents quand vous aurez rendu au Christ sa lymphe. Non parce que vous aurez en effet pissé sur un Christ, mais parce que vous aurez un moment ralenti le circuit financier que tout cela représente à leurs yeux. Dans cette perspective, il serait bon de monter une expédition urinaire à Lourdes afin de définitivement vérifier ce que nous disons. Nous y verrions, à notre avis, de belles confusions entre le droit public et le droit divin. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Professeurs Bouachiche, Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4587782122035384637?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4587782122035384637/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4587782122035384637' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4587782122035384637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4587782122035384637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/04/nous-irons-pisser-sur-jesus-christ.html' title='Nous irons pisser sur Jésus-Christ.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-3DsT8U3GPp4/TaxNAYk-oBI/AAAAAAAAAOQ/sMWwzEqd7ro/s72-c/brebis%2Breligieuse.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-8289620312310934061</id><published>2011-04-03T18:10:00.004+02:00</published><updated>2011-04-03T18:34:52.035+02:00</updated><title type='text'>Politiques individuelle, siamoise, et capsulaire.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-0oQiCGW6-tg/TZie5HkaI2I/AAAAAAAAAOI/wCxUSLj1yJg/s1600/siamoiseries.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5591393641501959010" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 213px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-0oQiCGW6-tg/TZie5HkaI2I/AAAAAAAAAOI/wCxUSLj1yJg/s320/siamoiseries.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher Khalid Bouachiche, &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Quand je contemple la végétation qui amorce son retour printanier, je me dis, comme vous, que peu d’hommes de notre époque sont encore capables de maintenir un projet de vie aussi ferme que l’intrépidité de la sève. On présente d’ordinaire la liberté humaine comme une distinction de &lt;em&gt;praxis&lt;/em&gt; par rapport aux mouvements naturels qui composent l’univers. Ce que je peux faire, je peux d’abord le méditer ; or la nature ne médite rien, elle accomplit le projet de son élan vital tant que nous ne l’entravons pas. La séquence causale de la nature, en ce sens, représente le principe d’un &lt;em&gt;continuum&lt;/em&gt; dont la persévérance s’établit selon le bien-être de l’environnement. En d’autres termes, la nature ne fait rien de trop. La forme que je distingue dans le nuage n’est que l’extrapolation de mon esprit ; il se pourrait donc que ce nuage, à l’instant où il se déploie en volutes géométriques variables, signifie quelque chose que mon intellect ne pourra jamais intégrer dans sa rationalité. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La liberté humaine se présente donc comme la possibilité de mettre un terme au mouvement naturel de notre « autre », bref de toute cette pulsion vitale qui ne fréquente pas notre front, notre poitrine et notre bas-ventre. Nous pouvons construire un moulin au bord d’une rivière ; mais nous pouvons aussi empoisonner les fleurs du voisin s’il prévoit de les offrir à la femme que nous convoitons et que de toute évidence il courtise de son propre chef. Cette sédimentation de la liberté en plusieurs cellules intentionnelles d'un même genre ne cesse de se perdre en chemin. Nous ne faisons plus rien pour notre bien parce que nous supposons que faire le mal nous apportera des biens véritables. En effet, il est logique de penser que la multiplication du mal ne pourra que nous aider à mieux identifier les restes de bien ou, si l’on préfère, les ultimes aspérités du bonheur. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La démocratie représentative que vous avez critiquée fonctionne exactement selon ce schéma : je dis d’abord tout le mal que je pense des gens qui sont mes concurrents avant de réfléchir mon propos réel, lequel se fondra dans la mascarade que vous avez si bien mise en scène (autrement dit : c’est l’idée même du bonheur qui est théâtralisée par l’homme politique qui s’imagine détenir la meilleure définition hédoniste du moment). Un candidat sera charismatique à condition d’avoir puissamment dénigré ses adversaires. L’objectif d’une campagne électorale, nous le savons, c’est d’aborder les grands problèmes en les épuisant de sorte à ce que l’herbe de la discussion ne puisse plus y repousser. Ces postures irrationnelles fonctionnent d’une part parce que le charisme est un argument évanescent qu’on ne peut pas mesurer, et d’autre part parce qu’il est malsain de vouloir maîtriser les thèmes d’un débat comme jadis on espérait devenir maîtres et possesseurs de la nature. Disons que la vieille figure de Descartes n’est jamais loin, sauf qu’on l’utilise assez faiblement. Reformuler sa rationalité pour mieux chercher la vérité dans les sciences, je suis d’accord, et je le suis d’autant plus si l’on se consacre ensuite à l’adoption d’une morale provisoire qui nous permettra, entre autres, de ne pas vouloir commencer par modifier l’état du monde sans que nous ne soyons certains de bénéficier d’une raison suffisamment armée et délicate pour y parvenir. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ramené au problème que vous mettiez en exergue, ceci nous apprend que les démocraties représentatives sont peuplées de candidats politiques qui n’ont rien compris à la nature raisonnable de l’esprit, et ceci confirme que les personnages néo-totalitaires que sont Khadafi et Gbagbo illustrent à merveille les déviations fatales d’une morale dictée par le désir d’indiquer à la nature ce qu’elle doit faire. Je pars du principe qu’une masse d’individus qui fait peuple est un petit &lt;em&gt;cosmos&lt;/em&gt; improvisé que l’on doit prendre au sérieux. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas exiger de la masse qu’elle suive les lubies d’un seul être – l’homme politique doit immédiatement cesser de parler selon la théorie véritative du langage où tout ce qui s’énonce existe dès lors que c’est prononcé (l'Université française a beaucoup souffert de la véritativité linguistique de Mme. Précresse). &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Partant de là, nous devons impérativement lutter contre la condensation du pouvoir. Pour ce faire, je propose une démocratie représentative qui élirait non plus un président mais un groupe de présidents. L’application de cette mesure n’est pas aussi complexe qu’elle n’en a l’air. Chaque parti politique pourrait présenter par exemple un groupe de cinq personnes, en l’occurrence cinq parties formant un tout que j’appellerais « &lt;em&gt;capsule présidentielle&lt;/em&gt; ». Idéalement, les cinq parties de la capsule fonctionneraient de manière collective mais pour les besoins du corps nécessairement autonome de la capsule présidentielle. Cinq pilotes dans un même navire, cinq âmes dans un corps cinq fois plus raisonnable en principe. À cela s’ajoute évidement des « capsules ministérielles », et puis des capsules plus restreintes – mettons un binôme pour les mairies, les conseils généraux, les députations etc. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous pourrions par conséquent réformer tout le système gangréné des adjoints, des secrétaires de cabinet, des conseillers politiques, bref toutes ces instances qui court-circuitent la décision en divisant la discussion en plusieurs endroits où les gens ne peuvent pas s’entendre les uns les autres puisqu’ils sont effectivement à des lieux différents. Ceci signifie deux choses : 1. Que les capsules ont le devoir de chaque fois discuter ensemble des problèmes, ne serait-ce que parce qu'une capsule incomplète cesse d'être une capsule. 2. Que les adjoints, conseillers, secrétaires particuliers etc. ont le devoir de faire eux-mêmes capsules afin de fluidifier la communication entre les voix d’un même parti. On pourrait donc parler, à terme, de conception synaptique de la représentation politique : un cerveau politique en santé composé de plusieurs capsules identifiées qui communiquement bien entre elles. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le peuple est inquiet et je le comprends. On lui demande de voter pour un candidat de plus en plus messianique compte tenu de la fragmentation des informations - l'état actuel du monde est dans l'expectative d'une ribambelle de Jésus, et ceci pour notre plus grande calamité. Ma théorie des capsules politiques, en mettant par exemple cinq visages souriants sur une affiche électorale, a de quoi réhabiliter le processus de la démocratie représentative. Ce serait une belle façon d’appliquer le multiculturalisme que l’on juge déficient. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Outre cela, la distribution du blâme et de l’éloge n’en serait que plus appropriée. Si une mauvaise décision politique à été prise par une capsule présidentielle et/ou locale, ou autre encore, la punition s’envisage non plus selon le fantasme du lynchage électoral mais sous l’angle du débat public. Un esprit mal tourné m’objecterait que c’est de la politique siamoise. Peut-être, mais personne ne viendra me reprocher de vouloir appliquer une politique redistributive quant à la manière d’éprouver les choix des différents élus. La division de la responsabilité dans toutes les parties d’une capsule devrait en principe favoriser la prise collective de conscience, et par là même pondérer les décisions les plus farfelues. D’autre part, pourquoi est-ce qu’une décision politique en démocratie représentative semble presque toujours mauvaise ? Parce que la décision d’un seul est par essence trop inconcevable par la masse d'une population qui sait maintenant manipuler les outils communicationnels de base. La simplicité de ce constat milite d’elle-même pour l’installation du système capsulaire. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mes salutations cordiales,&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-8289620312310934061?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/8289620312310934061/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=8289620312310934061' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8289620312310934061'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8289620312310934061'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/04/politiques-individuelle-siamoise-et.html' title='Politiques individuelle, siamoise, et capsulaire.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-0oQiCGW6-tg/TZie5HkaI2I/AAAAAAAAAOI/wCxUSLj1yJg/s72-c/siamoiseries.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2395526735964064717</id><published>2011-03-20T18:48:00.002+01:00</published><updated>2011-03-20T18:57:13.193+01:00</updated><title type='text'>Au théâtre ce soir.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-KzFKCwNTlYA/TYY_7w2l89I/AAAAAAAAAOA/gwW1ngPdE5o/s1600/le-dictateur-chaplin-mappemonde-1189703066-83fa2.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; FLOAT: left; HEIGHT: 241px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5586222683758392274" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-KzFKCwNTlYA/TYY_7w2l89I/AAAAAAAAAOA/gwW1ngPdE5o/s320/le-dictateur-chaplin-mappemonde-1189703066-83fa2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher ami,&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les trois coups sont donnés. Le rideau va se lever. Facebook, Twitter et les blogs en tout genre sont en coulisses. Maquillés et fardés, les politiques s’échauffent la voix. Chut ! Le spectacle électoral va commencer.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mesdames, Messieurs, existe-t-il une politique sans représentation ? &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cette question dispose d'un double sens, ou plutôt d'un sens désormais diffus. Un homme politique au sens large du terme est un élu qui représente les convictions et les idées de ses électeurs. Ce mécanisme de la démocratie restait jusqu'à présent la garantie du bon fonctionnement d'une nation. A l'heure d'aujourd'hui, il se trouve grippé par l'évolution d'une double machinerie en parallèle de celle que nous connaissons tous, à savoir le système électoral. Quel est donc ce concept qui rend cet appareil caduc ? Ne serait-ce point là le concept du représentant commercial ? Autrement dit, le concept de l'offre et la demande. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dès lors que l'on consomme des idées préconçues du matin au soir, il est donc bien logique de concevoir notre président ou présidente comme le garant de notre confort de consommation&lt;/strong&gt;. Mais plus qu'un garant, plus qu'un service après vente, on considère nos politiques comme un marchand de meuble qui favorisera et rendra pérenne notre bulle inconsciente de non-culture, à savoir notre ameublement mental soldé. &lt;strong&gt;Il est fort navrant de constater que le système de carte de fidélité mis en place par nos politiques a pour unique but d'asservir notre désir de consommer du pouvoir électoral&lt;/strong&gt;, tout comme on évalue quotidiennement le niveau de notre pouvoir d'achat.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Aujourd’hui la politique n’a plus aucun sens, ou du moins elle a perdu définitivement les valeurs qu’elle croyait détenir. La moralité et l’engagement sont-ils encore valables ? Le courage de ses idées est une notion que nos chefs de gouvernements ne paraissent plus posséder. Ils se laissent attendrir dès l’instant où un fait divers larmoyant émeut le pays tout entier. Et hop ! On change de direction, puis l’on suit le courant impulsé par le banc de sardines que compose l’opinion publique. Du moins c'est ce que l'on cherche à nous faire croire. L'organe marketing que sont les &lt;em&gt;think tank&lt;/em&gt; veille aux grains. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;J’ambitionne vraiment de rendre hommage à Messieurs Mouammar K et Laurent G. Leurs actions sont condamnables, j’en conviens, mais leurs attitudes féroces qui consiste à s’accrocher à leurs semblants de restes de pouvoir se formule ici comme un véritable acte de courage politique. Cet acte de bravoure n'étant valable que dans le contexte politique actuel, ou devrais-je dire dans le contexte économique du moment. &lt;strong&gt;Ils n'ont jamais caché leurs intentions, si méprisables soient-elles, et en cela il est appréciable de voir que ces hommes n'ont jamais porté de masque électoral&lt;/strong&gt;. Attention, mon propos n’est pas d’affirmer qu’une politique de la dictature est une bonne chose pour une nation ; j’évoque simplement le glissement qui s’est opéré entre la &lt;em&gt;politique&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;théâtre&lt;/em&gt;. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Prenons le président des Français pour exemple. Comparez simplement sa politique en début et en fin de mandat. Je n’ai jamais vu une girouette qui tourne aussi vite. On peut compter le nombre de tours via les remaniements ministériels et autres réformes inconséquentes en tout genre. Inconséquentes, ces réformes, dans le second degré du terme. Et dans le même temps, j’admire toutefois son courage, pour le coup véritablement politique, de maintenir en poste, et même de soutenir de façon indéfectible, certains de ses sbires ayant commis quelques dérapages. Toutefois, qu’il n’en vienne pas à se demander pourquoi la Marseillaise est sans cesse conspuée par des sifflements lors des événements nationaux importants. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La politique revendique ainsi un rôle de représentation de l’Etat, tout en laissant de côté l’intégrité de l’image relative à la représentation. &lt;strong&gt;Je dirais qu’à l’heure actuelle on est davantage chef d’Etat sur Facebook ou Twitter qu’à l’Elysée ou à la Maison Blanche&lt;/strong&gt;. De nos jours, la démagogie est le seul axe honnête d'une politique. Marine L.P. a compris la tendance : &lt;strong&gt;sa bravoure ne réside pas dans le fait de proposer une soupe de lieux communs pour amasser des soutiens potentiels, mais dans la rigueur intemporelle de ses opinions&lt;/strong&gt;. Je l'identifie de la même façon que cette phrase : « Aucun système ne pourra donner au peuple tout le raffinement souhaitable et pourtant vous me connaissez, je ne suis pas réactionnaire », tirée du film &lt;em&gt;Le Charme Discret de la Bourgeoisie&lt;/em&gt;, de Luis Bunuel, au moment même où le personnage de Simone demande de pardonner à Maurice le chauffeur son manque d'éducation dû à sa condition. &lt;strong&gt;J'apporte ainsi toute ma considération à toute ligne politique qui, dans un contexte social mouvant, sait rester sur une ligne droite d'intégrité&lt;/strong&gt;. L'intégrité ici se définit non au sens de la morale, mais au sens de la constance. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, je soutiens parfaitement le parti d'extrême droite français pour sa conduite intègre quand il considère le peuple comme étant incapable de sortir de son marasme constellé de miasmes d'inculture, tout comme j’apporte mon &lt;em&gt;commitment&lt;/em&gt; à la phrase brillante de Luis B. &lt;strong&gt;Il existe donc bien une frivolité politique introduite par un ensemble de personnages plus burlesques les uns que les autres&lt;/strong&gt;. La &lt;em&gt;Comedia dell'Arte&lt;/em&gt; de notre ami Silvio B., la tragédie grecque de notre ami Jintao H., le vaudeville de notre cousin Nicolas S., toutes ces figures ré-esthétisées vont maintenant tirer leurs révérences afin que le rideau puisse enfin se baisser sur la &lt;em&gt;politique-théâtre-réalité&lt;/em&gt; de Marine L.P.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Politiquement vôtre&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K.B &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2395526735964064717?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2395526735964064717/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2395526735964064717' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2395526735964064717'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2395526735964064717'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/03/au-theatre-ce-soir.html' title='Au théâtre ce soir.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-KzFKCwNTlYA/TYY_7w2l89I/AAAAAAAAAOA/gwW1ngPdE5o/s72-c/le-dictateur-chaplin-mappemonde-1189703066-83fa2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1168702387468244636</id><published>2011-02-12T12:35:00.002+01:00</published><updated>2011-02-12T12:47:06.556+01:00</updated><title type='text'>L'Égypte, terre de jazz.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-SmaZMQFHxDg/TVZzKlP9xOI/AAAAAAAAAN4/LP2GSyhLRpY/s1600/armstrong2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5572768214552528098" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 233px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-SmaZMQFHxDg/TVZzKlP9xOI/AAAAAAAAAN4/LP2GSyhLRpY/s320/armstrong2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Égypte est jazzy, je n’ai pas peur de le dire. Pour une fois, je serai plus optimiste que vous même si mes conclusions finiront par rejoindre les vôtres. En fait nous sommes les artisans d’un dilemme : nos interprétations se prononcent différemment mais elles aboutissent à une chute analogue. La raison principale de ce pessimisme achevé est que dès lors que nous envisageons de parler de politique, nous devons accepter que notre choix ait lieu entre plusieurs mauvaises décisions disponibles. &lt;strong&gt;La politique a ceci de particulier qu’elle nous soumet le plus souvent des mauvaises décisions parmi lesquelles nous avons à effectuer un choix courageux et volontaire&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La direction d’un État implique toujours un coefficient d’accident dans la théorie de l’agir. Je ne peux pas faire en sorte d’éviter la faute politique à partir du moment où je ne suis pas à la tête d’un régime totalitaire conduit par la pensée unique. &lt;strong&gt;Le peuple démocratique est une instance qui intègre plus ou moins bien les accidents de ses représentants&lt;/strong&gt;. Moubarak, qui ne fut pas le dirigeant d’un peuple démocratique, n’a pas pu faire en sorte que les accidents de sa politique puissent s’intégrer à l’énergie de son peuple. &lt;strong&gt;Autrement dit, Moubarak a joué une fausse note parce que sa politique anti-démocratique était pensée comme une composition, comme une harmonie préétablie&lt;/strong&gt;. Son public ne lui a pas pardonné plusieurs de ses déviances, et à partir du moment où Moubarak a voulu improviser, il a été chassé parce que son peuple métamorphosé en démocratie n’a guère accepté une partition dans laquelle Moubarak n’a aucune compétence. &lt;strong&gt;Moubarak n’est pas un musicien de jazz ; il a payé en voulant improviser parce que tout le monde s’est aperçu qu’il était incapable de diriger l’élan vital de la musique&lt;/strong&gt;. Le peuple égyptien a chanté le &lt;em&gt;scat singing&lt;/em&gt; et Moubarak a voulu répondre par une mise en écho dont il ne saisissait rien. Lors même que l’espace public de l’Égypte reprenait les couleurs de la vie, Moubarak s’enfermait dans l’opacité du secret décisionnaire, dévalant ainsi les souterrains mortifères de la rigidité cadavérique d’une politique menée par une pulsion de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Égypte est jazzy parce qu’une minorité a fait valoir son droit à la vie. Dans les champs de coton du Sud des États-Unis, à une époque pas si lointaine, les travailleurs acharnés intégraient leur différence en improvisant des chants dont les maîtres ne pipaient mot. La solitude des champs devenait ainsi l’occasion d’une collectivité du chant. &lt;strong&gt;Le jazz se perçoit comme un art mineur d’abord et avant tout parce qu’il est la réponse d’une minorité contre une majorité excédentaire et esclavagiste&lt;/strong&gt;. Moubarak a été expatrié de ses certitudes par le chant mineur de la révolte populaire. La démocratie s’impose là où nous ne l’attendions plus, encore que cela, en fin de compte, ne soit pas très surprenant. Le monde occidental se nourrit du sang démocratiquement versé dans la mesure où il ne possède plus les réponses à ses propres tourments. C’est peut-être l’indice d’un indubitable recul démocratique dans nos pays où l’on part du principe que la démocratie est une valeur qui nous appartient depuis toujours. Je sens d’ailleurs des commentaires de plus en plus gênés dans nos sociétés industrialisées ainsi que l’aveu sous-jacent de l’impuissance impérialiste : &lt;strong&gt;on s’étonne de ce qu’une politique puisse avoir été renversée dans le monde arabe car nous savons que nos peuples capitalistes ont épuisé leurs forces vives dans la poursuite extrêmement harassante du fantasme monétaire propre à tout aspirant épargnant&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’accumulation des richesses personnelles fabrique de la force individuelle mais elle expulse dans le même temps la condition de possibilité d’une cohérence de groupe&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;. &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les pays capitalistes vivent dans la méfiance d’autrui parce que tout autre est perçu comme le concurrent&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. La concurrence commence à l’école et elle se termine dans les hôpitaux. Or je crois que la démocratie n’est pas un dû que l’on prétexte universellement ; la démocratie se teste et s’expérimente sans arrêt, ce que les pays d’Occident ne font plus dans la mesure où les erreurs à la fois individuelles et collectives sont réprouvées selon le principe du « &lt;em&gt;perfect people&lt;/em&gt; &lt;em&gt;with a perfect body&lt;/em&gt;» qui simplifie horriblement l’élan vital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que l’Égypte et la Tunisie restent jazzy, il leur faut se détourner des tentations occidentalistes. Nous sommes déjà les témoins de plusieurs tentatives d’inféodation de l’Occident dans le monde arabe. La télévision veut s’emparer de ces révoltes pour les faire siennes. &lt;strong&gt;Nous voudrions insuffler à ces peuples nouvellement constitués en forces démocratiques nos idées fallacieuses de liberté individuelle alors même qu’ils viennent d’élaborer un organe de liberté collective&lt;/strong&gt;. Alors je vais essayer de convaincre les lecteurs des mondes arabes en finissant par leur exposer notre conception occidentale de la liberté. Comme vous, je vais développer un exemple et je laisserai à chacun le soin de se faire son propre commentaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, donc, je me reposais d’une journée d’enseignement devant mon poste de télévision que j’avais pris soin de retourner – en effet, je me suis aperçu qu’en retournant le poste de télévision, je bénéficiais de la radio. J’écoutais donc le bulletin de nouvelles sur une chaîne d’informations en continu, et j’y apprenais l’heureux dénouement provisoire de l’Égypte, pensant ainsi à une allure jazzy de ce peuple soulevé. J’écoutais cela pendant environ une dizaine de minutes. Ensuite, ce fut le moment du bulletin de publicités, typique de la radio qui ne cesse de consteller les chansons avec des slogans ridicules. La première publicité vantait les mérites du serveur multimédia Free (Free.fr). Personne n’ignore que « Free » signifie « libre » en anglais. La publicité se terminait ainsi, ou à peu près en ces termes : « Avec Free, j’ai tout ce que je veux, quand je veux ». Je me disais que c’était particulièrement savoureux de nous avoir cassé les oreilles toute la soirée avec la « révolution » égyptienne pour ensuite nous passer une publicité absolument révélatrice de notre faiblesse occidentale. Pour un partisan de l’occidentalisme, la liberté consiste donc à jouir d’un accès à la télévision, assorti d’un accès téléphonique qui permet de bénéficier d’internet. Le slogan de la publicité le dit, or nous savons pertinemment que les slogans sont pensés en fonction du degré de croyance qu’on va leur apporter. Je pense sincèrement que l’Occident vit selon cette conception factice de la liberté. Ce qui fait que je pense que les peuples arabes auront une meilleure démocratie que la nôtre s’ils ne se laissent pas anesthésier localement par des sources artificielles de liberté. &lt;strong&gt;La vraie liberté consiste à expérimenter tandis que la fausse consiste à croire qu’on participe d’une action par la simple faculté digitale d’appuyer sur la télécommande pour changer de programme de télévision&lt;/strong&gt;. Vous l’avez dit, rien de grand ne se fera plus en histoire tant que la télévision régnera. Je le redis ici dans une perspective hégélienne, mais ça ne change rien au problème. &lt;strong&gt;Relisons Hegel, et faisons-le correctement ; c’est davantage par lui que par Marx que nous pourrons éventuellement intervenir sur notre histoire occidentale&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1168702387468244636?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1168702387468244636/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1168702387468244636' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1168702387468244636'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1168702387468244636'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/02/legypte-terre-de-jazz.html' title='L&apos;Égypte, terre de jazz.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-SmaZMQFHxDg/TVZzKlP9xOI/AAAAAAAAAN4/LP2GSyhLRpY/s72-c/armstrong2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-8876038900265637580</id><published>2011-02-07T23:04:00.003+01:00</published><updated>2011-02-09T09:41:30.599+01:00</updated><title type='text'>Anesthésie locale.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TVBurVg9T5I/AAAAAAAAANw/KcKHHYdhanA/s1600/de_st_phalle_hon_artnet.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571074429846114194" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 304px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TVBurVg9T5I/AAAAAAAAANw/KcKHHYdhanA/s320/de_st_phalle_hon_artnet.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher ami,&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Prendre la plume, en ces temps de contestation politique, devient un véritable acte de souffrance morale. Évidemment, nul n’a besoin de prononcer mot pour comprendre mon état d’esprit actuel. Il m’est assez pénible d’analyser la géopolitique de mon pays. Ces événements résonnent en moi comme une corde de violon qui vibre trop vite, émettant ainsi un son saturé difficile à supporter. Je condamne dans cette histoire la mise en scène de médias charognards qui, tels des succubes de l’humanité, se délectent du sang et de la souffrance sous le prétexte insidieux du droit à l’information. Je n’incrimine pas ici les fourmis ouvrières des médias, mais les populaces faméliques qui ne sucent que les cailloux des images sanglantes en se persuadant d'avoir compris toutes les occurrences de façon résolue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis meurtri et en colère. L’affranchissement n’est jamais simple. Notre vision des événements est toujours réductrice car elle est seulement factuelle. Nous n’avons pas suffisamment étudié les écrits d’Ibn Khaldoun ; comme lui, à la mort de notre mère patrie, nous devons nous enfermer dans nos salles d’études afin de réaliser notre propre «&lt;em&gt;asabiyya&lt;/em&gt; ». Le décès culturel de notre pays est déjà prononcé depuis longtemps. Nous errons quelque part entre la culture musulmane, sorte d’institution cultuelle qui fait demeurer notre territoire dans un passé illusoire et utopique, puis entre la culture mondiale de l’argent qui nous entraîne sur les pas du capital, ce capital qui a perdu depuis trop longtemps son visage d’humanité. Sans évoquer notre attente perpétuelle du messie occidental, nous devons nous prosterner dans le silence, nous devons nous taire, et nous devons écouter les exemples du passé. Une fois ces trois étapes révolues, nous proposerons un schéma sociétal nouveau, débarrassé de toute jalousie capitaliste. Je parle de jalousie du capital dès l’instant où l’évolution d’une population est régie par un désir démesuré de consommation active. Ce soulèvement populaire n’est pas la conséquence de revendications sérieuses mais d’un avide besoin de consommer. La « révolution du jasmin » n'est rien de plus que le symbole des soldes chez Harrods.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Un autre point est à noter : la mise en jachère des territoires d’Afrique du Nord par un colonialisme latent a toujours été un fer de lance des états européens. Pardonnez-moi mon manque de structure, je suis confus dans mes propos car la distanciation est impossible, mon émoi se concentre comme un tsunami et il envahit toute ma clairvoyance des faits d’armes. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Est-il nécessaire de nous en remettre à un gouvernement ? Devons-nous écarter toute possibilité de démocratie dans le sens premier du terme ? Un choix est à faire. Un virage est à prendre. &lt;strong&gt;Le genre humain est aux prises avec ses deux principaux démons que sont la religion et le diktat. La Tunisie a fait un choix. Le régime impérialiste reste pourtant presque toujours une situation confortable. Nous n’avons pas à affronter le néant de nos vies lorsque nous nous en remettons à Dieu dans les deux sens du terme. Il ne s’agit pas ici de prendre en considération les conséquences libertaires d’une telle gouvernance mais de faire davantage un focus sur la condition des citoyens tunisiens. Il est facile de croire que notre futur réside dans la spéculation religieuse. Un Dieu part, un autre arrive&lt;/strong&gt;. Que devons-nous en conclure ? Que l’homme ne possède aucune capacité de cohésion et d’organisation sans un « &lt;em&gt;Tâghoût&lt;/em&gt; » ? Qu’il est nécessaire de généraliser les populations ? J’entends par «généraliser » le fait d’annihiler l’individualité au profit d’une nation ou d’une religion. L’&lt;em&gt;Asabiyya&lt;/em&gt; a perdu de son sens dès l’instant où l’homme a cherché à généraliser la réflexion et l’intelligence. &lt;strong&gt;Une population ne peut pas s’en remettre totalement à une seule autorité sous le prétexte fallacieux de la cohésion&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je défends une organisation locale, une échelle humaine, où la tentation de la dispersion par le profit est impossible. Nous devons lutter contre toute forme de holisme sociologique. Le soulèvement populaire est souvent dangereux, il mène vers une confiance aveugle dans la force du« on » que nous avons souvent dénoncée ici. Que faire avec notre pays en friche ? Proposer une « &lt;em&gt;movida cultuelle&lt;/em&gt; » ? Dans notre temps présent, la dictature ne peut laisser place qu’à un extrémisme religieux. La nature humaine a peur du vide. Moi, au contraire, je revendique l’idée d’une société fondée sur une économie et une culturalité régionales où chaque citoyen aurait la possibilité de prendre tour à tour le rôle de décisionnaire politique et le rôle de simple citoyen. Le &lt;em&gt;turn-over&lt;/em&gt; doit être court, pas plus d'une année ; l'organisation locale se doit d'être à taille humaine, elle se doit de connaître son prochain. Pour assurer un renouvellement des pensées, le groupe doit être mixte, il doit y avoir une hétérogénéité parfaite. &lt;strong&gt;Chaque membre sera contraint tous les dix ans de changer de région pendant une durée de quelques semaines afin de ne pas souffrir de l'isolement culturel&lt;/strong&gt;. L'économie se devra d'être échelonnée sur la somme des besoins du groupe, une énergie suffisante pour tous et des taxes pour le surplus calorifique. Nous savons que le capital s’est affranchi des politiques. Nous savons que ces mêmes politiques, ne pouvant gérer le PIB de leur pays, tentent d’asservir la seule chose sur laquelle ils ont encore de l’influence, c’est-à-dire l’homme. À l’heure actuelle, il est impossible pour les pays du Maghreb de croire au rêve fou d’une égalité de société avec les pays européens. Je le réaffirme, il faut la mort de dizaines d’hommes colorés pour maintenir le train de vie d’un seul homme blanc. Que les Tunisiens, les Algériens et les Égyptiens se rassurent, l’avènement d’une autre gouvernance ne changera rien à leurs destinées miséreuses.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Acidement vôtre&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K.B&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-8876038900265637580?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/8876038900265637580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=8876038900265637580' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8876038900265637580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8876038900265637580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/02/anesthesie-locale.html' title='Anesthésie locale.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TVBurVg9T5I/AAAAAAAAANw/KcKHHYdhanA/s72-c/de_st_phalle_hon_artnet.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-3861739311454043090</id><published>2011-01-22T01:11:00.003+01:00</published><updated>2011-01-22T16:54:04.228+01:00</updated><title type='text'>Apologie de Louis-Ferdinand Céline : révélation de la misologie qui vient.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTojFwErQ6I/AAAAAAAAANc/k1dkuYjOxbE/s1600/Louis_Ferdinand_C__line_modificato-1.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 276px; FLOAT: left; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5564798871280501666" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTojFwErQ6I/AAAAAAAAANc/k1dkuYjOxbE/s320/Louis_Ferdinand_C__line_modificato-1.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Dans les événements que nous avons promis de commenter, permettons-nous un intermède. Il vient d’être décidé par Frédéric Mitterrand, sous l’impulsion du ressentiment de Serge Klarsfeld, le retrait de Louis-Ferdinand Céline des listes de célébrations nationales pour cette année 2011. La saveur de la phrase précédente fait qu’elle réunit trois noms propres dont au moins deux n’ont par leur place au registre de l’hommage national. En effet, nous ne célèbrerons par M. Klarsfeld dont les exigences suffisent à nous renseigner sur ses désirs trop grands. Or plus nos désirs désirent, moins il est facile de les satisfaire, à moins d’être soutenu par une métaphysique de la compassion qui se sent forcée de reconnaître à certaines confusions mentales un statut ontologique. Quant à M. Mitterrand, sa seule carrière de ministre impose d’emblée son éviction de l’excellence, lui qui introduit dans sa profession toujours un peu plus de médiocrité, comme s’il faisait un concours avec quelques-uns de ses collègues – nous l’avions associé récemment à Mme. Pécresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nous ne célèbrerons pas Céline cette année, ou plutôt nous ne le célèbrerons que plus vigoureusement compte tenu des mascarades institutionnelles qui prétendent ne pas le faire. Le caractère officiel de cette annonce souligne quand même un pourrissement de l’État en tant que symptôme d’un public qui le constitue en principe par ses forces : sous couvert de préservation de la morale et d’objectivation répétitive du passé, l’État se met à décider de ce qu’il serait préférable de ne pas lire. Autrement dit la force du public qui fait un État est précisément en train de s’affaiblir puisque la voix d’un seul homme (M. Klarsfeld) semble s’émouvoir à la place de toutes les forces d’expression qu’on aurait pourtant aimé entendre sur la question. &lt;em&gt;Quid&lt;/em&gt; des colloques céliniens, des chercheurs en Céline, des librairies qui vont en faire la publicité eu égard à cet anniversaire si contesté ? Nous avons refusé la consultation des premiers intéressés parce que, finalement, il apparaît qu’un intérêt assez prononcé pour les écrits de Céline semble irrémédiablement déterminé par un reliquat d’antisémitisme. &lt;strong&gt;En suivant cette logique imparable, on peut formuler un argument du sorite sous forme de question : à partir de combien de livres de Céline lus sommes-nous des antisémites ?&lt;/strong&gt; C’est la question des grains de sable et du tas : combien faut-il que nous réunissions de grains de sable pour affirmer que nous sommes en présence d’un tas de sable ? Toujours est-il qu’il ne faut pas se creuser l’esprit pour à peu près évaluer le degré d’illumination qui anéantit la raison de M. Klarsfeld dans cette histoire. Et nous ne parlerons même pas de la raison de M. Mitterrand – sans aucun doute inexistante vu sa tendance au troupeau de la discursivité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en revient alors toujours au même point : faut-il procéder à une disjonction entre l’œuvre et la vie d’un auteur ? Apparemment non. Du moins certains auteurs bénéficient d’indulgence quand d’autres sont cloués au pilori de la morale. C’est un fait et c’est aussi un fait que la France n’aime pas beaucoup que l’on s’exprime en termes de « fait » : en ce moment, il y a incontestablement plus de considération générale pour un homme comme M. Drucker que pour un défunt comme M. Céline. Est-ce une différence de statut humain en cela que l’un est vivant quand l’autre est décédé ? Assurément pas puisque personne ne craint pour les futures obsèques de M. Drucker qui occasionneront des embolies cérébrales chez les téléspectateurs transformés en fantômes ou en zombies, au choix. M. Drucker intensifie en sa personne la faculté de présenter la sainte parole de la pensée unique, et nous appelons cette intensification un simulacre de volonté de puissance. Ainsi, même quand il s’ébroue au travers de gesticulations gênées lorsque ses collaborateurs s’affadissent de vulgarité, il est immédiatement pardonné par le &lt;em&gt;decorum&lt;/em&gt;, c'est-à-dire par les circonstances spatio-temporelles. On peut appeler cela la « présomption de canapé rouge » ou, de manière plus transparente, l’hypocrisie qui s’avance à peine masquée. &lt;strong&gt;Pourtant M. Drucker est récemment l’objet d’une déchirure morale qui aide le public sagace à reconstituer la vérité d’une thèse silencieusement développée par Khalid Bouachiche tant elle dérange la bien-pensance : ce sont les détenteurs de la parole moralement assainie de la télévision qui sont probablement les plus enclins à voter pour le camp politique qu’ils dénoncent si virulemment sous le feu des projecteurs (en effet, on ne peut nier que ces bourgeois contemporains craignent qu’une jeunesse trop lucide en vienne à venir saccager leurs propriétés personnelles, ce qui ne pourrait que nous réjouir vu l’état actuel de la répartition des privilèges)&lt;/strong&gt;. Ou alors M. Drucker ne rend pas service au grand parti de gauche qu’il ne peut feindre de soutenir : ce serait un comble d’avoir dans ses rangs politiques un VIP qui a soumis son mariage si exemplaire à la « tentation ethnique et esclavagiste », pour n’évoquer que cela, et encore à mots couverts – le lecteur se fera sa propre censure s’il juge nos analogies verbales trop insultantes. &lt;strong&gt;C’est donc un autre fait : il existe en France des instances plus qualifiées que d’autres pour définir ce qui est bien et ce qui est mal. La judaïté, malheureusement très loin de Lévinas et de Maïmonide, est de nos jours utilisée implicitement comme vecteur d’amoindrissement des préjudices moraux – ou à l’inverse on peut clamer une certaine idée de la judaïté pour amplifier des préjudices&lt;/strong&gt;. Dans cette logique, et indépendamment des comportements sur-policés de M. Drucker, il devient donc plus criminel d’avoir écrit de manière antisémite que d’avoir pratiqué un désolant tourisme sexuel complaisamment rapporté dans une œuvre littéraire (ceci selon le principe de non-disjonction énoncé &lt;em&gt;supra&lt;/em&gt;). Comprenez ainsi que M. Drucker jugerait positivement de chroniquer quelques-uns des ouvrages de M. Mitterrand cependant qu’il ne pourrait faire autrement que condamner Céline puisque M. Klarsfeld vient de le reléguer au camp de concentration des auteurs proscrits... et que M. Mitterrand occupe actuellement une fonction que M. Drucker ne pourrait pas contredire puisqu'elle incarne un vaste horizon de pensée unitaire et fédératrice. La logique voudrait que ce beau et bon monde ne soit pas en possession d’œuvres céliniennes au logis familial. Le contraire nous étonnerait à peine tant l’hypocrisie entraîne les actions les plus contradictoires du moment que l’on obtient un gain de cause en lieu et place de toutes les forces publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc M. Mitterrand, qui ne peut pas non plus porter tous les maux, vient au moins d’euthanasier l’État culturel français en acceptant d’entendre et d’acquiescer aux vociférations ridicules de M. Klarsfeld. &lt;strong&gt;Est-ce qu’une telle mesure est véridiquement prophylactique contre le virus de l’antisémitisme ? C’est tout l’inverse dans la mesure où l’affaiblissement du public ne peut pas l’aider à interroger avec intelligence la pensée&lt;/strong&gt;. De telles applications étatiques donnent des arguments supplémentaires à d’autres partis, c’est tout. Le spectre du lobby continue de mûrir et il continuera de le faire dans la mesure où il devient de plus en plus difficile d’interpréter la multiplication des voix qui accusent certaines gens de dénoncer du lobbysme communautaire. Nous ne sommes pas antisémites, nous sommes tout au contraire des amoureux du judaïsme. &lt;strong&gt;Avoir supprimé Céline pour les arguments que l’on sait, c’est avoir finalement appliqué à un « adversaire » tout ce que le vrai judaïsme n’aurait pas perdu de temps à accomplir&lt;/strong&gt;. Dans ces conditions, l’indignation de Stéphane Hessel prend rapidement une tournure prophétique. On commence toujours par des vérités locales avant d’assister à une implosion plus catastrophique. Il eût été si intelligent de faire de la littérature comparée entre Céline et Lévinas qu’on ne se demande même pas pourquoi les professionnels de la bonne pensée n’y ont pas pensé. Ce renversement dialectique très facile, nous en convenons, illustre malgré tout l’indigence de plus en plus manifeste de ces gens qui agacent la force publique. &lt;strong&gt;Ainsi l’augmentation de l’antisémitisme ne passe effectivement que par toutes sortes de mésintelligences. Le pire, c’est que ces mésintelligences se veulent organisées&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Bouachiche, K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-3861739311454043090?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/3861739311454043090/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=3861739311454043090' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3861739311454043090'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3861739311454043090'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/01/apologie-de-louis-ferdinand-celine.html' title='Apologie de Louis-Ferdinand Céline : révélation de la misologie qui vient.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTojFwErQ6I/AAAAAAAAANc/k1dkuYjOxbE/s72-c/Louis_Ferdinand_C__line_modificato-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1995974388909012726</id><published>2011-01-17T14:39:00.002+01:00</published><updated>2011-01-17T14:41:32.445+01:00</updated><title type='text'>Prolégomènes à la Tunisie, le pays qui accoucha du génie Ibn Khaldoun.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTRG-oBFfgI/AAAAAAAAANU/Pyazx8EhMKo/s1600/khald.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5563149481417211394" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 293px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTRG-oBFfgI/AAAAAAAAANU/Pyazx8EhMKo/s320/khald.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Les récents événements qui ont secoué la Tunisie ont apporté beaucoup d’images au détriment d’une analyse réelle de la situation. Le professeur Khalid Bouachiche, Tunisien d’origine et ancien enseignant à l’Université de Gabès en sociologie et en lettres arabiques, publiera bientôt un commentaire de la situation. Nous déplorons évidemment le traitement hasardeux fait par les médias du monde entier, d’où notre souhait d’apporter ici un éclairage conséquent. Les changements politiques et sociaux qui surviennent actuellement en Tunisie constituent probablement le fait majeur de ce siècle, du moins à l’échelle de notre présent. Ces changements sont d’autant plus intéressants à examiner qu’ils soutiennent plusieurs des thèses que le professeur Bouachiche a présentées tout au long de sa relation épistolaire avec son collègue le professeur Konstantinos Deveureux. Ce dernier fournira un commentaire supplémentaire de la situation tunisienne quelques jours après la publication du professeur Bouachiche. Le professeur Deveureux, agrégé de philosophie et docteur ès lettres, complètera le propos en y ajoutant les outils conceptuels de la philosophie. Nous prions donc notre lectorat de rester très attentif à l’actualité de cet espace interactif et scientifique. Nous les prions aussi par avance de diffuser autant qu’ils le pourront les discussions qui se tiendront dans notre sillage. L’espace public ne peut que retrouver la place qui était la sienne s’il accepte le jeu de l’action et de la transaction des savoirs. Les professeurs Bouachiche et Deveureux ne souhaitent rien d’autre que cela, c'est-à-dire apporter des éléments de savoir afin que ceux-ci deviennent la propriété et l’appropriation de ceux qui se mettent en position de les recevoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaleureusement,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kigame Bouttawa, secrétaire particulière du site et chargée de communication. Thésarde sous la direction du professeur Khalid Bouachiche. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1995974388909012726?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1995974388909012726/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1995974388909012726' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1995974388909012726'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1995974388909012726'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/01/prolegomenes-la-tunisie-le-pays-qui.html' title='Prolégomènes à la Tunisie, le pays qui accoucha du génie Ibn Khaldoun.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TTRG-oBFfgI/AAAAAAAAANU/Pyazx8EhMKo/s72-c/khald.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-8851035570131678881</id><published>2011-01-06T11:55:00.002+01:00</published><updated>2011-01-06T12:01:59.430+01:00</updated><title type='text'>La résurrection de Spinoza n'aura pas lieu.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TSWhG-LVjvI/AAAAAAAAANM/QCMTP-66JR4/s1600/spinoza.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5559026456200580850" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 256px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TSWhG-LVjvI/AAAAAAAAANM/QCMTP-66JR4/s320/spinoza.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;L’état du monde, maintenant diagnostiqué avec certitude comme se trouvant aux prises avec un cancer stationnaire, ne nous permet pas de nous associer aux mouvements de foule qui surdéterminent chaque début d’année. L’institutionnalisation de la joie par le truchement des computations temporelles (jour de l’An, anniversaires, commémorations sécularisées etc.) exerce sur nos personnes un rejet aussi irréversible que permanent. Nous assistons à l’effondrement d’un droit personnel à la béatitude puisque la masse nous informe des opportunités de profiter du bonheur. Mais nous ne comprenons définitivement plus en quoi le bonheur est-il encore ce qu’il est quand il se manifeste sous les tendances solidaires de l’adaptation et de la réserve collective. Il semble que l’accomplissement de soi ne puisse désormais se faire que dans l’intégration factice d’une authenticité massive où les gens ne communiquent pas entre eux. Au lieu d’un échange réel où chacun pourrait considérer les possibilités de se dépasser tout en préservant la liberté d’autrui, nous sommes entrés dans l’ère du mouvement des surfeurs anonymes : &lt;em&gt;tout le monde vise la même vague&lt;/em&gt;. Ce calcul de l’opportunité, que nous exprimions à travers l’idée de capture temporelle, s’affiche comme rigoureusement néfaste pour l’exercice spirituellement fécond de la contemplation. &lt;strong&gt;L’homme contemporain souffre du syndrome fantasmatique du mathématicien : plutôt que d’isoler une chose et d’en prendre soin, il souhaite créer entre les choses des rapports définitifs qui lui sont infiniment avantageux afin de jouir en solitaire de ces connexions superficielles&lt;/strong&gt;. Nous rappelions en substance que le couple était devenu une masturbation à deux, or cette masturbation &lt;em&gt;dé-jouissive&lt;/em&gt; n’exprime pas autre chose que les effets pervers de la mathématique existentielle contre les avantages de la poétique de l’élan vital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le &lt;em&gt;Traité de la réforme de l’entendement&lt;/em&gt;, Spinoza affiche la volonté de changer de vie, et il se donne à cet égard des préceptes dont la lecture attentive s’avèrerait prophylactique pour le monde contemporain qui pratique la fuite en avant plutôt que l’observation du passé sur lequel nous sommes parfois ignorants. Ce sage Juif expatrié dans les Provinces Unies avait indubitablement le sens de l’urgence existentielle. On sait qu’il avait interrompu sa remarquable &lt;em&gt;Éthique&lt;/em&gt; pour se mettre à la rédaction du non moins remarquable &lt;em&gt;Traité théologico-politique&lt;/em&gt;, réponse circonstanciée aux problèmes incisifs de son époque. &lt;strong&gt;Cette conscience du monde reflète de manière rétroactive la minable inconstance des gens actuels qui se fabriquent une telle conscience en s’asservissant au poste de télévision&lt;/strong&gt;. La supériorité ultime de Spinoza réside probablement dans le fait qu’il est conscient que la béatitude seule ne suffit pas à atteindre la souveraineté du Bien. La béatitude est tout au plus un ascenseur collatéral vers le Bien, et il faudra y adjoindre le concours d’autres volontés qui, elles aussi, ne viseront que la suprématie de Dieu. Encore faut-il être vigilant et ne pas promptement réduire Spinoza à un curé de catéchisme : le Dieu dont il parle, qui est aussi la Substance immanente à toutes choses, se peut prendre ici en différentes manières comme l’être se dit en plusieurs doctes façons. Du moment que chacun se sera mis dans la disposition de comprendre quel est le Dieu suprême qu’il désire atteindre sans que ce désir ne se construise sur l’échafaudage du manque, alors chacun se donnera la possibilité de saisir le désir comme un excès positif en lieu et place d’un désir toujours manqué qui ne vise que le contentement subit et condamné à l’altération. Le coït est une chose propice à l’entretien du corps, cependant il est le résultat d’une tristesse une fois que les remuements de la jouissance sont passés. Combien d’hommes mariés ont-ils été heureux un mois dans leur couple avant de s’ennuyer un demi-siècle ? Ainsi Spinoza ne réprouve pas les biens factices de l’existence, il nous met juste en garde sur le fait suivant : à savoir que l’obtention facile d’un plaisir est loin de constituer la nature réelle du bien. &lt;strong&gt;Ces biens que sont l’argent et la richesse sont composés d’une nature incertaine ; les biens suprêmes ne sont pas moins incertains dans la mesure où leur obtention est complexe, mais ils ont au moins le mérite et la noble grandiloquence d’être certains en leur nature de suprématie&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout le spinozisme est peut-être trop faible à contenir les dérives modernes de la subjectivité humaine. Au temps des Provinces Unies, mis à part la folie de quelques religieux vindicatifs, on n’avait guère à se plaindre des divertissements. De nos jours, la prolifération des divertissements nous détourne des vraies possibilités de vie. Les mères de famille élèvent leur progéniture gâtée selon la morale de Walt Disney (retardant de ce fait une éducation sexuelle saine), les pères se marient par mimétisme en choisissant le désespoir contenu plutôt que &lt;em&gt;le bonheur du creux solitaire de la vague&lt;/em&gt;, et les individus en général achèvent la déperdition de leur âme en s’instruisant par la télévision, cette nouvelle boîte pleine d’icones.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le monde occidental, donc, souffre peut-être d’une condition d’impossibilité quant à son changement ou quant à la réversibilité de ses valeurs matérialistes&lt;/strong&gt;. Si bien que le changement de vie que nous distinguons parmi ces augmentations d’égocentrismes ne peut sans doute passer que par la bravoure du suicide collectif. L’Occident, à défaut de produire de l’intelligence, se donne la mort à doses homéopathiques mais certaines. L’iconoclasme consubstantiel à la masse médiocre passe inexorablement par la suppression de soi-même. L’accroissement du taux de suicides nous rassure en ce point. Puisque la masse est incapable d’assassiner ses propres idoles, qu’elle s’assassine au moins elle-même ! C’est ce qu’elle fait à merveille en choisissant le plus apparemment facile au détriment du plus certainement meilleur.&lt;br /&gt;Dans le sillage de tout ce que notre pensée a déjà écrit ici, nous continuons notre système de réjouissances personnelles en nous gargarisant d’avance des prochaines catastrophes naturelles, des prochains attentats, des futurs meurtres familiaux, toutes ces calamités providentielles pour un monde occidental devenu incapable d’intérioriser son extravagante soif déplacée de pouvoir. Mais ce manque d’intériorisation n’est jamais plus terrible que lorsqu’il se conjugue à une ignorance de l’extérieur : c’est pourquoi l’Occident sera de nouveau frappé dans son dos, et pour son plus grand bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Professeurs Khalid Bouachiche et Konstantinos Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-8851035570131678881?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/8851035570131678881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=8851035570131678881' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8851035570131678881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/8851035570131678881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2011/01/la-resurrection-de-spinoza-naura-pas.html' title='La résurrection de Spinoza n&apos;aura pas lieu.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TSWhG-LVjvI/AAAAAAAAANM/QCMTP-66JR4/s72-c/spinoza.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-7785524523643706884</id><published>2010-12-05T21:52:00.002+01:00</published><updated>2010-12-05T22:06:40.769+01:00</updated><title type='text'>Des Faibles et des Forts comme distinction capitale.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TPv-0vZQBpI/AAAAAAAAANA/r5F_v4n07Sw/s1600/838829.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5547307548065924754" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 315px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TPv-0vZQBpI/AAAAAAAAANA/r5F_v4n07Sw/s320/838829.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces dernières semaines j’ai pris le temps de méditer votre remarquable contribution à l’élucidation du monde actuel. Vous êtes de retour sur la scène de la pensée, et beaucoup d’intellectuels s’en réjouissent alors que d’autres se remettent en position de méfiance. Mon objectif n’est pas de réfléchir votre propos à la place du lecteur, il est de le conceptualiser avec mes outils qui ne sont pas ceux de la sociologie.&lt;br /&gt;Je suis d’accord avec vous pour dire que nous sommes dans une société qui répond de moins en moins par la voie discursive. La dissémination du discours profite à la violence. La médiatisation à outrance d’une information fabriquée sous le mode du « On dit » empêche l’esprit de se construire une idée précise. Les gens parlent sans connaître la question de départ. C'est-à-dire que la raréfaction du discours produit un état de connaissance brute que j’appellerai une &lt;em&gt;épistémologie bestiale&lt;/em&gt;. Dans la mesure où nous ne savons plus nous situer synthétiquement dans les discours, nous avons perdu la sagacité du jugement au profit d’un bruit de fond. Nous avons été exclus de la maison discursive et les gens, dans leur majorité, se sont eux-mêmes mis à la porte des centres de décision. On leur fait entendre la rumeur que l’on a bien voulu diffuser, préparant déjà la suivante. Ainsi les milieux de pouvoir ont toujours une rumeur d’avance. Le peuple est l’ouvrier malade du discours cependant que les élites s’accaparent les outils spécifiques de la pensée. Nous sommes de ces élites résistantes qui donnent au troupeau une chance de vivre en dehors des principes de la conservation en dans les principes de la conversation. Le peuple doit entendre et recevoir le commandement ultime du discours actif. Sans cela, le peuple est mort, réduit à une société des coups et blessures.&lt;br /&gt;En fonction des trois points décisifs sur lesquels repose votre idée d’une société qui « veut en découdre », je vais procéder à une lecture nietzschéenne en parlant des crimes que le peuple doit commettre s’il veut se donner une chance de vivre à partir d’un socle de grandes valeurs. Puisque Dieu est décédé du cancer de la pensée laïque, quelques surhommes comme nous ont su élaborer des grilles d’interprétation armées pour exister dans ce monde où les principes transcendants ont été enterrés. Nous devons comprendre que les réflexes religieux n’ont plus matière à vivre dans les couches de la vie. Les faibles vont à l’église tandis que les forts bâtissent un avenir objectif qui ne se détourne par pour autant de quelques impulsions du passé. Par conséquent je vais diviser les points de votre tripartition sociologique en parlant des faibles et des forts, ceci afin de mieux les reconnaître dans la société, ce qui devrait encourager plusieurs assassinats puisque les faibles ne sont rien d’autre que de nuisibles petits dieux stériles. Nous devons les aider à périr dans la plus pure tradition nietzschéenne, et cette grande mort s’accomplira par les fusils du concept et les mortiers de la pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1/ Premièrement je reviens sur le problème de la CULTURE, ce qu’Hannah Arendt avait cru bon de saisir sous la tonalité de la crise. Ce qui distingue culturellement les faibles et les forts d’un point de vue culturel, c’est ceci : &lt;strong&gt;les faibles fonctionnent à partir d’un arraisonnement politique de la culture&lt;/strong&gt;, c'est-à-dire qu’ils s’intéressent aux choses selon les valeurs qui sont supposées correspondre au parti politique de leur choix. Ce disant, et sachant que les faibles prennent refuge dans les extrémismes de tous les bords, ils ont une conception de la culture offensive. &lt;strong&gt;Les faibles sont certains que leurs convictions sont des certitudes&lt;/strong&gt;, et l’on a vu les ravages que cela a pu faire depuis que madame Pécresse s’occupe des Universités, ou depuis que Frédéric Mitterrand poursuit une entreprise de médiocrité organisée. Or vous m’avez bien lu, ce qui signifie que je fais de Pécresse et de Mitterrand des extrémistes. Ils n’ont pas d’idée précise mais ils sont convaincus que c’est une bonne idée d’imposer leur vision de faibles. Qu’à cela ne tienne, &lt;strong&gt;les forts connaissent les avantages de reconnaître à la culture la possibilité d’un rhizome de vérités&lt;/strong&gt;. Ainsi les forts s’enracinent dans toutes les cultures et ils en établissent ensuite un jardin d’acclimatation après avoir semé sur le sol les graines d’une connaissance ruminée sans préjugés ni certitudes. Les forts appliquent un principe de scepticisme doux parce qu’ils sont prêts à discuter de leurs connaissances. Et comme les faibles n’ont pas de connaissances exactes, ils frappent ceux qui ne se laissent pas persuader. On doit par là comprendre que le surhomme n’est pas un muscle ; le surhomme est un individu qui accepte sa singularité en même temps qu’il intègre en lui-même toutes les valeurs d’un monde nouveau où plus aucun &lt;em&gt;deus ex machina&lt;/em&gt; ne vient dire qui est puissant ou qui est misérable. Mais la société de maintenant confond misère et puissance en tant que réfléchies sous le principe des nouvelles valeurs non transcendantes : on croit que les faibles sont les puissants et on croit que les forts sont les misérables. Inversons les valeurs, ce qui veut dire que nous sommes dans le devoir de tuer quelques grands dirigeants politiques. Je propose des camps de philosophie pour y parvenir en remplacement des colonies de vacances, trop frivoles pour inculquer aux jeunes un semblant d’action de l’esprit. Il y a du positif à savoir monter une tente, mais cela n’est pas essentiel à la survie en milieu cognitivement inhospitalier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2/ Deuxièmement vous avez mis en évidence le problème de L’ESPACE, de la difficulté de se situer, bref de la complexité d’habiter le monde. Je parlerai moi de &lt;em&gt;dépossession spatiale&lt;/em&gt;, certainement due à la mécompréhension du temps long de l’Histoire humaine. Dans la mesure où les faibles font des crédits pour acheter une télévision pour toutes les pièces de la maison, ils apprennent à regarder le temps en fonction du découpage télévisuel souvent brutalisant. Une minute on parle d’un produit pour nettoyer la cuvette des toilettes, l’autre minute on arrive au bulletin d’informations où l’on évoque la pénurie de médicaments en Haïti. &lt;strong&gt;Le faible vit dans le temps raccourci de la télévision, il croit alors que l’Histoire est un assemblage de cellules temporelles où il se passe des choses plus ou moins reliées entre elles&lt;/strong&gt;. À l’opposé, les forts n’ont pas de télévision, et bien souvent ils ne sont pas forcément plus riches que les faibles abrutis du poste de télévision. La lecture accorde un rallongement de l’apprentissage, elle développe le sentiment de curiosité et d’exploration active lors même que la télévision amenuise ces qualités en banalisant la curiosité (par le contrôle de la télécommande) et en feintant l’exploration (par des séries de reportages en plein air). Vous comprenez donc qu’il n’y a pas pire faible que le père de famille qui détient la télécommande, choisit le film et le bulletin d’information, et patiente ensuite jusqu’à minuit pour se masturber devant une émission racoleuse pendant que la petite famille est couchée, ronflants moutons qui attendent le bélier. Les forts doivent alors falsifier les postes de télévision, ou alors mettre le feu aux grands distributeurs de ces produits néfastes. Il faut incinérer les magasins qui ressemblent à Darty, But, Boulanger et tous les autres qui s’y apparentent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3/ Troisièmement vous avez pointé le souci de l’attachement à la FAMILLE, problème que nous avons conceptualisé par le principe de défamiliarisation. Ici, sont faibles tous ceux qui vivent chez leurs parents, offrent des cadeaux à Noël aux chômeurs de la famille, participent activement aux grands repas de fin d’année, et ainsi de suite. La famille défait le discours de la connaissance en insinuant des idées régulièrement pétainistes (Fils, travaille pour la famille qui travaille pour la patrie, la grande famille). &lt;strong&gt;L’ignorance et le racisme naissent le plus souvent de la famille&lt;/strong&gt;. Peu de philosophes acceptent la vie de famille, et par extension le mariage. Nietzsche disait de ces philosophes potentiels que la vie de famille aurait fait d’eux des comiques dispensables. En quoi les forts qui savent appliquer la défamiliarisation sont presque tout le temps des philosophes, ou du moins des professeurs. Il y a un cas intéressant, c’est celui du professeur qui est né dans une famille de faibles, culturellement et spatialement (en l’occurrence, on peut imaginer un professeur dont la famille habiterait la banlieue d’une petite ville du Sud comme Antibes). Ce professeur sera haï des faibles, on voudra sûrement essayer de l’empoisonner, de lui faire porter le poids des clivages que les faibles eux-mêmes entretiennent. Si ce cas de figure devait s’avérer fréquent, je conseille aux forts de résister par tous les moyens du stoïcisme, ce qui devrait normalement provoquer des cancers généralisés chez les faibles. Le faible adore voir l’étranger s’énerver car il croit que l’étranger réagit. Donc l’étranger, entendez par là le membre de la famille déshérité des liens du sang faute de contracter la morale des faibles, ne doit en rien élever la voix contre les sangsues de la vérité que sont les faibles. La défamiliarisation passe ainsi par la domestication du silence, de la tenue de soi, ce qui forme déjà une structure d’indépendance suffisante. On peut donc être fort et cohabiter parfaitement avec sa famille de faibles, une excellente perspective pour le coup fatal bientôt porté. &lt;strong&gt;Pour la famille point de meurtre direct, elle finit par s’autodétruire quoi qu’il arrive&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà à peu près quelles sont mes prescriptions et mes visions tardives de ce que vous avez si brillamment défriché. Le discours est une force vive qui peut même dans le silence faire reculer la violence. Se taire vaut mieux qu’entrer en querelle, et celui qui se querelle à tout venant finira par se taire bientôt en laissant la parole à ceux qui l’ont choyée en restant calmes et silencieux. Car la parole trompe ceux qui en abusent (par exemple par le lapsus), et &lt;strong&gt;l’on ne dira jamais assez que les forts parlent peu parce qu’ils savent tandis que les faibles parlent beaucoup de ne rien savoir, ce qui les oblige à devenir violents car il est épuisant de vouloir avoir raison sur des grands discours en ne possédant pas les arguments pour le prouver&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien spécifiquement vôtre, avec force et honneur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-7785524523643706884?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/7785524523643706884/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=7785524523643706884' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7785524523643706884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7785524523643706884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/12/des-faibles-et-des-forts-comme.html' title='Des Faibles et des Forts comme distinction capitale.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TPv-0vZQBpI/AAAAAAAAANA/r5F_v4n07Sw/s72-c/838829.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-6111289720021813661</id><published>2010-11-18T21:54:00.002+01:00</published><updated>2010-11-18T22:01:46.828+01:00</updated><title type='text'>Machine à découdre.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TOWUHy1IC1I/AAAAAAAAAM4/TmshQBCzl4I/s1600/La-Machine-a-decoudre.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5540997778173856594" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 235px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TOWUHy1IC1I/AAAAAAAAAM4/TmshQBCzl4I/s320/La-Machine-a-decoudre.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cher Professeur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà bien longtemps que je n'avais pris la plume. Mais comme je le répète souvent à mes étudiants, le silence est nécessaire. Il permet d'entrer en communication avec la cosmogonie humaine.&lt;br /&gt;Vous le savez sûrement, cher collègue, j'ai eu quelques difficultés personnelles ces temps-ci, je ne rentrerai pas dans les détails mais la mort n'est jamais de bonne compagnie. Le moment est venu pour ma personne de me remettre en route sur les chemins de la connaissance et de promouvoir la pensée corrosive et revendicatrice. Je me suis tu suffisamment longtemps pour crouler sous une masse d'informations erronées, indigestes, et d'une bêtise sans comparaison. J'en ai assez de supporter cette montée d'agressivité qui consiste non pas à revendiquer de réelles convictions mais à vouloir à tout prix en découdre avec n'importe quelle autorité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cette période de trouble politique, je remarque que la masse &lt;em&gt;facebookienne&lt;/em&gt; a une faculté accrue de s'interloquer de toutes choses et de vouloir nous servir une soupe guerrière teintée de « je ne suis pas d'accord ». Il est là, on y est, nous entretenons l'objectif premier de l'humanité du 21ème siècle, à savoir «gagner». Gagner quoi ? Je vous le demande. « Avoir raison » est finalement le nirvana de la construction de soi. On est en pleine phase orgasmique lorsqu'on arrive à gagner la raison universelle, la raison incontestable, celle qui prévaut sur tout. Nos rapports changent. La faisabilité d'un dialogue n'est actuellement régie que par un critère de colère nécessaire. Le débat n'existe plus et on laisse aux gestes violents la crédibilité des bons argumentaires. Un glissement s'opère et on cherche par dessus tout à s'affirmer par la violence. Cela marque indubitablement le manque cruel de culture qui permet d'énoncer des positions militantes sans une once de domination physique. Cet exercice de joute verbale motivée par le déterminisme secret de déposer cette raison absolue sur la tête du cadavre encore fumant de son interlocuteur ne me gêne absolument pas tant que celui-ci reste dans une dynamique didactique. Dès lors que l'on soustrait cette option pédagogique de la confrontation dialectique, on récupère des conversations stériles qui ne mènent qu'au pugilat. Je regrette cette dérivation de la communication humaine. Je l'attribue bien sûr à ces médias qui ne proposent que des pensées prémâchées et qui donnent aux incultes le droit de s'exprimer.&lt;br /&gt;Par ailleurs je note de plus graves accusations dans la pratique discursive. Celles-ci sont les symptômes précurseurs de la perte de notre humanité. J'évoque naturellement la notion de déni. Le déni de valeur. On arrive dans une période naturelle que l'on applique généralement au deuil. On dénigre de façon instinctive le véritable but de notre soif de conquête pour entrer dans une forme de démence. On bave de colère, on trépigne en dedans et à la moindre occasion, dès lors que l'on aperçoit une brisure dans le mur superficiel de l'identité d'autrui, on n’hésite pas à utiliser son marteau piqueur de la raison futile et gratuite pour détruire pierre par pierre cet édifice ridicule. Alors je pose cette question : pourquoi des générations entières perdent le contrôle de leur discours pour en arriver au point de rupture de la raison sous couvert d'avoir raison ? Je ne prétends pas connaître tous les tenants et les aboutissants d'un tel comportement, néanmoins j'en ai déjà esquissé quelques contours. Je vais exposer un cas pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de mon dernier passage en terre tunisienne, j'ai assisté à une scène particulièrement éloquente. Le contexte fut simple : trois générations de femmes se promenaient dans la rue. Quand la dernière âgée de 4 ans se mit à courir vers un landau, ravie de voir un nouveau né, le bambin se mit à secouer la poussette. La maman, assise au café, dit gentiment au petit monstre à deux pattes de ne pas s'accrocher sous peine de renverser le contenu, à savoir le bébé. Sans que je ne m'en aperçoive, le ton est monté, et ces femmes d'allure tranquille se changèrent en de véritables amazones des temps modernes. Nous pouvons pardonner aux dernières générations leur manque de repères mais la grand-mère, celle dont la sagesse doit faire jurisprudence, n'avait-elle pas mieux à faire que de disperser sa salive venimeuse agissant ainsi comme une dynamo du conflit ? Est-ce un manque d'intelligence de sa part ? Un point de rupture comportemental sous-tendu par une crise économique difficile ? Ou simplement l'envie de s'affirmer comme un chef de famille incontestable qui protège sa progéniture ? Eh bien il s'agit là d'un savant mélange des trois. Bien avant l'ère du « tout accessible », j'entends par ce terme la prolifération d'informations mondiales que déverse internet, un seul de ces trois critères qui découlent de ces trois questions se trouvait être l'axe dominant du comportement humain. Bien sûr, un &lt;em&gt;turn-over&lt;/em&gt; existe et, suivant le moment de sa vie, l'axe dominant est changeant. La tempérance était donc de mise car il y avait toujours un autre axe pour réguler la montée et le déversement du flot d'agressivité. Ces axes, qui sont au nombre de trois, quels sont-ils ? &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le premier se trouve être la culture, ou plutôt l'éducation ou l'éveil à la différence. La télévision et son flot de programmes attardés s'est bien vite chargée de remplacer la pratique pédagogique de la conduite en société par l'exhibitionnisme outrancier, le non respect des différences et la mise en abyme de l'utilisation d'autrui comme papier hygiénique de sa propre merde éducative. Ainsi, on se retrouve essuyé de toute valeur. Le second axe relate quant à lui la difficulté de se concevoir dans un espace donné. Avec la mondialisation et une économie qui nous échappe, la construction de soi est en proie à la dilution spatiale et on se perd dans un infini territorial. Et pire encore, le terrorisme mondial a créé un sentiment de méfiance et de peur envers notre environnement immédiat. Ainsi, on se retrouve amorphe, apeuré et sans aucune conscience de son espace de vie. Le dernier axe parle de l'emprise de la cellule familiale sur la conscience de son être. Ainsi on se retrouve dépourvu du sens et du devoir de la curiosité extra-familiale. Ces trois axes d'étude comportementales ont éclaté et par là même fusionné pour créer chez l'homme ce désir irrépressible de vouloir en découdre. Plus aucune régulation n'est possible et la violence finit par s'imposer comme unique moyen de communication viable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne conclurai pas ce courrier en donnant une idée des conséquences dramatiques de cette évolution du comportement humain. Je n'ai pas envie de jouer à Nostradamus néanmoins je laisse à chacun la liberté d'émettre ses propres hypothèses. Le temps se durcit, l'avenir devient sauvage et nous serons ensevelis par une brume épaisse aux lames tranchantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon regretté amant, Césàrio Callero, artiste, saltimbanque, qui tout au long de sa vie durant à cherché à rendre à ses semblables la vie agréable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un K.B endeuillé&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-6111289720021813661?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/6111289720021813661/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=6111289720021813661' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6111289720021813661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6111289720021813661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/11/machine-decoudre.html' title='Machine à découdre.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TOWUHy1IC1I/AAAAAAAAAM4/TmshQBCzl4I/s72-c/La-Machine-a-decoudre.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1650771037675597825</id><published>2010-10-25T17:32:00.002+02:00</published><updated>2010-10-25T17:36:32.546+02:00</updated><title type='text'>Stèle à Georges Frêche.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TMWj9QSkGRI/AAAAAAAAAMw/l_7A2ot84-8/s1600/book_cover_chien_blanc_50861_250_400.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5532007990034700562" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 194px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TMWj9QSkGRI/AAAAAAAAAMw/l_7A2ot84-8/s320/book_cover_chien_blanc_50861_250_400.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Maintenant déterritorialisé de sa région et plus généralement de la maison de l’être, Georges Frêche rassure les poules frigides du Parti Socialiste. Hélène Mandroux publiera ce mercredi ses gloussements politiques, précédés d’un commentaire composé de Martine Aubry, prémisses misérables d’un syllogisme de l’amertume. D’un côté restera la statue active qui savait parler, de l’autre la perpétuité d’une parole qui engloutit le moindre indice d’agir. Les obsèques du Roy mettront en scène la passivité normalisée des socialistes, ces éléphants qui se regrouperont au cimetière de leur contradicteur formel afin d’essayer de faire exister leur propre trépassement. Le PS a ceci de spécifique que c’est un parti qui ressuscite pour chaque fois décéder encore. Le guano aqueux du Phénix a vaincu l’incandescence du retour : l’oiseau s’est fait plomber et Georges Frêche est accusé d’avoir tiré un coup de carabine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme nous plaisait parce que l’homme était plaisant. Même dans la rigidité cadavérique il continue d’exercer une séquence causale puisque les socialistes, ex-sympathisants, veulent depuis hier prendre du recul. Autrement dit Frêche attire la compassion tout en suscitant la crainte. Le discours politique se réforme de lui-même, preuve que la cabale organisée que subissait Frêche n’était rien d’autre qu’un jeu de politique, un jeu de langage propre à satisfaire l’&lt;em&gt;homo ludens&lt;/em&gt;. Les « dérapages » de Frêche engendraient les grandes indignations trop médiatisées pour être sincères. Nul n’avait cru utile de raffiner sa critique en subodorant que les « sous-hommes » pouvaient l’être selon un angle nietzschéen – on aurait tellement apprécié que Frêche fût contredit de la sorte, ne serait-ce que pour donner une raison de rendre l’objection politique intéressante. En sautant à la gorge de Frêche, le PS voulait davantage se mettre en évidence que sauver la face des Harkis. C’est que le PS a été éloquent dans sa manière de faire équivaloir les propriétés de l’éléphant et celles du mouton. La trompe impuissante bêlait sa colère. Puis le mouton se noircissait en grisonnant. Ne nous manque plus que le « chien blanc » de Romain Gary pour venir mordre ces chevilles. Ce mercredi, à Montpellier, nous prions donc un audacieux trouble fête de lâcher parmi les vestes noires du PS un bichon enragé. On se délecterait d’une Martine Aubry bondissante (enfin !) parce que poursuivie par un bichon belliciste. En aparté, Ségolène Royal préparerait une action brave…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, Frêche a fait de Montpellier un Saint Empire extensible. Comme un fait exprès, s’ouvre aujourd’hui le tournoi Open Sud de France, qui doit énormément à la contribution impartiale du « baron ». L’intensité tennistique condense l’œuvre urbaine de Georges Frêche : il avait su prendre la balle politique au sommet du rebond pour étouffer son adversaire en fond de court. Frêche montait au filet, coupait en revers un &lt;em&gt;passing&lt;/em&gt; mou, laissant sur le carreau les éléphants amorphes qui frappent en reculant – gros défaut du tennis quand on débute. La métaphysique nous enseigne que les « particuliers amorphes », à trop vouloir faire l’économie de propriétés et de relations postulées et/ou réfléchies, manquent abominablement de structure. Aubry, Royal, Fabius, Hamon, ce ne sont que des particuliers amorphes, déstructurés, sans relations apparentes entre eux, y compris les relations les plus élémentaires. Eux aussi ne faisaient que réagir à Georges Frêche dans la mesure où ce dernier produisait l’énergie nécessaire à toutes les réactions qu’il avait probablement anticipées. Or dès qu’on parle de nécessité, on se permet de dire que ce qui est nécessairement vrai l’est dans tous les mondes possibles. Ainsi, même dans le monde &lt;em&gt;sur-naturel&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;hyper-physique&lt;/em&gt; de la mort, Georges Frêche subsiste en tant que force vive. Le lecteur verra mercredi des opportunités de ruminer cette métaphysique martelée. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Bouachiche, K. Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1650771037675597825?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1650771037675597825/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1650771037675597825' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1650771037675597825'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1650771037675597825'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/10/stele-georges-freche.html' title='Stèle à Georges Frêche.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TMWj9QSkGRI/AAAAAAAAAMw/l_7A2ot84-8/s72-c/book_cover_chien_blanc_50861_250_400.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-7182505429908893055</id><published>2010-10-15T23:51:00.002+02:00</published><updated>2010-10-15T23:58:34.000+02:00</updated><title type='text'>Sur une vague contestation lycéenne.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TLjOf6vr-SI/AAAAAAAAAMo/t4-G261EckM/s1600/1708831126.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5528395590337820962" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 223px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TLjOf6vr-SI/AAAAAAAAAMo/t4-G261EckM/s320/1708831126.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous avons à dire des choses sur l’émergence des lycéens dans les conflits sociaux. Ce sont à notre avis des fous qui ne savent pas ce qu’ils font. Comment des raisons qui ne sont pas encore adultes peuvent préférer les vociférations urbaines à la chance d’apprendre à connaître ? L’accessibilité à l’école, en dépit des contenus scolaires qui dépérissent, doit être préférable à une revendication qui touche de très loin l’état de nature des adolescents anté-bacheliers. Le lycéen ne comprend guère que les fonctionnaires ne feront plus jamais une grève générale parce que le système est quand même trop bon pour qu’on veuille le réformer à la proportionnelle des revendications. Autrement dit, plus on met de la voix, moins on agit. Le sens même de la grève reconductible dilue la possibilité d’une grève continuée. &lt;strong&gt;Les lycéens deviennent alors une caution épistémologique pour des grévistes mous : en descendant battre le pavé, ils déraisonnent à la place de ceux qui devraient les raisonner, et du même coup ils infligent à la grève un coefficient d’action que les fonctionnaires approuvent à distance&lt;/strong&gt;. Les uns risquent de saccager une fois de plus leur année scolaire quand les autres leur diront que les examens doivent quand même être soutenus. On sait pertinemment que le professeur rebelle finira toujours par revenir à son lieu naturel. Il en est de même pour les étudiants chevelus qui font mine de se rebeller : comme ils sont en dernière année de licence ou vaguement agrégatifs, on leur suppose malgré tout un degré de fayotage qui ruine leurs intentions phénoménales. Toute grève, ainsi, exténue sa phénoménalité en espérant dissimuler un maximum de temps son essence ou, si l’on préfère, sa nature. Le gréviste moderne n’est rien d’autre que le meilleur rempart du système. Et le lycéen qui fomente les réunions publiques en tapotant sur son I-Phone insulte le gréviste potentiel qui travaille sans avoir les moyens de socialiser à travers des expédients technologiques. En outre, toute technologie, dans les grèves, fonctionne à l’instar d’un détour, d’une mise à distance, bref d’un retardement de l’action véritable qui agira comme condition nécessaire et suffisante d’une crédibilité de la revendication. Ces opinions qui ne prétendent pas être pleines de savoir constituent une relative sympathie pour Jean-Luc Mélenchon, à ceci près que nous ne faisons que citer un nom de commodité pour un avis qui soutient quelque chose de radicalement nouveau : &lt;strong&gt;la politique du savoir apprendre à vivre autrement que comme un réagissant&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lycéen incarne la déclinaison aggravée du gréviste réactif. Nous n’avons dans les rues que des réactifs amorphes. Comment peut-on croire à des gens qui se plaignent et qui finissent par retourner travailler, le tout de façon cyclique, presque liturgique ? L’actif, au sens nietzschéen, aurait sans aucun doute fait ses valises pour tester son hypothèse ailleurs. L’actif n’a pas besoin d’un syndicat qui, de toute manière, réagit pour mieux prendre le contrôle des grèves. Les syndicats étouffent la puissance d’action des gens concernés. Ils entravent l’élargissement de la réflexion en cantonnant les exceptions sociales à des schémas narratifs trop généralisés. Or si l’exception devient le général, les lois du marché peuvent se réajuster sans peine. Au contraire, &lt;strong&gt;si nous avions des grèves spontanées, &lt;em&gt;dé-syndicalisées&lt;/em&gt;, nous serions alors en mesure d’éprouver une politique dans ce qu’elle a de plus fragilisé, à savoir sa faculté d’improviser&lt;/strong&gt;. En France la grève est un calendrier prévisible avec ses années bissextiles. Pas de quoi s’inquiéter. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le lycéen, aussi curieux que cela paraîtra au lecteur, est prêt à ensanglanter la rue de ses plaies multiples, à se solidariser à l’ouvrier, mais une fois que le temps officiel de l’orientation viendra, il délaissera le monde ouvrier pour espérer secrètement (voire ostensiblement) rejoindre le monde si décrié de la fonction publique. En admettant que la fonction publique ait été dégradée par les décisions du gouvernement, comment expliquer la force d’attraction que ces secteurs exercent toujours ? Pourquoi les concours de recrutement de l’enseignement rencontrent-ils un succès infaillible malgré les critiques insatiables ? Il doit y avoir dans les coulisses d’un quelque part un argument irrationnel que nous n’osons formuler. Disons que nous le comprenons en ces termes : la fonction publique brandit l’étendard de la solidarité quand cela l’arrange, dans le seul objectif d’augmenter l’étendue de sa subjectivité; ce qui fait que la fonction publique se constitue comme Sujet désireux de se préserver à tout prix en prenant la plupart des autres pour des ustensiles en vue de parvenir à cette fin objective. De même chez le lycéen gréviste : on fera attention de « présenter bien » durant les manifestations, cependant on fera attention de rattraper le cours pour le contrôle de physique-chimie de la semaine prochaine. Cela démontre bien que &lt;strong&gt;le gréviste pèlerin a son arrière-monde tandis que le gréviste authentique n’a rien que le monde qui est véritablement celui de tous mais qui semble délaissé par des poignées d’opportunistes&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La lycéenne paradigmatique, arborant autour de son cou le keffieh de Yasser Arafat, c’est la même que vous retrouverez à faire des fellations intéressées dans un IUFM d’ici quatre ou cinq ans. Elle aura crié, elle aura fait sa poissonnière partisane, mais désormais il lui faudra entrer dans la fonction publique car cette fonction si repoussante l’autorisera à se remettre en grève religieuse, à élever ses enfants, et finalement à perpétuer un principe de réaction qui est incompatible avec le système d’une vie sincèrement créatrice et active. &lt;strong&gt;Nous le redisons alors : il n’y a pas de grévistes dans les rues, il n’y a que des gens en pèlerinage qui entretiennent un arrière-monde qui nie des exceptions pourtant indispensables à la survie d’un « nous concret »&lt;/strong&gt;. De plus, la répétition inlassable d’un processus revendicatif qui ne fonctionne plus, c’est bien la preuve ultime que l’esprit de création a cédé le pas à un esprit de la complaisance qui, au fond, s’amuse bien dans ces petites festivités urbaines, précédant la fameuse soirée télévision où tout le monde s’apaise et s’endort. À Noël, tout ceci sera oublié, les enfants des grévistes seront quand même gâtés, et Dora l’Exploratrice fera la fierté de ceux qui agissent moins qu’une petite merdeuse fictive et assurément frigide. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Professeurs Bouchiche, Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-7182505429908893055?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/7182505429908893055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=7182505429908893055' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7182505429908893055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7182505429908893055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/10/sur-une-vague-contestation-lyceenne.html' title='Sur une vague contestation lycéenne.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TLjOf6vr-SI/AAAAAAAAAMo/t4-G261EckM/s72-c/1708831126.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-5175756126901588186</id><published>2010-10-05T16:20:00.004+02:00</published><updated>2010-10-05T20:14:03.167+02:00</updated><title type='text'>Il y a longtemps que nous aimons Philippe Claudel et que nous détestons Beigbeder.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TKs3oQ69z3I/AAAAAAAAAMg/my2qnmX_id0/s1600/hc_philippe_claudel_et_fille.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5524570532776628082" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 310px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TKs3oQ69z3I/AAAAAAAAAMg/my2qnmX_id0/s320/hc_philippe_claudel_et_fille.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Chers lecteurs,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant nous avions émis des critiques sévères envers Ariane Fornia – et plus spécifiquement sur ce dont « elle est le nom » au sens où Badiou pose la question pour Nicolas Sarkozy –, autant nous ressentons le devoir moral de nous attarder davantage sur le cas d’un écrivain qui, à défaut de pouvoir encore se réfugier derrière un degré certain d’incertitude, déchire le paysage littéraire français. Cela veut dire que mademoiselle Fornia est éligible dans la critique lorsqu’elle admet humblement s’essayer à la constitution d’une œuvre, ce qui revient à dire qu’elle est provisoirement sauvée, contrairement à celui que nous ne pouvons même pas appeler son homologue tant il se situe au plus faible niveau de la nervosité créative. Nous voulons donc prendre de notre temps pour remettre à sa juste place Frédéric Beigbeder – nous entendons la justesse de sa place dans son acceptation purement morale : l’éthique ancienne, dont la contribution d’Aristote a livré de bien belles pages, stipule que la finalité des individus s’exprime par le déploiement des dons naturels, que ces derniers soient pour faire de la politique ou soulever des pierres; par conséquent la justesse est atteinte quand la fonction de chaque individu s’accorde avec l’ordre de la nature cosmique – l’individu s’est éloigné des extrêmes de la démesure afin de trouver son milieu naturel, ou pour ainsi dire sa plus haute vertu. &lt;strong&gt;Le cas de figure de Beigbeder est très intéressant puisque l’auteur injustement consacré abuse de la démesure depuis presque toujours : il est dans une croyance de vertu alors même qu’il passe d’un extrême à l’autre, sans autre argument d’existence que celui d’un arrivisme décomplexé, situation commune à tout personnage en quête d’un peu de révolution dans un système qu’il soutient malgré lui.&lt;/strong&gt; La &lt;em&gt;rebéllocratie&lt;/em&gt; a de quoi prétendre à l’immortalité. C’est précisément parce qu’elle est &lt;em&gt;kratos&lt;/em&gt; qu’elle échoue à fonder sa crédibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beigbeder a récemment publié dans &lt;em&gt;Le Figaro Magazine&lt;/em&gt; une chronique lapidaire (comme tout ce qu’il fait faute d’avoir véritablement quelque chose à développer) qui se donne pour noble mission d’être une didactique du roman. En d’autres termes, en s’attaquant au romancier Philippe Claudel, le très professoral Beigbeder indique les erreurs « classiques » qui feraient qu’on raterait nécessairement l’écriture de son roman – et qui font nécessairement que Claudel aurait raté le sien avec brio. Le frivole Beigbeder inventorie sept points à éviter, sept points que nous voulons successivement discuter en réunissant leur contenu en cinq parties complémentaires (comprenez ainsi que Beigbeder se répète au moins deux fois malgré son allure d'homme pressé) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1/ Apparemment, point crucial, Claudel aurait manqué la vocation typique du romancier du seul fait qu’il est professeur de lettres. Il suit de là qu’une didactique chercherait à s’opposer à une autre, fruit d’une querelle mise sur le tapis par Beigbeder, puisque celui-ci propose sept leçons providentielles pour se sortir des grands défauts littéraires. Conclusion : le romancier se doit d’être indépendant des règles les plus formelles, complètement autonome, faisant toujours confiance à la fécondité de son égo – on aurait alors tellement espéré que Beigbeder aille plus loin dans sa démonstration, qu’il contacte le rédacteur du &lt;em&gt;Figaro Magazine&lt;/em&gt; à dessein d’augmenter son espace argumentatif et typographique. En conformité avec ce qui précède, avec l’intention formelle de Beigbeder, on lui conseillera donc comme lecture fondamentale &lt;em&gt;La critique de la faculté de juger&lt;/em&gt; de Kant. Il y apprendra deux choses : que l’antinomie du goût pose les jalons d’une discussion en toutes choses de l’art en dépassant les apories du « j’aime / j’aime pas » binaire, et que &lt;strong&gt;les paragraphes consacrés au génie ne posent pas que la génialité fait rupture avec les œuvres potentiellement moins réussies&lt;/strong&gt;. Au contraire, le génie kantien organise un surplus de communication en schématisant les confusions qui feraient que le public se situerait encore dans la confusion du « j’aime » et du « j’aime pas », visiblement le mode de réflexion choisi par Beigbeder – je n’aime pas que Claudel soit professeur de lettres, donc je pars de ce principe apodictique qu’il aurait usurpé sa fonction naturelle de romancier. Si nous retournons l’argument à la biographie de Beigbeder, &lt;strong&gt;nous obtenons que son milieu bourgeois l’aura naturellement propulsé vers ce coefficient d’indépendance où seul le talent naturel s’exprime, détaché de toute contrainte, et absolument certain de réussir chacune de ses entreprises livresques&lt;/strong&gt;. Or Beigbeder serait bien aise d’apprendre que même le génie de Kant n’est nullement dispensé de recommencer et de retravailler son ouvrage, bref que le génie est quand même un travailleur acharné qui prend en considération la supériorité de la beauté naturelle avant de venir faire le petit prétentieux sur l’œuvre de ses confrères. À la limite, si le piètre auteur et chroniqueur désirait embaucher un avocat, il pourrait trouver de la matière dans les formules tapageuses d’un Vauvenargues. Résultat sans appel, par conséquent : selon Beigbeder, même Daniel Pennac et Philip Roth ont raté leurs romans. Que dira-t-on si, dans deux jours, Roth obtient le Nobel de Littérature ? On souhaitera ardemment voir Beigbeder monter au créneau. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;2/ Le deuxième argument subodore que Claudel aurait eu la tentation de devenir oisif après la réception d’un prix littéraire. Cet argument se complète avec le troisième qui dit rigoureusement la même chose par rapport au succès du film &lt;em&gt;Il y a longtemps que je t’aime&lt;/em&gt;, primé par un César. Si nous en croyons Beigbeder dont l’existence a été si grandement dissolue (tout le monde connaît son ascension absolument méritocratique), le film de Claudel « dégoulinerait de bons sentiments ». Voilà spécifiquement un monsieur qui ne connaît rien au sujet de ce dont il tente de parler en assénant les bonnes leçons, en l’occurrence du milieu carcéral et de ses périphéries qui était le sujet principal du film ci-devant accusé. &lt;strong&gt;Il est pourtant notoire que bon nombre de connaisseurs et de fonctionnaires du milieu carcéral ont approuvé le traitement limpide et pudique de Claudel, qui n’a pas cherché à déborder la conscience du spectateur, mais qui a plutôt préféré cueillir une émotion quitte à la restreindre à un quotidien malheureusement beaucoup partagé – chose que ne saurait connaître Beigbeder puisque ses petites virées « illicites » sont loin de représenter une maxime de l’action fondamentalement morale&lt;/strong&gt; (on le renverra ici aux &lt;em&gt;Fondements de la métaphysique des mœurs&lt;/em&gt; – encore Kant ! &lt;strong&gt;À croire, donc, que Beigbeder aurait de sérieux problèmes avec la moralité et sa manière de se constituer des lois, surtout des lois qui exigent des exceptions uniquement pour soi&lt;/strong&gt;). &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;3/ Il suit de là que Beigbeder s’enlise dans la contradiction. Il affirme ensuite que Claudel aurait choisi pour son roman &lt;em&gt;L’enquête&lt;/em&gt; un sujet auquel il ne connaît rien. On repère ici le priapisme de l’égo dont souffre Beigbeder, c'est-à-dire qu’il soutient explicitement cette théorie obsolète qui prétend que toute émotion d’artiste est chaque fois connectée à l’idée qui lui correspond en perfection; autrement dit il défend que l’authenticité véritable consiste en une recension maladive des expériences de sa petite vie, et rien que de ces expériences particulières et subjectivées à l’envi. Dommage pour Beigbeder mais il semble que pas mal de monde se moque des tribulations d’un arriviste petit-bourgeois, ou du moins que sa littérature pseudo-séditieuse tombera dans l’oubli aussi promptement que ses manières d’exister sur l’espace public. &lt;strong&gt;Car du seul point de vue sociologique, Philippe Claudel, par son premier métier d’enseignant, est sûrement plus utile qu’un Beigbeder gesticulant à tort et à travers des absurdités qui ne se soutiennent pas elles-mêmes&lt;/strong&gt; – ou alors qui sont soutenues par quelques médias corrompus et plusieurs consciences malades, ou plutôt par plusieurs consciences qui admirent Beigbeder dans l’espérance de lui ressembler un jour, ce qui est extrêmement grave. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;4/ La suite de la critique non kantienne de Beigbeder tient lieu de spéculation psychanalytique : Claudel se prendrait pour Buzzati. La puissance de l’argument est si renversante qu’on ne voit pas, au premier abord, comment répondre à une telle surbrillance. Apparemment, à supposer que Beigbeder ait construit sa chronique comme un &lt;em&gt;Traité pour réussir son roman&lt;/em&gt;, il adjoint à sa psychanalyse d’emprunt le fait que Claudel aurait échoué à travailler ses personnages puisque les personnages en question ne portent pas de noms – ils ne sont que des substantifs. Ceci suffirait à dire que Claudel a taillé des personnages unidimensionnels, ce qui est, convenons-en, très faible. Retraduit dans le langage de Beigbeder, on obtient ceci : tout roman potentiel qui n’est pas celui de Claudel sera supérieur au roman prétendument raté de Claudel en cela que ses personnages auront une identité administrative, qu’il connaîtra son sujet dans les moindre détails (Proust, on le sait bien, connaissait parfaitement l’essence de la jalousie vu la qualité de ses relations sociales…), et surtout qu’il ne sera pas écrit par un pauvre professeur de lettres qui « nous prend pour des cancres ». Encore une fois, sur la seule identité des personnages, il faudrait renvoyer Beigbeder dans un cours de philosophie de la littérature : &lt;strong&gt;la lecture attentive du problème de l’identité chez John Locke devrait lui apprendre que le versant administratif n’est probablement pas un critère décisif pour parler de quelqu’un en nature et en épaisseur&lt;/strong&gt;. Mais cela vient probablement du fait que Beigbeder applique une morale antique (au sens exigu puisque &lt;em&gt;L’Éthique à Nicomaque&lt;/em&gt; introduit la notion de prudence qui ouvre à une conception de l’égalité plus fine) alors que &lt;strong&gt;Claudel ne prétend appliquer aucune moralité, ni faire la morale, et encore moins la leçon, ce qui nous laisse penser qu’il exemplifie assez allègrement le modèle de la moralité kantienne&lt;/strong&gt;. Soit : Beigbeder nous ennuie dans son essai d’omnipotence tandis que Claudel fait de la morale en dormant, ce qui est tout de même beaucoup plus noble. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;5/ Enfin, le meilleur, Beigbeder nous offre une sentence sur la littérature engagée, sur le fait que Claudel se serait cru investi d’une mission et que cela serait tombé à l’eau à cause d’un trop plein d’ostentation. Décidément ce Beigbeder est génial dans sa capacité d’autodestruction : croit-il que nous ne comprenons pas en quoi sa littérature est une excroissance de son égo qui espère par là même reformuler l’unidimensionnalité dont il n’a toujours pas guéri le moindre stigmate ? &lt;strong&gt;Le comble de sa vulgarité a probablement résidé dans la mise en scène du drame du 11 septembre 2001 : nous ne doutons pas que Beigbeder connaissait quelque chose de son sujet…&lt;/strong&gt; Pourtant des critiques largement moins gentils que nous auraient apprécié que Beigbeder se trouvât effectivement dans les tours ce jour-là. Nous souhaiterions donc, à l’avenir, davantage de consistance dans les DRH des magazines culturels. Remplacer Beigbeder par Claudel serait un commencement bienvenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vous priant, si possible, de faire relayer ce message le plus largement, ne serait-ce que dans une volonté de rendre plus salubre le paysage littéraire français. Car, dans le fond, notre intention est d’alarmer sur l’existence et la prolifération des gens comme Beigbeder dans notre paysage culturel en général. Et aussi, de manière partisane, parce qu’il y a longtemps que nous aimons Philippe Claudel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Professeurs Bouachiche, Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-5175756126901588186?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/5175756126901588186/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=5175756126901588186' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5175756126901588186'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5175756126901588186'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/10/il-y-longtemps-que-nous-aimons-philippe.html' title='Il y a longtemps que nous aimons Philippe Claudel et que nous détestons Beigbeder.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TKs3oQ69z3I/AAAAAAAAAMg/my2qnmX_id0/s72-c/hc_philippe_claudel_et_fille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-9155862889172661731</id><published>2010-09-08T09:32:00.004+02:00</published><updated>2010-09-09T09:13:33.494+02:00</updated><title type='text'>Quotations 4.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TIc88t9o27I/AAAAAAAAAMY/fjcq58N_OUA/s1600/1controversial-gal-texas-chainsaw-massacre.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5514443282566405042" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 192px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TIc88t9o27I/AAAAAAAAAMY/fjcq58N_OUA/s320/1controversial-gal-texas-chainsaw-massacre.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;L'aptitude à s'isoler est importante dans la construction d'une réflexion saine. Une fois cette réflexion construite, on peut aisément passer l'épreuve de la diffusion et de la contestation qui en découle afin de s'ajuster au plus près de la réalité sociologique. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le minaret, en soi, n'est pas dérangeant pour les politiques révisionnistes suisses, il est au contraire une perche pour à nouveau envisager de faire appliquer des valeurs prudes. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dispose d'une faculté de tomber dans le crétinisme dès lors que nos idées rationnelles sont soumises au système de la peur. Inversement, lorsque nous sommes davantage dans le domaine de la raison, nous avons une tendance naturelle à nous rattacher au moindre fait que l'on juge réel. Ceci nous reconduit ainsi au domaine du raisonnable et par conséquent au domaine du supportable. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut reconnaître que les défauts des établissements de l’enseignement supérieur se condensent principalement en ceci qu’ils sont saturés de théories, lesquelles finissent par ne plus comprendre le rapport qui les unit à leurs domaines d’application. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je soutiens que le pouvoir gagne à enfanter de la bêtise. Le processus est d’autant plus convaincant que la plupart des femmes enfantent déjà de la bêtise dans la façon qu’elles ont de s’imaginer que neuf mois de gestation équivalent à neuf mois de discours prospectifs à propos de &lt;em&gt;ce que devra être l’enfant&lt;/em&gt;. On comprendra dès lors qu’une fausse couche, voire un nourrisson morphologiquement inadéquat à toutes ces représentations poussives et non conformes au principe de réalité robuste, peuvent détruire neuf mois de bonheur préfabriqué et être causes de frustrations létales. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les peuples d’abrutis ne se posent pas les bonnes questions, donc il faut que le pouvoir propose des questions de substitution, et ces nouvelles questions sont établies en fonction des revendications populaires que l’on entend dans les rues. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les militaires du plan Vigipirate ont tout à fait le droit de répondre par la peur en provoquant la terreur dans le métro d’une façon très simple, c'est-à-dire en devenant eux-mêmes des agents du terrorisme organisé. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes sont toujours prêtes à quitter le discours féministe si un homme leur promet un carrosse rempli d’enfants avec un cocher passif sur le siège conducteur. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes se doivent de reprendre en main la non-pertinence de leurs engagements sociaux : moins de cosmétologie et davantage de logique est une première prescription que je fais. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’engouement populaire pour ces vies labourées en Haïti depuis des années par le tracteur du profit avec le regard inquisiteur de la compassion me donne le cancer des émotions. Est-ce que je remets en cause le bien fondé de ces grossistes politiciens qui n’y voient qu’une stratégie géopolitique ? Oui. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les organes de presse restent des déchets toxiques dont le recyclage est devenu impossible. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tragédie haïtienne n’est que la vitrine d’un « &lt;em&gt;baby shop&lt;/em&gt; » où le Blanc bien intégré avec une morale à deux sous cherche à adopter un petit Noir pour être raccord avec sa sacoche en cuir. Le fondement de cette déviation est la conception même de l’économie. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce séisme en Haïti est un véritable renouveau, une chance à la population locale de se réinventer un système plus juste. Mais nous n’en arriverons pas là parce que les ONG font du business avec la souffrance afin que les pauvres petits Blancs se sentent utiles dans leurs vies si pathétiques et si misérables. Il est facile d’envoyer un message surtaxé pour libérer la conscience de son ignorance. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant les camps de la mort, les nazis ont eu cette idée magnifique de recycler les corps des Juifs qu’ils tuaient à la chaîne. L’idée merveilleuse de faire du papier avec de la peau, et du savon avec de la graisse, est prodigieuse d’avant-garde. Ces hommes ont eu le courage d’aller au fond des choses en proposant une véritable pensée inconsciente, c’est-à-dire cette pensée que l’être humain « inférieur » devait servir à la production active de l’homme Blanc. Certains prendront ces propos au premier degré mais je n'en ai que faire. Ne soyons pas dupes : il est obligatoire, dans l'ordre établi des Occidentaux, que les hommes à la couleur de peau sombre doivent mourir par dizaines pour maintenir le train de vie d’un seul homme Blanc. C’est une logique de marché et nous n’y pouvons rien. Ainsi le séisme en Haïti n’est qu’un remède à la crise monétaire mondiale. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une vision plus proche de notre environnement direct représente la garantie durable d'une réflexion saine et d'un développement social équitable. Je disais hier qu'une tectonique des comportements humains existait, j'affirme aujourd'hui qu'un compostage des vies misérables est nécessaire dans la logique de marché capitaliste. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Placer un séisme au sommet de la hiérarchie des maladies nationales est une stratégie d’épargne. Comme la paupérisation par les circuits économiques est régulière en comparaison des tremblements de terre, on surexploite l’occasion en éclipsant les véritables erreurs morales – on fabrique littéralement plusieurs éclipses médiatiques, étirant le phénomène à son potentiel maximum, c'est-à-dire par la publicité des concerts de charité où l’homme blanc vient davantage pour écouter de la musique que pour se soucier en plein du problème; en outre on attire du monde, me semble-t-il, par des procédés d’attraction plutôt que par des procédés de répulsion, ce qui ne fait que confirmer l’hypocrisie de ces manifestations. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Web agrège des communautés d’opinions qui ne tolèrent pas la présence d’opinions contradictoires – le forum recense les éloges d’une star du cinéma et bannit ceux qui s’inscrivent pour remettre en question l’objet d’une pareille adulation; Facebook fragmente le dialogue en présentant des milliers de groupes qui s’invectivent les uns les autres dans l’optique d’une acquisition de reconnaissance virtuelle faute de pouvoir disposer des moyens et de la force nécessaires à la possibilité d’une action réelle; Wikipédia se vante de mettre la connaissance à portée de tous et l’on cache les insuffisances de ce média en nourrissant l’argument simpliste de la culture qui doit être accessible au plus grand nombre. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nazis contemporains n’ont pas de cible, ils veulent tout. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’appelle nazisme auto-normatif une imprégnation de la conscience qui finit par appliquer au monde des volontés non discutées, à savoir des volontés qui exigent des exceptions de la nature pour elles seules. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté, concept si élastique, ne veut rien dire si c’est pour en faire un usage de bohémien. Tout aspirant au voyage ferait donc mieux de savoir voyager en sa rue avant de prétendre conquérir des territoires dont il n’a qu’une idée théorique. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet se traduit finalement comme la nouvelle lutte des classes. Un combat pour le pouvoir, seule forme omnipotente de reconnaissance et de revalorisation de soi. Nous avons donc une véritable déperdition dans l’approche constructive du soi. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui nous existons par l’exposition de nos actes séculiers les plus basiques. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook est un tatouage de nos vies que nous ne pouvons enlever, une aliénation à notre passé comme ces vieux bikers américains qui arborent sur leur avant bras des jeunes filles en bikini, devenues toutes fripées avec l’usure des années. En conséquence de quoi le contrôle de nos évolutions est ainsi engagé. Nous ne pourrons plus nous excuser de nos erreurs passées, nous aurons à jamais une empreinte indélébile de nos vies. Peut-on avoir une idée de la force destructrice de ne pas pouvoir oublier ses actes regrettés ? (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut croire qu’une technologie comme internet a décimé le monument de l’homme. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’adolescent un peu laid s’invente un bikini pour évacuer le petit lait qui se caille. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet soulage toutes les volontés pendant que l’intellect subit la jachère. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’intelligence est pouvoir d’objectivité; constamment menacée par les bassesses du vouloir, l’intelligence s’épuise et finit par se confondre en un cerveau de chien errant. Où l’action n’a plus de valeur dans l’agir car le sujet est déconnecté du monde objectif, ce même sujet, tel le chien qui se promène en poursuivant l’odeur des poubelles, marque des territoires. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la morale de l’action succède la morale de l’attraction de soi : internet permet à chacun de se prendre pour une entreprise qui a pouvoir de décider qui elle embauche et qui elle licencie. L’attraction de soi n’est que plus effective si un statut Facebook vient faire office de redondance. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ne puis-je parler à un étudiant ? Parce que je sais qu’il ne sait pas, alors je voudrais qu’il le sache et qu’il ne vienne pas me déranger. L’étudiant, en sachant son ignorance, réussira à réanimer son intelligence sous sédatifs. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimerais qu’une hémorragie de neurones emplisse les phallus pour que les saillies soient épistémologiques. J’aimerais que la crasse nullité des femmes se guérisse par des sodomies informatives. Mais cela n’est pas vraiment envisageable. Les femmes s’habillent en vagins disponibles, semblables les unes aux autres, exigeant de certains chefs qu’ils leur fassent signer un contrat longue durée. Mais puis-je vraiment choisir dans le semblable ? On me demande donc de préférer une prostituée à une autre, ce que je ne saurais faire. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un décalage maladif entre la profusion des actions virtuelles et la rareté des actions effectives. Le seul moyen d’exister dans le dehors, c’est de mourir. Je préconise donc le suicide des avatars. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’anorexique, dont le corps est moins visible que sa copine éventuellement boulimique, doit encore plus que les autres chercher le spectaculaire de sa fin. Un petit corps, ainsi, doit réfléchir davantage : déjà qu’il est relativement invisible aux yeux de la société hypocrite, il est nécessaire que sa petitesse adopte un moyen de reconnaissance ostensible. Si donc des anorexiques venaient à lire ce message, je leur conseille d’aller se noyer dans les fontaines catholiques où l’on jette des pièces à destination de son intercesseur chérubinique. Non seulement elles feront hommage à Notre-Dame des Douleurs, mais en plus elles gonfleront sous l’effet de la noyade, ce qui leur donnera la consistance qu’elles n’avaient point dans l’existence en même temps que cela épouvantera les âmes. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Afrique du Nord est plongée dans une attente coloniale, ainsi elle est plus encline à accepter certains changements de la mondialisation. Alors que l’Europe, ayant déjà atteint une dissolution économique provoquant la perte de repères de ses concitoyens, ceux-là ne trouvent qu’un réconfort dans la pratique d’une religion intégriste. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que l’espace public soit viable à travers un « nous » concret, il est nécessaire que l’État soit libéral au sens plein du terme. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout individu doit manifester un moment clé de son existence : la rupture familiale, la &lt;em&gt;défamiliarisation&lt;/em&gt;. Cette défamiliarisation peut prendre la forme d’un accouchement douloureux où l’on cherche à recréer de façon plus solide les coutumes familières auxquelles nous avons été habitués. Par conséquent ces coutumes peuvent se révéler plus profondes, plus dangereuses, et finalement plus intégristes. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La curiosité se perd dans les méandres tue-mouches que représente la télévision. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La population d’Amérique du Nord, confrontée à un envahissement publicitaire quasi permanent, s’endort elle-même dans une sorte d’euthanasie collective consentie. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cerveau est pervers en ce sens qu’il introjecte des quantités d’images sans que nous puissions deviner son degré de tolérance. De ce point de vue, je dirais qu’une boulimie-anorexie cérébrale remédierait au problème. Autrement dit nous devons apprendre à notre cerveau à se faire vomir, ce qui correspond ni plus ni moins à se faire violence, à refuser l’idéalisme outrecuidant de la publicité, à ne plus croire que la maison familiale est pacifique quand on signe certains contrats de confiance. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit Kévin ne se pose même plus la question de savoir ce qu’est en réalité le Coca-Cola; le Cola, il en consomme comme s’il s’agissait de légumes. Nous assistons donc à la naturalisation de produits artificiels consommables qui deviennent des sortes de concepts immuables. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La télévision est organisée en obédiences religieuses très codifiées, en conséquence de quoi passer de l’une à l’autre chaîne peut entraîner des conséquences aussi graves que l’abandon de son culte. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La télévision se définit comme le meilleur moyen de contraception. Je me demande pourquoi Benoît XVI n’y a pas pensé plus tôt. J’irais même plus loin : la télévision et tout ce qu’elle comporte rend stérile tout individu qui s’y perd. Maintenant l’écran de télé ou d’ordinateur est devenu le seul moyen de communication viable entre individus, provoquant ainsi la perversité poussive d’être visible et invisible simultanément. Nous ne pouvons nous affirmer ni nous accomplir dans un monde virtuel. Néanmoins le monde réel tend à disparaître par l’élargissement des moyens technologiques de communication. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne faut pas s’étonner que la culture française se sclérose lorsque celle-ci est menée par des élites douteuses dont l’incapacité à sortir de son rang est plus que grandissante. Il est aisé chez ces gens de colporter quelques préjugés que leur milieu ressasse sans arrêt. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Intégrer une école telle que l’ENS est déjà en soi un aveu de stérilité littéraire. S’il existe une France de l’assistanat, elle se trouve bien ici. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est évidemment délétère de croire qu’une littérature est en gestation dans des milieux où l’ensemencement est réalisé &lt;em&gt;in vitro&lt;/em&gt;. Il résulte de ces schématisations une psychologie de l’oie, et il est malheureux de penser que les oies d’aujourd’hui sauveront Paris comme celles d’hier ont sauvé Rome. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus un pays compte un passé riche, plus il est difficile de s’en arracher et de prolonger de façon novatrice sa pensée. Lorsque nous sommes trop vieux, notre vision se raccourcit et nous ne sommes plus capables de reconnaître dans des zones qui ne nous sont pas familières des êtres à la destinée prometteuse. Il est rassurant, donc, pour un pays comme la France, de compter sur ce rouage immuable qu’est l’Éducation Nationale. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il serait sociologiquement et philosophiquement intéressant de voir des hordes ensauvagées pénétrer dans les lieux communs du savoir afin de le bousculer. Le savoir universitaire manque cruellement de mouvement en ce sens qu’il se repose. Appelons alors au viol des Universités ne serait-ce que parce que l’Université est de moins en moins excitante. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Grandes Écoles ont ce défaut de se cloisonner sur elles-mêmes, et les Universités ont ce défaut de croire que les Grandes Écoles leur sont supérieures, et donc les Universités ont une tendance à se cloisonner dans cette intuition de l’excellence qui se protège de toute intégration surprise. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeff Koons veut, à travers son œuvre, rendre l’art accessible à tous. Mais cela ne galvaude-t-il pas l’essence même de l’art ? À savoir que transcrire le quotidien avec recul tout en étant enchaîné à ce quotidien serait cette essence. Je m’oppose fermement à la thèse de monsieur Jeff K. et j’affirme que la pratique plastique doit s’inscrire non pas dans une simplicité de l’œuvre mais dans un côté ludique de l’œuvre. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je défends l’art contemporain vis-à-vis de son affranchissement du figuratif d’une part, et d’autre part vis-à-vis de sa faculté à exprimer du dialogue là où l’on ne paraît voir en premier lieu que le monologue d’un artiste égocentrique. L’art contemporain, à mon humble avis, collabore avec le public en ce sens qu’il ne revendique aucun réquisit, aucune trajectoire idéologique, et certainement aucune manière de bien voir ce qu’il faudrait effectivement y voir. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’art, comme la philosophie, ne peut pas être pris à la légère. Un minimum d’investissement est requis. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’aspect pragmatique de l’art annonce une réhabilitation de la prosopopée non plus comme figure de style mais comme exercice ludique. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’état des toilettes des musées, propres et dépourvues de tout graffiti et d’expression corporelle, justifie que le système institutionnel en place a définitivement gagné sur l’expression des artistes, et de surcroît sur celle du public. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;Les rencontres sexuelles ne sont plus un moment de partage, d’échange, de plaisir mutuel, elles sont plutôt un karaoké de films pornographiques. On change sans cesse de position sans même comprendre ce qu’on fait. Il s’agit là d’une prestation artistique de patinage sexuel, avec ses figures imposées, sa suite de petits pas et ses notes à la fin du parcours. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’est pas à exclure que dans un futur proche nous ayons à recourir à des lieux de restauration sexuelle. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne fait plus l’amour, on se masturbe à deux dans une incompréhension réciproque. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En agrandissant les espaces sensiblement destinés à inventer de l’occasion sexuelle, on diminue à la fois la compréhension du concept sexuel ainsi que le temps de faire proprement du sexe. C'est-à-dire que nous agissons en fonction d’une essence sexuelle qui assassine l’existence de l’acte en tant que geste qui se construit sans référence. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a pas d’amants faibles, il n’y a que des femmes machines. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus un féminisme est fort, plus l’homosexualité est latente. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entends par l’homme machine un individu qui augmente son étendue matérielle en divisant continuellement sa substance cognitive. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récupérer de l’éthique religieuse dans le sexe, je ne vois que cela pour rattraper le sexe de son nouveau testament consommateur, tout comme je ne vois que cela pour archiver la religion à travers une réévaluation d’ordre corporel. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La résurrection culturelle passe à mon avis par une évidente traversée des nécropoles. (K. DEVEUREUX).&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-9155862889172661731?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/9155862889172661731/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=9155862889172661731' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9155862889172661731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9155862889172661731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/09/quotations-4.html' title='Quotations 4.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TIc88t9o27I/AAAAAAAAAMY/fjcq58N_OUA/s72-c/1controversial-gal-texas-chainsaw-massacre.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4878280052002019648</id><published>2010-07-24T03:48:00.004+02:00</published><updated>2010-07-24T03:53:55.101+02:00</updated><title type='text'>Chimiothérapie de Twitter.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEpGsuNZZfI/AAAAAAAAAMI/Z39LeINJwao/s1600/twitter.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5497284029291521522" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 205px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEpGsuNZZfI/AAAAAAAAAMI/Z39LeINJwao/s320/twitter.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Notre enquête sur les cancers indolores se poursuit. Après avoir exploré l’âme gangrénée du réseau Facebook, nous investissons le corps de Twitter. Nous rappelons qu’un cancer non douloureux n’est pas moins mortel que les autres; il l’est même davantage puisque la mort est pratiquement invisible et durable dans ce cas précis. Nous sommes donc convaincus que l’implosion de ces réseaux provoquera une vague de suicides sans précédent. Ceux qui se prémunissent d’agir en faisant semblant d’être actifs sur l’immatérialité des réseaux sont ceux qui verront leur vacuité en premier une fois que toute cette mascarade aura pris fin. Partant de ce principe, notre participation n’aura rien d’assidu; elle constituera la base vérificationnelle de tout ce que nous essayons de dire depuis maintenant plusieurs mois. La santé cérébrale passe inévitablement par un retour dans le monde. Il faut empêcher que l’extension de la bêtise surpasse l’extension de l’univers, sans quoi le contenant matriciel finira par vomir ses contenances. Cela étant dit, on peut nous consulter sur Twitter via &lt;strong&gt;KKBouaDev&lt;/strong&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4878280052002019648?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4878280052002019648/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4878280052002019648' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4878280052002019648'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4878280052002019648'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/chimiotherapie-de-twitter.html' title='Chimiothérapie de Twitter.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEpGsuNZZfI/AAAAAAAAAMI/Z39LeINJwao/s72-c/twitter.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2707854962755058294</id><published>2010-07-20T04:40:00.003+02:00</published><updated>2010-07-20T04:52:50.699+02:00</updated><title type='text'>Conversations (6) : mademoiselle Montréal chante le blues.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEUNvoUGguI/AAAAAAAAAMA/eEotcm30fYk/s1600/cimeti%C3%A8re"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5495814032202302178" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEUNvoUGguI/AAAAAAAAAMA/eEotcm30fYk/s320/cimeti%C3%A8re" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Notre visite à Montréal se termine et la mélancolie me prend le cœur. Une ville charmante qui nous séduit rapidement et qui nous laisse imaginer plein d’histoires folles et extravagantes. Cependant une chose m’accable. La promotion d’une certaine forme de culture de masse m’exaspère au plus haut point. Un système diabolique reste bien implanté sur les terres nord-américaines. Ce processus se définit par l’alliage de deux cultures : la culture du cinéma d’action et la culture de la nourriture prédigérée. À Montréal, un film comme celui Christopher N. n’a de fonction que de maintenir la population dans un marasme culturel afin de vendre une alimentation dénuée de tout sens gustatif. Il est donc normal de retrouver en centre-ville, sur Sainte-Catherine par exemple, une armada de filles-minishorts et de garçons-tongs qui se définissent eux-mêmes comme produits de consommation. Durant mon séjour ici, je n’ai trouvé aucun lieu qui permet la curiosité, la découverte du cultures différentes, d’identité propre, bref d’échanges, à part peut-être ce petit restaurant antillais dont je tairai le nom pour la simple et bonne raison qu’un lieu pareil se doit d’être trouvé. En somme je suis heureux de retourner dans une ville métissée, haute en couleurs, où la curiosité n’a de cesse de se renouveler à chaque instant. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Mon premier souvenir attaché à Montréal repose sur l’expérience du deuil puisque j’y suis venu l’an dernier pour accompagner dans la mort un ami professeur. J’y suis revenu sporadiquement pour résoudre des affaires, m’occuper des biens culturels et matériels de ce monsieur, et j’ai fini par m’en accommoder, tant et si bien que j’ai loué un appartement dans un arrondissement peu fréquenté, me laissant alors la libre initiative de revenir quand bon me semblait. Votre venue, ou votre survenue, a été l’occasion de réfléchir à un certain nombre de sujets que nous avons récemment discutés, que ce soit immédiatement en rapport avec Montréal ou alors de façon tout à fait indirecte. Mon adhérence à vos conclusions est sérieuse, quoique je doive limiter le rapport accablant que vous faites sur la curiosité, encore que je veuille moins le critiquer qu’en souligner un paradoxe étonnant. Il est sûr que ce bistrot antillais est une pure merveille, situé sur Saint-Denis, ce qui est en soi comparable à la situation d’une verrue sur la peau parfaite d’une actrice de cinéma. La verrue, sur Saint-Denis, n’a rien à faire, et pourtant elle s’est développée, elle a grossi, et elle a même pris confiance. Si l’on peut ainsi consommer des nourritures fameuses et des alcools inventifs dans cette taverne d’outre-mer, on peut encore dénicher sur Saint-Denis des caves de culture comme cette petite librairie indépendante où je suis passé distiller quelques ouvrages. Si j’ai repéré les formes généreuses de la libraire, j’ai aussi noté sa compétence, et je fis preuve d’une attention de contenance en donnant à ce lieu des références européennes qui ne sont pas sans rapport avec les domaines que feu mon ami étudiait, ni même avec ceux desquels j’ai été le familier. C’est pour moi l’antidote de Montréal que sa faculté d’introduire des verrues dans les espaces trop perfectionnées où une chirurgie esthétique se dispute avec une résistance intrinsèque. Cet affrontement silencieux entre l’ostensible et le didactique me réjouit, et il ne faut guère mentir en disant qu’un nouvel alliage nous permet facilement de mettre une fille-minishort dans notre lit, à savoir le cumul des mandats : sortons habillés comme de riches professeurs et faisons preuve d’un charme poétique pour agrémenter notre vieillesse de la naïveté juvénile. Mais que voulez-vous ? C’est l’époque qui veut ça, alors je serais heureux que les jeunes filles en mal de père sortent de Saint-Denis en ayant non seulement un cavalier mais aussi la possibilité que le cavalier en question soit un enseignant de toutes les choses de la vie. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : L’architecture d’une ville est propice au développement, ou non, de sa population. Montréal, malgré un tracé très clair, manque toutefois de limpidité. Il est évident que le paradoxe que vous évoquez à travers ces lieux n’est que le résultat d’une jonction entre deux langues : le français québécois et l’anglais nord-américain. Difficile alors de se positionner sur l’un ou l’autre. On essaye constamment de faire des compromis, ce qui implique, à bas-échelle, une certaine mixité. Je connais cette ville que de façon éphémère, refusant toujours d’y résider. Le tracé très géométrique du cadastre engendre automatiquement un comportement ordonné, rangé, ce qui évince tout débordement. Or la vie ne m’intéresse que pour ses débordements, ses surplus. La sociologie n’a de sens que dans le décadrage comportemental. C’est ainsi qu’on peut analyser plus facilement les phénomènes, en extraire des conclusions, et en retirer des réflexions. Je ne trouve donc pas normal que l’on soit obligé de faire la queue pour attendre un bus. Bien sûr ce sont mes origines nord-africaines qui s’expriment ici, ma culture étant très désorientée par l’ancien colonialisme français. J’ai toutefois ressenti un certain militantisme naissant mais qui par dualisme culturel n’arrive pas à s’imposer. Je le regrette. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Il serait patent de citer la situation d’adolescence historique du Canada, sans compter que le Québec fait office d’excroissance particulière, générant de fait des possibilités de militantisme qui ne seraient pas réellement possibles en dehors de la province francophone. Malheureusement les stratégies de résistance sont en train de s’écarter du dualisme culturel qui concerne le français et l’anglais alors que, bien au contraire, je pense qu’il vaut mieux préserver le dualisme culturel car chercher à le dépasser risquerait d’absorber l’adversaire le plus faible. En tant que professeur des Universités, je suis très sensible aux programmes de l’enseignement supérieur, et j’ai plusieurs collègues de Montréal qui me tiennent au courant. La situation sociologique de la ville m’intéresse moins, vous le savez, c’est pourquoi je répète sans cesse que la philosophie a déjà gagné si elle s’impose comme un enseignement incontournable de l’Université. Militer pour une philo-thérapie ou pour une philosophie qui se voudrait accessible sans se lire ne sont que des intentions catastrophiques qui, au fond, ne réunissent que des étudiants de philosophie dans des cafés bruyants. Autrement dit je n’ai d’intérêt que pour l’organisation du monde universitaire cependant que vous affectionnez l’organisation spatiale des phénomènes sociologiques. Aussi, dans la sphère universitaire, je repère une économie des savoirs vicieuse qui se rapproche complètement de vos constatations. La dualité demeure vivace dans les universités francophones, particulièrement à l’UQÀM où les programmes tournent autour d’œuvres anglophones – les enseignements du baccalauréat étant à mon goût trop vulnérables car les professeurs de philosophie continentale ne sont pas nombreux. Il faudrait alors que les directeurs des programmes procèdent à un rééquilibrage des savoirs, quitte à sacrifier des thèmes analytiques en les soumettant aux choix des étudiants. J’entends par là qu’il serait bon de rendre optionnel le continental et l’analytique après un ou deux ans de baccalauréat. À mon avis, le choix des étudiants ne condamnerait ni l’un ni l’autre de ces aspects de la philosophie, il ne ferait qu’en souligner plusieurs désirs de se spécialiser, ce qui n’est pas exagéré une fois qu’on parvient au milieu de ses études. Selon mes collègues, et selon ce que j’ai pu relever également, trop d’étudiants nord-américains n’ont pas lu les œuvres majeures de la philosophie, se contentant de commentateurs ou de profilages épistémiques, chose inacceptable bien qu’en voie de correction. Dans les deux cas de figure, par exemple, on devrait être capable de parler de Descartes autrement que par l’intermédiaire du doute méthodique, tout comme on devrait être capable de parler de Carnap autrement que par la théorie fourre-tout des classes. Ceci augmenterait la crédibilité des professeurs du secondaire car je sais pertinemment que l’état de la philosophie dans les CÉGEP est proche de la maladie. Je ne demande donc pas à ce que l’on refasse le cadastre des programmes philosophiques en y insérant des cul-de-sac et autres diverticules, je demande à ce qu’on y rénove le macadam des premières lignes droites puis qu’on y insère deux bifurcations claires et distinctes. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Je dirais donc que Montréal ressemble à un catalogue. Les cultures se côtoient page après page, parfois se chevauchent, mais ne se mélangent jamais. Montréal a certes une culture, cela est indéniable, néanmoins cette culture se définit par un référencement de toutes les cultures, à l’image d’un entomologiste qui collectionne les insectes tout en les classant. Il n’y a donc pas de digestion de la culture, mais cela est normal puisque nous sommes sur un continent adolescent tel que vous le disiez tout à l’heure. Il n’y a donc pas suffisamment d’ancienneté pour un véritable brassage de mœurs et de coutumes. Cette ville est par conséquent en équilibre perpétuel; elle est marquée par une volonté de basculement culturel tout en ne possédant pas assez de maturité pour assumer ce basculement. Tout est alors encore possible. Si l’on regarde le film québécois de Xavier D., jeune réalisateur de son état, on comprend parfaitement ce paradoxe. Il y a dans &lt;em&gt;Les Amours Imaginaires&lt;/em&gt; toute l’ambivalence de Montréal. D’un côté la culture québécoise menée par Francis, de l’autre la culture canadienne menée par Marie, tous les deux s’éprenant d’un Jésus Christ de la non-culture. Ces amours fictives et furtives sont bien la preuve que Montréal attend encore le messie. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : La terre de Montréal serait alors aussi bien fertile que sainte, ce à quoi je donne mon aval puisque la natalité y est omniprésente en même temps que le règne de l’enfant-roi qui ralentit plusieurs carrières. Le film de Dolan imite quelques traits européens en espérant synthétiser la dualité de Francis et Marie dans le personnage répugnant de Nicolas. Le problème étant que Nicolas est asexué, repoussant Francis de la plus minable des façons, rejetant Marie par snobisme intellectuel suranné. S’ensuit une magnifique reprise des négociations qui stipule l’éviction de Nicolas à travers le recommencement d’une dualité qui ne peut faire autrement que de se dire et se dédire. Tout Montréal est là : on bascule sans tomber, on aime le vertige des attractions de La Ronde, on apprécie cette ambiance métastable où la robustesse des phénomènes dissimule un grouillement beaucoup moins orthodoxe. J’ai donc cette impression que Montréal, derrière et en-dessous de ses buildings, est faite d’un terreau christique qui attend d’être semé d’autres graines. Il faut se rendre au cimetière Côte des Neiges pour commencer à faire un détour, faute de quadrillage. Ainsi la résurrection culturelle passe à mon avis par une évidente traversée des nécropoles. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Une naissance de la culture est ainsi nécessaire. Il faut savoir enterrer les cadavres historiques afin que ceux-ci servent de fumier à la future plante qui saura s’épanouir. Cette plante ne contiendra ni le sang bleu du Québec, ni le sang rouge du Canada, mais plutôt un sang blanc demandant une inscription de couleur. Le messie ne viendra pas, il ne faut compter que sur sa propre capacité de se réinventer. Montréal est donc une page blanche, libre, détachée de tout préjugé; il n’y a plus qu’à remplir cette jolie feuille de dessins humoristiques, cyniques, militants et de strophes imaginatives, sensibles, désordonnées. Montréal sera alors une capitale culturelle si elle arrive à repenser son cadastre. Je prédis un bel avenir à ses citoyens qui verront naître incessamment sous peu de grands penseurs. Ces derniers commencent en revanche à être visibles. Leur apparition est difficile car l’expression choisie est peu commune, elle prête souvent à rire. Il s’agit là du Festival Juste Pour Rire. Les humoristes seront donc la dynamo d’une prochaine révolution culturelle. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Je sais, mon cher Bouachiche, que vous partez de ce principe que l’Université est dépassée, que les penseurs de l’avenir seront cultivés dans les rues. Je suis d’accord à ceci près qu’il me semble fondamental que l’Université ne fasse que jouer son rôle, à savoir son rôle de diffusion d’une connaissance universelle. Le décalage de la rue et de l’élite est probablement dû au fait que l’Université a maladroitement tenté d’investir le domaine public sans nécessairement penser à autre chose que sa propre publicité. On sait qu’en démocratie participative ceux qui s’expriment dans les réunions publiques sont ceux qui sont très souvent les plus diplômés, les autres n’osant pas prendre la parole. Vous connaissez d’ailleurs mon esprit métaphysique qui ne peut pas accorder à la théorie du mélange une quelconque vérité dans la mesure où j’ai la conviction que mélanger revient uniquement à faire prédominer une saveur sur une autre. On a bien essayé de me faire aller à la campagne lorsque je travaillais à l’École Normale, on sait comment cela s’est terminé. L’Université fait erreur en allant quémander de la reconnaissance. Elle ne redeviendra Université que lorsqu’elle aura donné aux différents publics des raisons nécessaires et suffisantes de la fréquenter. Montréal réussit passablement cette prouesse en proposant des cours nocturnes. Mon intime conviction est que les habitants de l’Université construiront de la pensée quand ils seront dans la disposition de penser à autre chose que l’Université en réintégrant la rue. L’idée du maître et de ses disciples est trop tangible lors des manifestations publiques où l’on patiente pour une conférence ou pour un café de philosophie – que je déteste par-dessus tout. En d’autres termes, on ne réussira de la pensée urbaine qu’en abandonnant la dialectique de la dissertation au profit d’une pensée active. Je veux signifier par l’activité de la pensée quelque chose qui ne relève pas nécessairement des livres mais qui correspondrait plutôt à une performance artistique. On peut faire connaître Socrate en déambulant sur Sainte-Catherine en toge, suivi d’un copain déguisé en Simmias, d’un autre en Phédon, et encore d’un autre en Criton. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Vous avez raison, cher collègue, de rappeler une de mes croyances fondamentales qui est celle de penser qu’une guerre des cultures ne pourra passer que par la rue. En me retirant de l’enseignement, c’est le regard condescendant du savoir que je récuse. L’Université peut être le théâtre d’un renouveau si elle n’écoute pas les faits de population. Je prône donc une culture plus qu’urbaine, je prône un savoir des égouts. Il est temps de faire remonter la fange que l’on a depuis tant d’années ensevelie à l’instar du compost. La destruction organique est source de vie et de savoir. Cher collègue, je vous conseille alors de vous asseoir sur un banc et d’écouter ce qui se passe autour de vous. Certes vous n’entendrez que des discussions stériles sur la maternité, l’éducation des enfants, les problèmes de couple, mais au-delà de ça, cela vous permettra de comprendre comment répandre votre savoir si universitaire. C’est la raison pour laquelle choisir les humoristes comme vecteur potentiel du savoir s’avère être une position plus que payante. Les humoristes ont la faculté de vous faire avaler n’importe quel discours sans que vous ne puissiez en débattre. Il faut donc savoir utiliser des armes qui n’en ont pas l’air pour pouvoir éventuellement guerroyer. Je ne considère pas que l’Université doive descendre dans la rue, je pense par contre que celle-ci doit s’inspirer des codes urbains pour pouvoir enseigner. Je n’utiliserai pas le déguisement de la toge pour parler de Socrate mais plutôt une imitation vocale de Socrate, permettant ainsi de diffuser son discours à un plus large public. De la sorte, si je vois une nouvelle Agora, c’est celle du marché couvert à Jean-Talon. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2707854962755058294?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2707854962755058294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2707854962755058294' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2707854962755058294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2707854962755058294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-6-mademoiselle-montreal.html' title='Conversations (6) : mademoiselle Montréal chante le blues.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TEUNvoUGguI/AAAAAAAAAMA/eEotcm30fYk/s72-c/cimeti%C3%A8re' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-5653718447486736812</id><published>2010-07-12T18:46:00.004+02:00</published><updated>2010-07-23T06:53:52.119+02:00</updated><title type='text'>Conversations (5) : tropismes sexuels.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDtHaeEVCMI/AAAAAAAAAL4/2RmKf9LE9bI/s1600/valieexport.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5493062690581842114" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 214px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDtHaeEVCMI/AAAAAAAAAL4/2RmKf9LE9bI/s320/valieexport.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Un sujet tel que celui du sexe est susceptible d’offenser parce que son universalité ne se restitue pas dans les pratiques. Depuis l’émergence de la téléréalité, on nous abreuve de signes sexuels, d’images tendancieuses qui laissent deviner l’intimité qui ne tient plus dans son confinement, toutes sortes de choses qui constituent une narration faussée des réalités de l’acte. Ma thèse est que la présence omnipotente du sexe est inversement proportionnelle à la présence même du sexe dans le couple. En d’autres termes, il y a moins de pratique depuis environ une à deux décennies. J’appuie cette thèse en accusant la prolifération du divertissement. Puisque les gens vivent une existence difficile, on accumule les petits divertissements, ce qui contribue à la perte d’énergie sexuelle dans l’emploi du temps du couple. Les gens qui vivent sous le même toit sont d’autant plus victimes de ces vices ludiques qu’ils multiplient par deux le coefficient d’existence difficile. Alors on procède à un inventaire des idées du sexe plus qu’on ne les applique. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Je ne sais pas si effectivement les pratiques sexuelles sont en baisse, néanmoins je pense qu’elles reposent davantage sur la représentativité. À l’heure où l’apparence, les codes sociaux, les mœurs sont bien définis et bien caractérisés, on utilise le sexe non plus par plaisir mais par devoir. Les rencontres sexuelles ne sont plus un moment de partage, d’échange, de plaisir mutuel, elles sont plutôt un karaoké de films pornographiques. On change sans cesse de position sans même comprendre ce qu’on fait. Il s’agit là d’une prestation artistique de patinage sexuel, avec ses figures imposées, sa suite de petits pas et ses notes à la fin du parcours. Je dirais donc qu’on conceptualise l’idée même du sexe, laquelle doit normalement se définir dans un domaine bassement corporel. En cela je dénonce fermement la filmographie de madame Catherine B. Il n’est pas à exclure que dans un futur proche nous ayons à recourir à des lieux de restauration sexuelle. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : J’avais induit que la nouvelle nature nécessaire du sexe ne faisait que procéder à un désenchantement de la spontanéité, en quoi j’avais attaqué les émissions d’apprentissage ou de confession où, respectivement, l’on répond à des question et l’on fabrique des énoncés infalsifiables sur le sexe. Au sommet de cette base désormais implantée, on repère la notion de performance, tout à fait explicite dans votre métaphore du patinage artistique. Les exigences en matière de sexe créent de la peur. Les magazines féminins et surtout féministes instituent des hydres que seuls des Hercules pourraient satisfaire. La femme moderne est dans l’expectative d’un orgasme expurgé de tout échec. La réclamation perpétuelle d’un supplément organique et sexuel détruit la base primitive d’un acte essentiellement irréfléchi. La représentation, en précédant l’acte sexuel, introduit dans le futur du sexe un présent de recomposition mécanique qui asservit le sexe à des machines et des rouages. Les ouvriers pénètrent dans l’usine, font leur travail, et il en ressort des objets consommables. Rapportée au sexe, cette image indique que l’on s’aventure dans l’acte afin de produire des orgasmes qui seront ensuite débattus du point de vue quantitatif et qualitatif, en tant que marchandises à vendre. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Tout est là cher confrère. On consomme sexuellement autrui. Le partenaire sexuel se définit donc comme un objet d’aide à la masturbation. On ne fait plus l’amour, on se masturbe à deux dans une incompréhension réciproque. Je soumets l’idée d’une sexualité solidaire, équitable, qui prône la curiosité de l’autre, l’envie de séduire l’autre, de sentir le désir monter en lui. Il faut savoir donner pour pouvoir recevoir. Les conséquences directes d’une telle pratique monomaniaque sont dangereuses car elles induisent une notion de frustration. Nous usons d’un plaisir artificiel qui, à un moment de rupture, devra s’accomplir réellement. Cet accomplissement peut se faire malheureusement par le viol. Le sexe peut se concevoir également comme soupape de la vie sociale que vous définissiez plus haut en tant que vie difficile. Nous ne pouvons résolument pas ignorer cet aspect sociologique. La solution, quelle est-elle ? Je l’ignore, bien entendu, même si je suis fermement convaincu que l’absence de lieux propices à la rencontre est un facteur décisif dans la conception même de la sexualité moderne. La prostitution doit être reconnue comme métier à part entière. Nous avons à lui donner une visibilité sociale. Elle doit donc être encadrée, gérée par les politiques, et naturalisée de surcroît. Outre cela, je ne voulais pas forcément parler de maisons closes qui là encore rendraient le sexe consommable, je voulais mettre l’accent sur des lieux véritables où la rencontre ne serait pas provoquée mais plutôt spontanée – je réfère ici aux bals d’époque par exemple. Ce n’est pas tant qu’on manquerait d’espaces de rencontre où une spontanéité pourrait surgir, c’est que nous multiplions au contraire des sites référencés et codifiés dont la seule fonction est de provoquer la rencontre. Comment alors éprouver du plaisir dans un cadre limité et prédéfini ? &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : En agrandissant les espaces sensiblement destinés à inventer de l’occasion sexuelle, on diminue à la fois la compréhension du concept sexuel ainsi que le temps de faire proprement du sexe. C'est-à-dire que nous agissons en fonction d’une essence sexuelle qui assassine l’existence de l’acte en tant que geste qui se construit sans référence. Le versant unilatéral d’un désir qui cherche à se consommer en consumant l’autre me rappelle l’exemple du cyclope que j’utilisais en abordant le thème de l’égoïste relationnel. Pour que le cyclope se donne une chance d’avoir une relation, il est nécessaire qu’il reçoive une flèche empoisonnée dans l’œil afin que celui-ci se divise, formant ainsi un regard. Les hommes et femmes qui se comportent comme des partenaires intransitifs sont objectivement des cyclopes qu’il faut tromper. Sous la stratégie consumériste, je demande une stratégie de positionnement qui réhabiliterait les bienfaits du marivaudage, voire les craintes et les tremblements du romantique. Dans l’idéal, l’amant moderne devrait essayer de quitter le costume d’Hercule pour choisir celui d’Ulysse. Sans aller jusqu’à espérer la patience d’une Pénélope en chaque femme, j’aimerais qu’on atteste de cette possibilité et que, en bout de ligne, toutes les rencontres soient réalisées non pas dans l’optique de la représentation mais dans l’optique d’une projection continuée. On atteindra cette continuité de préservation seulement quand on aura résolu le problème du sexe comme représentation. Autrement dit, apprenons à vaincre la tyrannie de l’orgasme en reconnaissant la possibilité de recommencer la procédure. Il n’y a pas d’amants faibles, il n’y a que des femmes machines. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Vous m’obligez, cher ami, à m’interroger sur la place des femmes au sein d’une relation sexuelle ou amoureuse. Selon vous, les femmes seraient alors trop exigeantes quant à leurs désirs amoureux, établissant ainsi une tyrannie de l’orgasme. Toutefois il y a une notion que l’homme ne peut prendre en compte dans une relation, je parle évidemment du sacrifice. Une femme est plus encline à se sacrifier pour le bien du couple. La simulation, je vous l’accorde, est parfois nécessaire. Il est étonnant, lorsqu’on s’intéresse au milieu carcéral, d’établir une proportionnelle entre les visiteurs féminins et les visiteurs masculins. Je discutais il y a peu avec un monsieur italien dont la femme est incarcérée depuis près d’un an. Ce monsieur me confiait sur un ton solennel qu’il n’attendrait pas son épouse si celle-ci était condamnée à plus de cinq ans alors que, parallèlement, j’ai observé des femmes capables de s’annihiler à la vie de leur compagnon incarcéré pendant presque dix ans. Je parlerais donc d’une lâcheté masculine dans une sexualité jusqu’ici à dominante misogyne. Il est manifeste que cette sexualité déséquilibrée à tendance à se réajuster. Je dirais même que nous sommes en passe d’inverser le processus, provoquant de ce fait une soumission de l’homme. Cela n’est pas insignifiant; on observe actuellement un questionnement de l’homme moderne sur son identité sexuelle propre. Ainsi plus un féminisme est fort, plus l’homosexualité est latente. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Sans contredit, l’oligarchie féministe instaure une démocratisation silencieuse de l’homosexualité, particulièrement au Québec où nous sommes présentement en observation et en vacances. Les femmes du Québec doivent être excessivement attentives à ces dérives, devant s’attendre à tout moment à ce que leur mari quitte les latitudes de l’hétérosexualité. L’homme est suffisamment une machine en milieu professionnel pour qu’on exige encore de lui qu’il soit un pénis automatique. En revanche je reconnais au féminisme le droit de critiquer les hommes qui étaient déjà des genres de machines avant l’accroissement des thèses féministes, ces dernières étant défendues avec une belle rigueur scientifique par Judith Butler. J’entends par l’homme machine un individu qui augmente son étendue matérielle en divisant continuellement sa substance cognitive. Ce n’est pas son âme qui pilote son corps, c’est son corps qui pilote son pénis, le pénis étant dans ces conditions une excroissance d’identité – l’homme machine appréciant de nommer son phallus. Les femmes qui subissent les assauts de ces partenaires sont tout à fait exonérées d’être devenues des féministes belliqueuses, et je pense que l’assassin de Polytechnique à l’Université de Montréal n’a été que le précurseur visible d’une éthique de la déraison sexuelle contemporaine du point de vue masculin. Lors de mes relations intimes, j’ai noté l’étonnement des femmes cependant que je faisais acte de retrait. Mon incapacité à me soulager dans le corps de ma partenaire est due à ce sentiment que je souillerais la femme si je lui administrais une substance génératrice sans intention de procréer. En me retirant, je fais office de cénobitisme : je participe à la relation réciproque sans donner cette impression que je m’étale. Si j’étais dans le monachisme, je pratiquerais l’onanisme hypocrite, et si j’étais dans l’anachorétisme, je ne serais pas crédible. Par conséquent, et bien que je déplore les avancées démesurées du féminisme, j’accorde aux femmes fortes cette répulsion des hommes qui pratiquent soit un monachisme de surface qui ne vise qu’une fin complétive, soit un anachorétisme maladif qui compresse le désir dangereusement, et j’appelle finalement à une pratique du cénobitisme dans laquelle on intègrerait le sexe. Récupérer de l’éthique religieuse dans le sexe, je ne vois que cela pour rattraper le sexe de son nouveau testament consommateur, tout comme je ne vois que cela pour archiver la religion à travers une réévaluation d’ordre corporel. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-5653718447486736812?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/5653718447486736812/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=5653718447486736812' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5653718447486736812'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/5653718447486736812'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-5-tropismes-sexuels.html' title='Conversations (5) : tropismes sexuels.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDtHaeEVCMI/AAAAAAAAAL4/2RmKf9LE9bI/s72-c/valieexport.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2503842100689550981</id><published>2010-07-08T17:17:00.003+02:00</published><updated>2010-07-08T17:32:01.928+02:00</updated><title type='text'>Conversations (4) : musée IN, musée OUT.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDXtuUnL2RI/AAAAAAAAALw/-_Kci1kEm_8/s1600/mamco-2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5491556700711016722" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDXtuUnL2RI/AAAAAAAAALw/-_Kci1kEm_8/s320/mamco-2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Il est temps de s’interroger sur le concept fort abstrait de l’art contemporain. Alors pourquoi avoir choisi cette thématique ? Je dirais que celle-ci est la plus encline aux préjugés; en effet chaque citoyen lambda a au moins mis une fois les pieds dans un temple de la culture plastique. Si on questionne à la sortie ces familles qui souhaitent ouvrir certains horizons à leurs enfants, les réactions sont souvent les mêmes. « Je n’ai pas compris grand-chose néanmoins il y avait de belles choses ». L’art se conçoit ainsi, il doit être pratique, esthétique et simple de compréhension. Jeff Koons veut, à travers son œuvre, rendre l’art accessible à tous. Mais cela ne galvaude-t-il pas l’essence même de l’art ? À savoir que transcrire le quotidien avec recul tout en étant enchaîné à ce quotidien serait cette essence. Je m’oppose fermement à la thèse de monsieur Jeff K. et j’affirme que la pratique plastique doit s’inscrire non pas dans une simplicité de l’œuvre mais dans un côté ludique de l’œuvre. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Si l’on suit l’esprit de progrès qui a dégénéré dans les techniques fascisantes depuis environ un siècle, on relève le désir plus ou moins universel d’atteindre à un consensus, à une efficacité dans tous les domaines. Je dois être aussi performant comme artiste que je suis supposé l’être comme politicien. Or cette idée du Beau hégémonique (ou de simplicité qui présuppose un acquiescement généralisé) ne date pas d’hier puisqu’elle est théoriquement ensevelie. L’époque moderne de Descartes a souffert d’un esprit géométrique où l’on a commencé à définir l’esthétique comme une pratique du trait clair et distinct, ce qui a considérablement alimenté la vague figurative en plus de « simplifier » à grands coups de serpe les sujets traités. Ne pouvaient être beaux, en définitive, que les sujets les plus visibles, les moins polémiques, et fatalement les plus inintéressants étant donné qu’ils n’apportaient pas de discussions. Je défends par conséquent l’art contemporain vis-à-vis de son affranchissement du figuratif d’une part, et d’autre part vis-à-vis de sa faculté à exprimer du dialogue là où l’on ne paraît voir en premier lieu que le monologue d’un artiste égocentrique. L’art contemporain, à mon humble avis, collabore avec le public en ce sens qu’il ne revendique aucun réquisit, aucune trajectoire idéologique, et certainement aucune manière de bien voir ce qu’il faudrait effectivement y voir. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Il est donc primordial de prendre en considération l’immédiateté de l’œuvre. La lecture d’un travail plastique ne peut se faire sans un nivellement. L’approche d’une installation unique de l’artiste exposée dans un musée n’est que le premier pas dans la compréhension de celle-ci. Le second étant de replacer cette installation unique dans la démarche globale de l’artiste. Apprécier l’art c’est donc faire l’effort d’aller au-delà du visible et de toucher à l’intelligible. Les préjugés naissent donc de cette incapacité à franchir le premier seuil de la perception perceptible. Ceux qui croient que faire appel à un guide pour pouvoir justement approcher la réflexion de l’artiste se corrompent dans une facilité stérile. Il faut impérativement construire soi-même le discours d’une œuvre par des recherches personnelles et non préfabriquées. On peut jouir de l’art seulement après avoir franchi les différentes étapes. Ce franchissement est accompagné généralement d’un enrichissement et d’une évolution de sa propre pensée. L’art, comme la philosophie, ne peut pas être pris à la légère. Un minimum d’investissement est requis. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Ce que vous avancez sur les musées rejoint les idées prudemment diffusées par Nelson Goodman alors même qu’il s’exprimait devant un public de conservateurs d’art. Le musée fonctionne comme archivage, or les œuvres contemporaines sont inaliénables, précisément parce qu’elles induisent des porosités à l’intérieur du sujet traité. D’où le caractère itinérant des expositions contemporaines, incomparables aux collections perpétuelles que les grands musées brandissent comme arguments de visite. Préjuger de l’art contemporain reviendrait presque à une volonté de boucher ces porosités, toutes ces ouvertures qui contrarient la notion de frontière, de genre et de codification. Je serais alors plus favorable à une exposition non institutionnelle de l’art contemporain. Le musée, par l’étagement de ses bâtiments et la rectitude de ses couloirs, induit une classification des œuvres indirecte qui donne l’impression au public d’apercevoir d’abord le moins pertinent et de finir ensuite par le plus évidemment qualitatif. Dans cette perspective, je serais pour un réaménagement des musées où l’on multiplierait les entrées et les sorties et où le public tirerait au sort sa porte d’entrée parmi tant d’autres. À l’évidence, ceci ne peut être accompli qu’avec le concours des ingénieurs en architecture, lesquels doivent posséder une solide fibre artistique s’ils ont à charge de réfléchir à l’organisation spatiale d’un musée d’art contemporain. Or je ne connais pas spécifiquement de musée moderne qui sache reformuler sans cesse son espace, sinon Beaubourg, quoique ce dernier le fasse pour des raisons ostensibles avant que de le faire pour des raisons d’essence des œuvres d’art. Généralement parlant, donc, je suis pour une collaboration à entrées multiples, où l’artiste est indifférencié du public, de l’architecte, du conservateur etc. En cela je soutiens les thèses de R.G. Collingwood qui s’est montré prémonitoire à une époque où l’on a commencé à comprendre l’art contemporain comme une diffusion d’élite. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Vous dévoilez là, cher collègue, l’essence même du problème de l’art contemporain, à savoir une triangulaire où chaque élément a du mal à correspondre avec les deux autres. Cette cohabitation entre l’artiste, le musée et le critique (sous-entendu l’artiste, l’architecte et le public) reste une énigme qui a tendance à nuire à l’art contemporain. L’artiste est dans une démarche d’expression indicible, il ne peut donc pas formuler clairement ses idées; il doit passer par une forme différente, originale et visuelle. Le musée tente de prolonger la diffusion de cette expression sans nécessairement la comprendre, d’où ce schisme ambiant. Quant au critique, il est dans la forme la plus tangible de l’expression; il cherche à rendre l’œuvre licite. Prenons la vidéo de Runa Islam intitulée “&lt;em&gt;Be the first to see what you see as you see it&lt;/em&gt;”, celle-ci exprime parfaitement cette quête de la correspondance entre chacun des trois sommets du triangle. Je conseille à nos lecteurs de se pencher sur cette vidéo. Il serait ainsi trop facile pour ma part de vous la transcrire. Il faut faire l’expérience de l’œuvre. Comprendre un travail plastique, c’est faire la lecture des émotions que celle-ci nous procure sans attacher d’importance aux discours du musée et du critique. Il faut se plonger dans la peau, dans le corps, dans la tête de l’artiste, pour espérer une jouissance de l’art. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Cet aspect pragmatique, un peu hérité, c’est vrai, de John Dewey mais plus récemment de Richard Shusterman, annonce une réhabilitation de la prosopopée non plus comme figure de style mais comme exercice ludique. L’élitisme de l’art contemporain est dû, en partie, à ce que le public ne parvient que très rarement à faire émerger de sa personne autre chose qu’un air déconcerté. Comme il n’y a rien à voir, on part du principe qu’il n’y a en effet rien de visible, rien de perceptible, rien qui ne soit porté à investigation. La vidéo d’art transmet déjà une invitation à coloriser, à instaurer du dialogue à l’endroit des images qui se succèdent, du moins à réinventer quelques couleurs et à modifier quelques sonorités. Le travail d’Islam, que vous citez, conduit le public à repeupler tout ce dépeuplement esthétique. Ce personnage qui évolue entre les porcelaines et qui finit par les détruire, ce n’est autre que le public auquel on dit : « Vous avez une vidéo, faites-en ce que vous voulez, mais surtout dites ce qui vous passe par la tête sans risquer de passer pour primesautier ». La vidéo, en tant qu’elle ne dit rien et qu’elle ne montre quasiment rien, constitue probablement un élan de figuration qui ne nie pas le figuratif mais qui se pose comme un à-côté de celui-ci : Islam, à travers son travail vidéo, exige du public qu’il remette en scène le visible et que, simultanément, il se remette lui-même en scène comme visiteur actif. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : La place du spectateur n’est pas à négliger, c’est sûr. Le travail réel de l’œuvre, c’est sa capacité à s’extraire complètement de la vie de l’artiste. Le spectateur, par l’expérience de l’œuvre, la rend ainsi indépendante. Il est intéressant de se focaliser sur ces deux axes majeurs de pratique plastique, la vidéo et la performance, qui remettent au centre de leurs préoccupations la réaction du public. L’art contemporain se doit d’être vivant et ne plus se fixer dans un environnement commun et académique tel que vous le recommandiez précédemment. Un artiste comme Marcel Duchamp a voulu s’arracher de la condition institutionnelle de l’art en proposant au public de s’approprier son œuvre, néanmoins le système institutionnel a été plus fort puisque, aujourd’hui, les œuvres de ce visionnaire se vendent à des prix exorbitants. L’art contemporain est donc une lutte, je dirais même une lutte des classes. L’artiste préfère que son travail soit rendu au public, tel un chanteur donnant un concert, plutôt que d’être repris par une institution académique. Cependant nulle œuvre ne peut se prétendre art sans cadre institutionnel. Voilà tout le paradoxe. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Je me souviens, en parlant de Duchamp, de toute notre réflexion sur la condition de l’homme moderne aux toilettes. Nous parlions alors d’intimité, aussi je reprends cette idée des sanitaires en la restituant dans ce débat sur l’art contemporain. Il ne fait pas grand doute que Duchamp aurait apprécié qu’on se soulage sur ses propres œuvres afin de les rapatrier dans leur espace d’origine, en l’occurrence là où elles n’étaient que des objets semblables rendus subrepticement dissemblables par le monde de l’art. Mais pour pouvoir transgresser l’optique des musées et toute la discipline de visite inhérente à ces lieux, il faut posséder quelque chose de supérieur à la faculté de juger. Plus un système est fort, plus les individus intériorisent, et cette notion de système disciplinaire à l’intérieur même du monde de l’art produit une triangulaire trop équilatérale. On aimerait de ce fait que la triangulaire rejoigne la notion de ballotage politique. En somme, on aimerait que les œuvres exposées soient en mesure de quitter leur statut iconique, et que la vue d’une cuvette fasse signe plutôt qu’elle ne détourne le spectateur qui subirait une envie incommensurable. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : J’adhère à vos propos et confirme par l’état des toilettes des musées, propres et dépourvues de tout graffiti et expression corporelle, que le système institutionnel en place a définitivement gagné sur l’expression des artistes, et de surcroît sur celle du public. Je prolongerai votre idée concernant l’œuvre icône en proposant une solution définitive : l’art ne doit pas être conservé, il doit être brûlé dès lors qu’il a atteint un maximum de spectateurs. Nous devons nous débarrasser de la forme physique de l’art et n’en garder que l’esprit et l’idée. Je considère davantage comme artiste un individu qui marque au stylo bille « Momo est une tapette » sur la porte des toilettes du musée qu’un Simon Starling qui ne propose aux spectateurs qu’une récupération d’abat-jours née d’un design des années 1960-1970. Je déplore que l’art québécois fasse l’inventaire d’une récupération d’idées. Il aurait été préférable d’éliminer l’œuvre et de n’en conserver que la trace. La performance est pour moi la seule solution viable pour une évolution éthique de l’art. Une expression, un moment, une seconde, une œuvre, rien de plus, rien de moins. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2503842100689550981?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2503842100689550981/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2503842100689550981' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2503842100689550981'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2503842100689550981'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-4-musee-in-musee-out.html' title='Conversations (4) : musée IN, musée OUT.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDXtuUnL2RI/AAAAAAAAALw/-_Kci1kEm_8/s72-c/mamco-2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4863265557989112366</id><published>2010-07-05T03:42:00.005+02:00</published><updated>2010-07-05T06:07:29.539+02:00</updated><title type='text'>Conversations (3) : les dépendances d'Ariane Fornia.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDE5lKePtLI/AAAAAAAAALo/ZIcUpM_cRDA/s1600/medus12.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490232731370501298" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 217px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDE5lKePtLI/AAAAAAAAALo/ZIcUpM_cRDA/s320/medus12.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Je n’ignore pas que la littérature moderne se cherche un porte-drapeau voire une figure de proue. On a l’habitude de se faire traiter de conservateur dès lors qu’on se réfère à des auteurs classiques, mais je me demande si la comparaison entre ancienne époque et nouvelles tendances tient lieu de faire discussion. Ceci dit, ce n’est pas de cela dont j’ai envie de parler, c’est plutôt de quelque chose de complètement tragique. La littérature ne se rend pas service quand elle fait la promotion d’auteurs arrivistes, héritiers. J’ai récemment découvert, par l’inadvertance d’une correction de copie, l’existence somme toute pathétique de mademoiselle Ariane Fornia, de son vrai nom Alexandra Besson. Elle propose une littérature du « Je » adolescent, assez médiocre, et qui de surcroît tourne autour de sa personne. L’intérêt de cette classe de livres réside dans la désespérance de ceux qui les lisent, j’entends par là les pauvres gens qui acceptent de supporter les monologues d’une petite gauchiste au parcours de brebis.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Je ne prétends pas connaître le parcours si « difficile » de cette Ariane F. ou Alexandra B., néanmoins une chose m’apparaît discutable. Il est navrant de constater qu’il existe une littérature d’héritage ou de filiation. Comme vous le savez, je préconise depuis des années le principe de rupture familiale; or ce que je note chez cette pseudo-écrivaine, c’est un discours prémâché et digéré depuis trois générations. Il ne faut pas s’étonner que la culture française se sclérose lorsque celle-ci est menée par des élites douteuses dont l’incapacité à sortir de son rang est plus que grandissante. Il est aisé chez ces gens de colporter quelques préjugés que leur milieu ressasse sans arrêt.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Si je me comportais comme cette Ariane sans mythologie, je crierais sur tous les toits que j’ai été rompu à la philosophie dès mon plus jeune âge. Pourtant s’il est un philosophe dont j’apprécie les méthodes, c’est David Hume et ses façons d’enquêter en profondeur, de prendre un objet et d’en investir les indices jusqu’à en formuler des dossiers pour le tribunal de la raison sceptique. Ainsi j’ai pu relever dans les traces de mademoiselle Fornia certains relents qui me gênent. Il y a un refoulement manifeste, pour ne pas dire un paradoxe gigantesque. Le sujet de ses livres se met dans des positions révolutionnaires, tout comme ses exagérations concernant le déroulement de sa vie, ce qu’elle raconte dans un journal virtuel d’après le résumé dédaigneux que m’en a fait ma secrétaire. Entendez par là que c’est le genre de personne à penser qu’il y a originalité quand on se croit assiégé par des inspirations – comme si, dans le fond, penser à écrire était déjà unique. Il y a, pour ces gens, une révolution dès lors qu’on traverse la route pendant le feu rouge des piétons. C’est la raison pour laquelle je ne comprends pas où veut en venir la littérature de cette personne, sinon à cette quête adolescente typique de la visibilité, de la popularité, et c’est indifférent à mes yeux que d’être populaire en se couchant tard ou que de l’être en publiant des mièvreries parce que l’éditeur est politiquement intéressé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Je vais m’attarder non pas sur sa bibliographie, ce que vous faites très bien cher collègue, mais davantage sur son parcours universitaire et familial. Intégrer une école telle que l’ENS est déjà en soi un aveu de stérilité littéraire. Je le maintiens haut et fort, le travail réalisé dans ces écoles de la Nation n’est que du recyclage de pensée. Il s’agit bien là d’un mouvement perpétuel autogéré qui ne conduit qu’à la production d’une jeunesse dorée et assistée. S’il existe une France de l’assistanat, elle se trouve bien ici. Comment peut-on prétendre connaître la vie lorsque tout son environnement se résume seulement à quelques personnes bien-pensantes ? J’attends donc que mademoiselle Alexandra B. me fasse la démonstration de mes torts, puis qu’elle se réveille enfin de cette torpeur familiale, culturelle et universitaire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Vous saisissez en quoi il m’a été providentiel de suspendre mes relations avec l’ENS en général, et celle de Paris en particulier. Les recrutements se sont considérablement affaiblis depuis les dix dernières années. On fabrique des oies grasses en classe préparatoire, et on revendique un foie gras d’origine contrôlée dans les années subséquentes, c'est-à-dire dans les années d’affinage de l’ENS. Je préfère les faiblesses et même l’authenticité du foie gras de Budapest, ce qui n’est qu’un exemple. Il est évidemment délétère de croire qu’une littérature est en gestation dans des milieux où l’ensemencement est réalisé &lt;em&gt;in vitro&lt;/em&gt;. Il résulte de ces schématisations une psychologie de l’oie, et il est malheureux de penser que les oies d’aujourd’hui sauveront Paris comme celles d’hier ont sauvé Rome. Je n’entends que des paroles surfaites, des thèses abominables, ce qui est dommageable pour la littérature de notre siècle. Il faut absolument censurer, et même brûler, les livres de cette génération qui ne sait pas quoi faire de sa vie. Regardez encore l’exemple de Rama Yade, mariée à un historien de cagibi doré, qui thématise sur l’humanitaire en prenant appui sur le terrain fertile de l’intelligentsia parisienne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : On remarque une nouvelle sociologie de nos élites en perte de repères face à une économie acharnée et indépendante qui dicte maintenant ses propres règles. Difficile pour nos classes politiques et culturelles de se frayer un chemin dans les organes de pouvoir qui se sont à présent déplacés. Telles des mouches accrochées à un piège, elles se débattent et tentent de décoller leurs ailes de ce magma économique. La publication reste donc une solution efficace permettant tout de même de garder une certaine visibilité politique et culturelle. Il faut en finir avec cette mélasse puante, putrescible, qui ne cesse de prendre la place aux véritables artistes qui, eux, se trouvent dans la réalité quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : J’aime cette image des mouches qui me rappelle l’empuantissement que décrit Sartre au moment où Oreste revient dans la Cité où sa mère s’est comportée comme une misérable chose. Il est détestable que les déchets de cette catégorie de personnes ne soient pas recyclables, eux qui pourtant se reposent sur des stratégies entièrement recyclées et rabâchées. C’est dire qu’ils n’ont même pas la faculté de renouveler ce qui ne se renouvelle pas depuis des siècles. Mon travail, je l’ai déjà dit, est de l’ordre de l’éboueur. Je ramasse les poubelles de l’Université, je juge que des étudiants sont défaillants, et je ne donne aucune chance de rattrapage à ceux qui ont la propension de me présenter toujours les mêmes pensées enrobées des mêmes sacs poubelles. Quitte à déterrer le compost, à remuer le fumier, autant le faire sous des aspects novateurs. Il est particulièrement horripilant, lorsque je donne un partiel de philosophie traitant de la question du droit et de la force, de récupérer une majorité de copies qui me parlent de la dialectique du maître et de l’esclave. Ce qu’on apprend à ces élites, c’est à répondre aux questions, certes, mais c’est à y répondre par association automatique d’idées. De la sorte les problèmes ne semblent jamais évoluer, et je suis chaque fois curieux d’entendre que l’élitisme aborde des problèmes sociaux en faisant l’usage de références dépassées, ou disons de références piochées dans des sociétés mortes. On ne résoudra pas la question de l’immigration en formulant des réponses programmées. Tout comme on ne se sortira pas de cette fabrication des élites en maintenant le système répressif et castrateur de la dissertation soi-disant littéraire, qui n’est que confédération de lieux communs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Cher collègue, vous expliquez parfaitement ce à quoi le Vieux Continent ne peut se défaire. En effet, plus un pays compte un passé riche, plus il est difficile de s’en arracher et de prolonger de façon novatrice sa pensée. Lorsque nous sommes trop vieux, notre vision se raccourcit et nous ne sommes plus capables de reconnaître dans des zones qui ne nous sont pas familières des êtres à la destinée prometteuse. Il est rassurant, donc, pour un pays comme la France, de compter sur ce rouage immuable qu’est l’Éducation Nationale. Au fil des siècles, des sillons éducatifs se sont creusés profondément; il est donc maintenant compliqué de dévier l’eau ruisselante de ces sillons lors de gros orages. Il existe donc bien un fossé d’ordre social ancré dans une géographie primitive, à savoir Paris et sa Province, qui tend à s’agrandir et à noyer toute initiative non complaisante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : C’est là le cœur du problème au-delà de toutes les images que nous avons employées depuis le début de cet entretien. On dirait que vous encouragez en sous-main la possibilité d’un sabotage latent. Mince est l’écart où le principe de puissance se met en acte de puissance. J’aime la délinquance car elle n’est pas unidimensionnelle contrairement à ce que les médias produisent de commentaires. La délinquance progresse graduellement vers les centres-villes, d’où la psychose de la surveillance suscitée par la vidéo. Ce qui me paraîtrait honorable, c’est un déplacement de la délinquance qui réussirait à devancer le déplacement de l’économie que n’arrivent pas à maîtriser les élites en place. Ce que je veux signifier par ce déplacement, c’est une modification des cibles, en l’occurrence une attaque massive des Universités par tous les méprisés de la banlieue. Il serait sociologiquement et philosophiquement intéressant de voir des hordes ensauvagées pénétrer dans les lieux communs du savoir afin de le bousculer. Le savoir universitaire manque cruellement de mouvement en ce sens qu’il se repose. Appelons alors au viol des Universités ne serait-ce que parce que l’Université est de moins en moins excitante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Cet envahissement que vous proposez me paraît plus que judicieux, néanmoins j’émets une réserve. Il faut s’interroger à l’inverse sur la géographie des infrastructures. Effectivement un jeune de banlieue ne pourra jamais avoir cette idée de cambriolage puisque dans son inconscient l’Université n’existe pas. Alors pourquoi le concept d’Université n’est pas présent à l’esprit d’un jeune ayant moins d’opportunités ? Tout simplement parce que son environnement habitable est enclavé et que celui-ci reste très éloigné des lieux de culture. Et même si cet enfant en apprentissage exprime le souhait d’aller plus loin que sa culture urbaine propre, les bus sont si peu fréquents à destination des centres-villes que le découragement se fait vite sentir. Mon ordonnance serait donc, à l’instar de &lt;em&gt;L’AFEV&lt;/em&gt;, que chaque étudiant dont l’Université se pose comme un passage réflexe parraine un jeune ayant moins d’opportunités. Toutefois la posture de ce don de « savoir » doit s’efforcer d’être fondée sur l’échange et le partage, loin des rapports colonialistes. Il faut favoriser la mixité, ce qui provoquera fatalement un renouveau dans le mode de pensée.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Ce ne peut être qu’une idée porteuse que celle du métissage épistémologique, cette idée où la connaissance est continuellement testée. Les Grandes Écoles ont ce défaut de se cloisonner sur elles-mêmes, et les Universités ont ce défaut de croire que les Grandes Écoles leur sont supérieures, et donc les Universités ont une tendance à se cloisonner dans cette intuition de l’excellence qui se protège de toute intégration surprise. Par la suite, il est nécessaire de se libérer de l’idée périmée des Lumières où le maître est le seul enseignant. L’apprentissage des connaissances est selon moi un bateau en pleine tempête où le professeur doit être conscient d’une mutinerie possible, voire d’une vague naturelle qui l’emportera au fond du tourbillon. En outre, si le professeur est plus qu’un capitaine ou qu’une âme dans un corps, il se donnera des chances d’être sauvé par ses étudiants si le bateau venait à couler. Un film comme &lt;em&gt;Entre les Murs&lt;/em&gt; nous démontre à quel point la haine du professeur est fausse. Ce que les élèves haïssent, ce n’est pas leur maître, c’est le navire dans lequel on les fait embarquer, et l’impuissance de ce maître qui ne comprend pas lui-même comment on atteint un objectif qui n’est que rarement discuté par ceux qui confectionnent les programmes scolaires – la géographie de Paris et de sa Province donne l’impression que ce sont deux mondes hétérogènes, incommunicables entre eux, et donc c’est souvent la fin du monde que de songer à quitter la Province. Par conséquent, lorsque le navire coule, ce sont les professeurs et les élèves qui meurent, et il ne reste à la fin que le goéland qui ramasse les morceaux de cadavres. Ceci étant, je ne crois pas qu’un goéland fera le printemps, tout comme je ne pense vraiment pas que la littérature de mademoiselle Fornia-Besson soit représentative de ce qu’elle imagine constituer les enjeux des gens de son âge. Ses enjeux à elle sont inévitablement dispensés du navire dont on parlait dans la mesure où elle n’a pas besoin d’embarquer pour arriver à destination. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4863265557989112366?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4863265557989112366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4863265557989112366' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4863265557989112366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4863265557989112366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-3-les-dependances-dariane.html' title='Conversations (3) : les dépendances d&apos;Ariane Fornia.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TDE5lKePtLI/AAAAAAAAALo/ZIcUpM_cRDA/s72-c/medus12.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4196651558928180220</id><published>2010-07-03T17:11:00.004+02:00</published><updated>2010-07-03T18:22:07.570+02:00</updated><title type='text'>Conversations (2) : scarifications publicitaires.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC9T0OqjbDI/AAAAAAAAALg/qwjzCcvFDhM/s1600/antipubck.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5489698627542805554" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC9T0OqjbDI/AAAAAAAAALg/qwjzCcvFDhM/s320/antipubck.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Je suis perplexe quant à l’utilisation abusive de clips vidéo vantant les mérites de quelques produits inutiles. Cette pollution visuelle m’irrite le nerf optique et titille mon organe de réflexion. Je comprends donc aisément pourquoi le Nouveau Continent reste en état végétatif plutôt que de plonger dans la mélasse humaine au sein de quartiers comme Rosemont. La curiosité se perd dans les méandres tue-mouches que représente la télévision. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Il semble que la télévision soit, à échelle humaine, un produit comparable aux insecticides. La ruche humaine, qui se prétend de plus en plus souvent niche écologique, s’asphyxie elle-même par une surconsommation narcoleptique de publicités douteuses. La population d’Amérique du Nord, confrontée à un envahissement publicitaire quasi permanent, s’endort elle-même dans une sorte d’euthanasie collective consentie. Quelque chose comme les élections, par exemple, doit être questionné sous deux angles : qu’est-ce qu’une politique sponsorisée par la publicité des plus grandes firmes d’une part, et d’autre part qu’est-ce que suivre une soirée électorale quand celle-ci est entrecoupée de messages subliminaux où les problèmes du social et de l’économie se confondent avec les intentions commerciales de Cialis ou des trempettes Philadelphia ?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Nous sommes donc bien nécrosés, les spots publicitaires agissant telles des métastases offensives, ce qui nous révèle un manque d’ambition sociale et culturelle. Pourquoi prétendre à une vie de connaissance quand je peux simplement être socialement reconnu avec une Rolex ? Le système de consommation nous laisse entrevoir, par ses coupures publicitaires incessantes, un monde vide dénué de toute initiative personnelle. Je pense comme je consomme. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Je verrais ici une nouvelle caractéristique de boulimie. Les images de la publicité, très intentionnelles et pourtant axées sur l’inconscient, orientent vers une boulimie objective. Si je me laisse persuader qu’un petit déjeuner en famille est mieux réussi avec tel ou tel produit, c’est non seulement que je n’ai pas d’initiative, mais c’est aussi que je n’ai pas de représentation précise de ce qu’est ma famille. La répétition des images, pour ne pas dire la redondance maladive, fonctionne comme une nourriture qui ne se digère plus. À un moment donné, l’estomac rejette la nourriture que les sucs ne peuvent plus administrer aux intestins. On appelle cela la nausée. Le cerveau est plus pervers en ce sens qu’il introjecte des quantités d’images sans que nous puissions deviner son degré de tolérance. De ce point de vue, je dirais qu’une boulimie-anorexie cérébrale remédierait au problème. Autrement dit nous devons apprendre à notre cerveau à se faire vomir, ce qui correspond ni plus ni moins à se faire violence, à refuser l’idéalisme outrecuidant de la publicité, à ne plus croire que la maison familiale est pacifique quand on signe certains contrats de confiance. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Ce remède que vous préconisez, cher ami, est difficile à mettre en place lorsque l’assistance cérébrale de la publicité est ancrée depuis des générations. Je parlerais d’un patrimoine génétique publicitaire. En effet certaines images que nos aînés ont connues sont devenues au fil du temps des références culturelles que l’on applique dans son système de valeurs éducatives. Ainsi le petit Kévin ne se pose même plus la question de savoir ce qu’est en réalité le Coca-Cola, le Cola, il en consomme comme s’il s’agissait de légumes. Nous assistons donc à la naturalisation de produits artificiels consommables qui deviennent des sortes de concepts immuables. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : L’acculturation publicitaire se change en lieux de culte. Le culturel est aussi le cultuel. Si la prière musulmane indique une orientation du geste religieux, en l’occurrence La Mecque, la publicité, dans son découpage réfléchi entre les différents canaux de diffusion, fonctionne à l’instar d’une dissémination des cultes où telle chaîne de télévision organise sa propagande pour tel public ciblé. Prenons l’exemple français de TF1, qui ressemble au réseau CBS américain, c’est une chaîne qui assouvit des fantasmes primaires. On montre aux gens des images et des situations qu’ils ne pourront jamais se payer. Mais cela leur fait plaisir de voir la richesse parce qu’ils ont le sentiment d’y toucher, ceci précisément dans la mesure où leurs cerveaux sont pré-orientés par des spots publicitaires où ils se reconnaissent en tant qu’êtres moraux, d’où la perversité du mécanisme de conditionnement. Le Coca-Cola est devenu un bien de consommation, certes, cependant il est également devenu le Bien moral. N’est pas ringard celui qui consomme du Coca en regardant TF1, mais il le deviendrait dans un autre espace de culte, c'est-à-dire en s’abonnant ou en se familiarisant à un autre canal de diffusion. Assez souvent d’ailleurs, c’est moins une identité morale qui est visée qu’une différence d’âge. Les tournois de golf diffusent des spots pour Cialis tandis que les diffuseurs du hockey sur glace se chargent de promouvoir les véhicules Ford familiaux : le golfeur est supposé subir des troubles érectiles à cause de son âge avancé, ce qui n’est pas le cas de l’amateur de hockey qui conjugue soirée bières/chips/cigares en supposant que sa femme le supporte encore, ce qui devra se prouver dans la couche une fois le match terminé. Ce que j’entends par tout cela, c’est que la télévision est organisée en obédiences religieuses très codifiées, et que passer de l’une à l’autre chaîne peut entraîner des conséquences aussi graves que l’abandon de son culte. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Effectivement chaque chaîne de télévision, par sa programmation publicitaire, devient donc une religion à part entière. Mais un phénomène plus grave nous guette, plongeant le religieux dans le sectaire. Je parle évidemment de ces émissions grand public qui distillent avant chaque coupure pub un appel au vote, transformant ainsi le pratiquant en adepte. Difficile donc de s’extraire de cette condition de zombie téléphage lorsque le processus fonctionne dès l’âge de trois ans et demi. La solution reste dans une cure de désintoxication à la langue de bois proposée par un organisme français appelé &lt;em&gt;Le Pavé&lt;/em&gt;, lequel préconise plusieurs exercices facilement reconnaissables sur leur site internet. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Ce que vous développez appelle à une grande vigilance. Quand on demande au public de voter, on lui demande de distribuer les bons points de la morale binaire du Bien ou du Mal, du Beau ou du Laid, de l’Estimable ou du Négligeable, et ainsi de suite. Ce pour quoi on vote, en l’occurrence de la matière humaine, chanteur apprenti, cuisinier ou rien du tout, exige déjà une tendance ou du moins une volonté des participants de se faire chosifier ou, pire encore, de s’improviser chosificateur. Être candidat à la télévision, c’est accepter perversement une relation sadomasochiste où le mépris et les coups sont infligés par un partenaire qui n’est pas immédiatement présent sur les lieux de la relation houleuse. Je demande ouvertement quel est le type de jouissance obtenu par ce genre de relation para-sexuelle. N’y a-t-il pas en définitive une perte des rapports sexuels dans le couple à mesure que se multiplient ces expériences de télévision ? L’asservissement à un programme est selon moi un manque à gagner dans ce que vous espériez être une sexualité équitable. Il y a évidemment une publicité équitable étant donné qu’elle nivelle à grands coups d’images les conversations qu’un couple se devrait parfois de tenir. Mais l’équité de la télévision est virtuellement dangereuse : elle propose une mer calme où les navigateurs ne sont plus capables ensuite de lire les indices de tempête. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : La télévision se définit donc comme le meilleur moyen de contraception. Je me demande pourquoi Benoît XVI n’y a pas pensé plus tôt. J’irais même plus loin : la télévision et tout ce qu’elle comporte rend stérile tout individu qui s’y perd. Maintenant l’écran de télé ou d’ordinateur est devenu le seul moyen de communication viable entre individus, provoquant ainsi la perversité poussive d’être visible et invisible simultanément. Nous ne pouvons nous affirmer ni nous accomplir dans un monde virtuel. Néanmoins le monde réel tend à disparaître par l’élargissement des moyens technologiques de communication. L’artiste Sophie Calle avait donc tout compris dès le départ. Nous ne vivons plus dans une réalité tangible, ni dans un monde irréel, mais dans un mélange hybride des deux. Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître davantage de maladies psychiatriques qui ne sont pas détectables à même le corps. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : On peut encore penser aux cancers généralisés qui associent tous les cancers et qui ne sont pas curables, ceci en plus des maladies mentales qui restent et resteront à jamais opaques en face d’une raison humaine toujours plus domptée par le produit de ses propres images – c’est l’image de l’enfant-roi qui se retourne contre ses parents et qui les tue, comme on l’a encore récemment noté au Québec, ce dont on doit se réjouir uniquement dans la notion de prise de décision. L’amertume développée souterrainement par la morale judéo-chrétienne des publicités crée à mon avis des symptômes invisibles de maladies létales. Ce ne sont pas les fruits et les légumes qui nous soigneront du cancer, c’est plutôt le fait d’aller les recueillir soi-même à la campagne, sans attendre qu’un message subliminal nous le conseille, surtout que ces messages sont en général petitement diffusés, en plein milieu d’une euphorie de consommation qui ne sait même plus que des agriculteurs plantent des graines et en retirent des nourritures terrestres comestibles. Le problème que je vois, c’est que nous ne savons plus vraiment distinguer entre le vénéneux des images et le potable des soupes de légumes. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Il est clair que nous sommes en face d’un tournant majeur de l’humanité avec cette disparition progressive du pétrole, source de tout objet consommable; une crise alimentaire sera d’ailleurs à déplorer dans les prochaines décennies. Seuls les individus conscients d’un retour à la production locale et humaine pourront éviter ce désastre écologique et culturel. Je propose une action collective mondiale durant une journée, à savoir jeter par nos fenêtres l’objet du mal, en l’occurrence la télévision. Nous reconnaîtrons ce jour venu que l’attachement télévisuel est bien plus ancré que l’on ne l’imagine car très peu de télés joncheront nos trottoirs. Bien au contraire, seuls les cadavres de nos enfants pourriront sur le bas-côté de la route, ou dans les congélateurs, et ce dans l’indifférence la plus totale. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4196651558928180220?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4196651558928180220/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4196651558928180220' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4196651558928180220'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4196651558928180220'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-2-scarifications.html' title='Conversations (2) : scarifications publicitaires.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC9T0OqjbDI/AAAAAAAAALg/qwjzCcvFDhM/s72-c/antipubck.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-9190368247307851912</id><published>2010-07-02T19:27:00.004+02:00</published><updated>2010-07-02T19:41:36.449+02:00</updated><title type='text'>Conversations (1) : identité fugitive et niqab.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC4ksXeg9cI/AAAAAAAAALY/hN40F-tZd0U/s1600/barbie+musulmane.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5489365340446062018" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand; HEIGHT: 131px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC4ksXeg9cI/AAAAAAAAALY/hN40F-tZd0U/s320/barbie+musulmane.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : J’ai été très impressionné lors de mes derniers déplacements entre le Nouveau Continent et le Vieux par les similitudes ou plutôt par la ressemblance des revendications des communautés musulmanes. On construit, je crois, une grande mosquée à Marseille et, dans le même temps, j’ai repéré une cellule arabe relativement développée dans certaines agglomérations du Canada, et plus particulièrement Montréal. Je suppose que les approches relatives à la laïcité sont très élastiques puisque le Canada ne me paraît pas recourir à des méthodes médiatiques discutables, je veux dire des stratégies de dissolution du réel.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : J’adhère à vos propos. Il va sans dire que l’apparition du &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt; en communauté marseillaise n’est que l’instrumentalisation politique faite par des médias corrompus par le gouvernement en place. Je note que pendant ce séjour à Montréal l’intégrisme n’est que très peu apparent. Je dirais même que ce sujet est un peu désuet par ici. Mais c’est encore plus intéressant de se pencher sur les coutumes nord-africaines qui tendent à disparaître avec la libération des mœurs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : On assiste à une inversion des contenus de pensée. La mondialisation est à la fois progressive et régressive. Les pays d’Afrique du Nord sont sujets à une européanisation que désireraient les Européens si on leur donnait accès à une politique capable de mettre ce projet d’une grande Europe en place. Mais le problème de l’Europe, c’est qu’elle ne résout les difficultés qu’à travers un prisme littéraire stérile quand il s’agit de vraiment se demander ce qui entrave la bonne marche d’un projet politique fort. Ainsi l’Afrique du Nord progresse dans la mondialisation en se bâtissant une identité contemporaine tandis que l’Europe se fragmente en cellules d’oppositions mal identifiées, ce qui crée de la confusion et un certain décalage avec ce que devraient être les préoccupations. Le &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt;, pour preuve, est moins l’organe d’un usage religieux que celui de petites Européennes sans repères qui croient que se voiler va leur apporter l’épaisseur d’une identité manquante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Il s’agit bien là du principe des vases communicants. L’Afrique du Nord est plongée dans une attente coloniale, ainsi elle est plus encline à accepter certains changements de la mondialisation. Alors que l’Europe, ayant déjà atteint une dissolution économique provoquant la perte de repères de ses concitoyens, ceux-là ne trouvent qu’un réconfort dans la pratique d’une religion intégriste.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Ce schéma de prises et de déprises culturelles est à mon sens un avertissement pour les pays jeunes comme le Canada. Tant que l’intégration sera minorée par des intérêts toujours en contact avec la conscience du monde actuel, alors le Nouveau Monde sera protégé du repli sur soi, ce repli où les individus ne voient plus d’autre solution que celle d’acheter une identité plutôt que de s’en forger une. Le &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt;, hors structure intégriste galvaudée, n’est que l’effacement d’une individualité qui introduit un processus que j’appellerais substitution ontologique. On abandonne son être en le réduisant à néant et on accouche d’un autre être sans que les circuits administratifs ne viennent en condenser les principes. Pour que l’espace public soit viable à travers un « nous » concret, il est nécessaire que l’État soit libéral au sens plein du terme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Ce qui me semble intéressant après avoir longtemps interrogé quelques femmes à la pratique religieuse extrémiste, c’est leur conception d’une forme de libération sexuelle et culturelle dans le port d’une tenue intégrale. Il est donc nécessaire de s’interroger sur cette conception : comment peut-on prétendre s’émanciper en annihilant son identité corporelle propre ? Bien sûr je n’ai pas la réponse, néanmoins j’émets l’hypothèse d’une réaction allergique à une société du « tout intime » qui révèle une véritable désillusion de soi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Il y a quelque chose de dérangeant dans ce type de « clonage » vestimentaire qui finit par déboucher sur une intégralité ou, disons, sur une intégrité de surface. J’ai pu remarquer à Montréal des spécificités modales qui s’apparentent exactement à l’adoption de cette tenue intégrale dont vous parliez. Si les périphéries des grandes villes nous font rencontrer des gens hétéroclites, des clochards, des zonards, tout ceci s’étrangle une fois qu’on se rapproche du centre nerveux des choses. Les femmes se ressemblent toutes dans les centres-villes, et Montréal est dans son cadastre central le lieu d’une représentation permanente où l’identité n’existe que sous sa forme non ontologique, à savoir sous la forme phénoménologique du vêtement qui recouvre le corps de sorte à ce que celui-ci soit proto-formé, formaté, encastré, en totale connivence avec le déferlement des autres, ces acteurs qui retrouvent les coulisses de la vérité ontologique une fois les stations de métro moins fréquentées rejointes. À Berri-Uqàm je me dois d’être en représentation, à Crémazie je peux rentrer chez moi en vomissant dans l’escalier automatique. Et je crois que les femmes voilées, elles, sont constantes vis-à-vis de leur démarche publique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Ainsi, si je suis votre intuition, une « pétasse » à demi-nue attendant ses copines pour une soirée de débauche est dans la même approche identitaire qu’une femme voilée. Un autre critère entre en jeu, celui de la famille. Comme la famille est le seul lieu d’expression de la pleine identité, il est normal de revêtir un costume lors de son arrachement. Tout individu doit manifester un moment clé de son existence : la rupture familiale, la &lt;em&gt;défamiliarisation&lt;/em&gt;. Cette défamiliarisation peut prendre la forme d’un accouchement douloureux où l’on cherche à recréer de façon plus solide les coutumes familières auxquelles nous avons été habitués. Par conséquent ces coutumes peuvent se révéler plus profondes, plus dangereuses, et finalement plus intégristes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Entre le voilement et le dévoilement à outrance, ce n’est qu’une analogie, les deux faces d’une même pièce diabolique. La famille constitue une initiation à la première morale, et bien souvent cette première morale n’a rien des aspects éthiques qui reposent sur de véritables réflexions. Toute la difficulté réside dans l’appréhension de ce recouvrement moral qui ne doit pas non plus se manifester comme un déséquilibre inexplicable entre la morale familière et la morale en construction. Une famille catholique qui verrait sa progéniture entrer en &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt;, ce n’est pas la famille qui me semblerait dans le faux mais la progéniture que je penserais en déroute, faute d’avoir su emprunter un chemin réflexif, ayant préféré un basculement violent hermétique à tout esprit dialogique. Quand j’emploie le terme d’une morale qui se construit, je réfère évidemment à un processus qui dure et qui suppose des plans, des fondations, des idées parfaitement assimilées.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Bouachiche&lt;/strong&gt; : Encore une fois je ne peux qu’être d’accord avec ce que vous dites. À mon sens, je rejoindrais les propos de monsieur Nicolas S., le véritable problème vient des événements de 1968 qui ont déconstruit ce quadrillage moral, permettant ainsi des ouvertures non contrôlées pour une jeunesse en manque de repères. Difficile donc, dans ces conditions, de donner à notre progéniture un cadre légal qui empêcherait toute intrusion religieuse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;K. Deveureux&lt;/strong&gt; : Je vois dans le religieux une posture métaphysique qui assouvit la crainte des apories du réel. Plus un discours se fait religieux à un âge où les préoccupations corporelles ne peuvent pas se nier, plus je sens dans cet emploi mystique de la religion (que ce soit par le &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt; ou la lecture irraisonnée de la Bible) une manière judicieuse mais incomplète de faire retomber des pressions qui ne sont pas comprises. Si je vais mourir entouré de ma famille, je vais faire en sorte de tenir un discours circonstancié sur la survie de mon âme. Si je vais mourir familialement en sortant voilé ou en entrant en religion, j’aurai accompli quelque chose de pertinent si je suis en mesure de me questionner et de répondre aux autres questions. En revanche, si je ne suis pas en mesure de verbaliser ce passage aussi violent que l’instant de la mort, j’ai échoué et je suis tombé dans une métaphysique qui n’est pas différente des psychotropes qui donnent une sensation d’exaltation tout à fait éphémère. Pour que le &lt;em&gt;niqab&lt;/em&gt; devienne un sujet de conversation tenable, il serait bienvenu de le déclasser des registres métaphysiques de la religion et d'en faire un sujet sans complément déformant. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-9190368247307851912?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/9190368247307851912/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=9190368247307851912' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9190368247307851912'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/9190368247307851912'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/07/conversations-1-identite-fugitive-et.html' title='Conversations (1) : identité fugitive et niqab.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/TC4ksXeg9cI/AAAAAAAAALY/hN40F-tZd0U/s72-c/barbie+musulmane.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2510304181069906057</id><published>2010-05-14T22:04:00.003+02:00</published><updated>2010-05-14T22:07:44.847+02:00</updated><title type='text'>Born to amuse, to inspire, to delight...</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S-2s7MtXu3I/AAAAAAAAALQ/gP74DOlukic/s1600/gone+too+soon.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5471219255348804466" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S-2s7MtXu3I/AAAAAAAAALQ/gP74DOlukic/s320/gone+too+soon.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Des raisons indépendantes de notre volonté nous empêchent en ce moment d’échanger nos lettres. Nous essaierons autant que possible d’écourter notre absence malgré les difficultés personnelles que nous rencontrons. Aussi nous invitons le lecteur courageux et philosophe à relire notre travail, à prendre la peine de discerner le premier et le second degré, et à en soutirer des enseignements ainsi qu’une ascèse de l’effort intellectuel. Nous avons défendu une rigueur souterraine, parfois de surface, et nous n’avons jamais voulu livrer une pensée préfabriquée. Ce qui s’est échangé ici est en quelque sorte la reformulation « burlesque » des cours que nous avons dispensés pendant les dernières années. Ceux qui n’auraient pas compris la différence entre le discours Académique et le discours à double entrée n’ont manifestement rien saisi au problème du raffinement de l’esprit. Par l’entremise d’un propos souvent contre-indiqué d’un point de vue scolaire, nous avons quand même respecté le nerf des théories, ce qui nous a certainement préservés de tous les embrigadements modernes que sont par exemple le communautarisme et la religion. Nous avons par conséquent œuvré avec des noms de scène parce que, notre vie durant, nous avons jugé que nos écrits purement académiques ne pouvaient faire autre chose que remporter les seuls suffrages de l’Université. Cette année d’ailleurs, nous achevons respectivement nos activités auprès du diplôme de l’agrégation française, et ce pour deux raisons : l’heure de l’éméritat est proche, et la disette du principe même du concours de l’agrégation ne nous semble plus représenter grand-chose sinon une lassitude compréhensible du public étudiant. Nous reviendrons alors ici une fois que nous en aurons terminé avec ce qui nous retient hors du monde tranquille. Mais nous ne savons pas encore exactement quand. En attendant, nous saluons ceux qui ont apprécié, régulièrement ou intempestivement, notre œuvre de rechange ou, s’il fallait le dire avec une meilleure pertinence, notre désœuvrement par voie épistolaire. Bien spécifiquement à tous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Bouachiche, professeur des Universités, agrégé de sociologie, docteur ès lettres.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K. Deveureux, professeur des Universités, agrégé de philosophie, docteur ès lettres. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2510304181069906057?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2510304181069906057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2510304181069906057' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2510304181069906057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2510304181069906057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/05/born-to-amuse-to-inspire-to-delight.html' title='Born to amuse, to inspire, to delight...'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S-2s7MtXu3I/AAAAAAAAALQ/gP74DOlukic/s72-c/gone+too+soon.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-3731042455624812668</id><published>2010-04-13T05:36:00.002+02:00</published><updated>2010-04-13T05:55:21.073+02:00</updated><title type='text'>Portrait du sodomite en esthéticien.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S8PrGka8TaI/AAAAAAAAALI/RFjirp4d3Gs/s1600/De+la+Path.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5459465671391595938" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand; HEIGHT: 282px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S8PrGka8TaI/AAAAAAAAALI/RFjirp4d3Gs/s320/De+la+Path.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Nous aimerions par la présente bifurquer du travail qui est le nôtre afin de parler d’un de nos collègues injustement rendu au silence. Bien que n’évoluant pas dans les milieux respectifs que sont la sociologie et la philosophie, il n’est pas erroné de considérer que Pierre-Emmanuel de la Path, zurichois à peine quadragénaire et professeur de vie, réunit par l’ampleur de son projet ces deux disciplines canoniques et affligées d’un considérable passif. Un temps l’élève du professeur Bouachiche lorsque ce dernier s’est retrouvé détaché pour enseigner en Europe de l’Est, monsieur de la Path s’était admirablement distingué par la volonté d’innover la méthode universitaire de la dissertation, mais aussi par le désir inamovible de prolonger l’exercice du savoir académique en y adjoignant la valeur ajoutée de l’expérience. Si bien que la vocation profonde de Pierre-Emmanuel a sans doute pris consistance dès lors que le professeur Bouachiche inaugurât son premier semestre exotique par l’univocité trompeuse d’un séminaire intitulé « &lt;em&gt;Publicités du sexe : perspectives, problématiques et questions d’herméneutique&lt;/em&gt; ». Le contenu dudit séminaire devait leurrer une majorité des étudiants de l’époque car ils s’attendaient à une exposition systématique des techniques visant à promouvoir la sexualité à travers une stratégie de progression sociale. Or le professeur Bouachiche, réputé notoirement pour sa détestation légendaire des truismes maquillés en question, proposait tout au contraire de démarcher les principes du sexe avant que de les associer à des tentatives d’acheminement professionnel. Il fallait donc entendre la publicité du sexe comme une manière précise de montrer la mise en place d’une sexualité sociale avant que de prendre pour acquis que le sexe occupe une place omnipotente dans le tissu du quotidien. Ceci est d’autant plus inexact que la publicité du sexe, en dernière instance, alimente la duperie générale étant donné que la surexposition des discours sexuels témoigne du creux des pratiques supposées accompagner de telles discursivités. Il n’est nullement autorisé d’affirmer en corollaire que ceux qui en parlent le plus en font le moins, toutefois il est relativement sensé de penser que les sociétés sexualisées dans leur image renferment des indices de frustration de grande envergure. Le professeur Bouachiche avait d’ailleurs émis l’hypothèse polémique que le taux de SIDA par habitant ne mesure pas la désinformation d’un pays au sujet de la maladie, ni même la désinvolture des moyens de contraception, mais qu’il révèle &lt;em&gt;a contrario&lt;/em&gt; les endroits où la sexualité est statistiquement élevée. Il avait conclu son propos avec l’humour cynique qui le caractérise : « Le préservatif étouffe alors il ne faut pas s’étonner qu’on le remise au cagibi. La performance escomptée de certaines positions du sexe exige du pénétrant la pleine possession de ses moyens, ce que le préservatif a tendance à amenuiser. Enfiler le préservatif, de la sorte, est comparable au pendu dont on recouvre le visage d’un sac noir ». Il n’y a pas lieu de discuter ce commentaire qui transporte au premier chef quelque chose de superficiellement humoristique et de fondamentalement véridique.&lt;br /&gt;Quoi qu’il en soit, le jeune Pierre-Emmanuel n’était pas resté indifférent aux enseignements du professeur Bouachiche, et ce en dépit des exigences presque anthropophages qui qualifient les séminaires du professeur. C’est ainsi que la destination scientifique de Pierre-Emmanuel s’est forgée, au contact d’une sédimentation des savoirs tout à fait foucaldienne, inspirée par l’intrépidité des thèses présentées aussi bien que par l’évidence souterraine de quelques vérités qu'il n'est pas toujours diplomate de dire en public. Rapidement devenu thésard en cotutelle, sous l’égide bienveillante du professeur Bouachiche et de son directeur de thèse le docteur Alejandro Sassus, spécialiste de renom dans le sujet retenu par Pierre-Emmanuel, on a rapidement compris dans la communauté savante que ce travail allait devenir quelque chose de fédérateur. À tel point d’ailleurs qu’un comité interdisciplinaire, présidé par les soins du professeur Deveureux, devait se réunir dans l’optique de justifier de toute l’arborescence potentielle du travail soumis par Pierre-Emmanuel, à la fois prodige de style et de pénétration de la matière épistémique. C’est sans surprise que la thèse fut déclarée recevable à l’unanimité, un jury composé de chercheurs éclectiques lui ayant apposé les félicitations avec mention très honorable.&lt;br /&gt;On regrettera cependant que ce travail n’ait pas été exploité par les milieux éditoriaux et on se permet sans transition de reprocher aux éditions Jacques Vrin de n’avoir pas accordé un intérêt respectable pour ce grand texte de science. Il s’agit ni plus ni moins que d’un &lt;em&gt;&lt;strong&gt;De Arte Sodomitia&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, gros volume d’un millier de pages, recensant les débuts et les quelques déclins de la sodomie, dont on a repéré des persécutions en fonction d’événements historiques précis que seul Pierre-Emmanuel est en mesure d’expliciter dans le rapport d’une accointance engagée entre l’historicité et la &lt;em&gt;sodoméïté&lt;/em&gt;. Tel qu’il est précisé dans la préface de la thèse avec ce style si personnel : « J’appelle &lt;em&gt;sodoméïté&lt;/em&gt; l’action de la sodomie considérée du point de vue de sa persistance dans l’Histoire, tandis que, d’autre part, j’appelle sodomie l’acte instantané de pénétrer l’anus d’un partenaire, indifféremment de son sexe et de son consentement, ce qui délimite d’emblée les façons de sodomiser selon une action mimético-temporelle et selon un acte théâtral qui clôture &lt;em&gt;motu proprio&lt;/em&gt; la tragédie du sexe en tant que pratique de soi à autrui ». Nous citons ce passage clé parce qu’il avait été sévèrement discuté par le professeur Deveureux à travers une critique très éclairée de Paul Ricoeur, qui, à en croire le professeur Deveureux, aurait dû figurer en note de bas de page à la suite de cet éclaircissement lexical dissociant sodomie et &lt;em&gt;sodoméïté&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Il n’empêche que le &lt;em&gt;De Arte Sodomitia&lt;/em&gt;, malgré ses thèses sémillantes et sa robustesse de caractère, est rapidement devenu un mythe de l’Université, tel le &lt;em&gt;Necronomicon&lt;/em&gt; qui hante l’entendement des connaisseurs de science-fiction. En d’autres termes, l’ouvrage de monsieur Pierre-Emmanuel de la Path a été indexé par des comités assermentés qui ne dépendent en aucun cas de la juridiction scientifique des professeurs Bouachiche et Sassus, ce qui a contribué à la disparition progressive de l’ouvrage de même qu’au scepticisme des maisons d’édition qui auraient pu démontrer, en cette occasion, quelque velléité dans l’exercice de la décision &lt;em&gt;marketing&lt;/em&gt;. C’est la raison essentielle qui a éloigné Pierre-Emmanuel de la structure universitaire. « Je n’ai rien à faire dans des milieux qui jugent qu’un texte écrit est plus interlope qu’un repaire de &lt;em&gt;Cosa Nostra&lt;/em&gt; » a-t-il déclaré au &lt;em&gt;Dauphiné Libéré&lt;/em&gt; du 14 janvier 1997, journal français influent qui se vend sporadiquement à Genève et Zurich, ce qui explique la tribune accordée à Pierre-Emmanuel alors que celui-ci avait contacté la rédaction du Dauphiné à la suite de sa mise en touche universitaire. Mais loin d’abandonner ce qu’il nomme avec transparence ses « enculades de salon » ou encore ses « raffinements du trou du cul », Pierre-Emmanuel a contre-attaqué son échec théorique en décidant de respecter à la lettre un précepte célèbre dans les affaires sodomites. Parti du point fragile des idées, il décida alors de se convaincre d’ériger la sodomie en art, d’aller en quelque sorte des &lt;em&gt;semantics&lt;/em&gt; aux &lt;em&gt;pragmatics&lt;/em&gt;, en se persuadant souverainement qu’il ne ferait dorénavant rien d’autre que de la sodomisation, que celle-ci soit institutionnelle, libre ou &lt;em&gt;sui generis&lt;/em&gt;. On a donc pu fréquenter plusieurs de ses night-clubs à travers la Suisse alémanique et romanche, des maisons de liberté tenues par des professeurs de vie formés par Pierre-Emmanuel de la Path en personne, tous ces coins et recoins de la nuit faisant la promotion de ce qu’il est convenu de nommer « l’enculage à tout âge », ne serait-ce que pour sauvegarder le message démocratique voulu par l’auteur du &lt;em&gt;De Arte Sodomitia&lt;/em&gt;, par ailleurs persuadé que la sodomie est un expédient plus indiqué pour atteindre l’orgasme. Sans faire état d’un quelconque étonnement pour ceux qui ont une sensibilité humaine accrue, ce témoignage propagé par ses épigones a séduit en grande proportion les milieux &lt;em&gt;gays&lt;/em&gt;, et ce fut une soirée mémorable que celle où Pierre-Emmanuel devait officialiser sa bisexualité, profitant de l’événement pour s’enquérir de trente « beaux culs » volontaires (quinze hommes et quinze femmes callipyges, par souci évident de parité), y allant de toute une nuit d’intromissions et d’éjaculations consécutives, fêtant de la sorte son trentième anniversaire en très grandes pompes mais en se gardant attentivement d’être pompeux.&lt;br /&gt;Bien que de telles habitudes soient en partie tenues pour excessivement discrètes, sachant le vent d’extrémité cognitive qui souffle de temps à autre sur la Suisse, Pierre-Emmanuel est souvent ennuyé par des accusations pathologiques qui veulent faire de lui ce qu’il n’est spécifiquement pas, à savoir un zoophile et, pire encore, un &lt;em&gt;pédo-zoophile&lt;/em&gt;, en ce sens que certains esprits accidentés par le manque de discernement ont cru que monsieur Pierre-Emmanuel de la Path était le ravisseur d’une colonie de chiots dans les environs de Neuchâtel. Heureusement qu’une enquête sérieuse devait démontrer que les chiots étaient en réalité destinés à un trafic kurde supposé fournir de l’argent en vue d’organiser des passes clandestines entre les Balkans et l’Angleterre. Le procès qui s’ensuivit, d’autre part, ne fit pas le bruit qui aurait pu sévèrement remettre en question la légitimité de Pierre-Emmanuel dans sa fonction de « sodomite évangélique », hormis le fait qu'une disparition de petites chèvres dans une ferme de Lausanne, juste après le procès, a soulevé de nouveau l'indignation de quelques voix belliqueuses mais isolées, stipulant sans vergogne que Pierre-Emmanuel de la Path avait voulu se venger de ses comparutions en se défoulant sur d'innocentes chèvres. Cela est resté sans suite et Pierre-Emmanuel a vite rejoint une association militant contre tout acte de sodomie sur des chèvres, association de bienfaisance dont le siège est basé à Mumbai.&lt;br /&gt;En conséquence de quoi, nonobstant les témoignages d’appréciation et de reconnaissance que les clients lui prodiguent avec force vivacité depuis tous les continents du globe (&lt;em&gt;Sodomy out there and overseas&lt;/em&gt; avait un jour titré un papier républicain de l’État du Nevada), Pierre-Emmanuel a commencé la deuxième décennie du présent siècle en augmentant son degré d’anonymat compte tenu des doléances singulières qui sont venues saccader son humanisme un peu calviniste. Ceci nous a donc conduits à propulser sur le devant de notre scène épistolaire les qualités de monsieur Pierre-Emmanuel de la Path, qualités que nous louons pour leur persévérance et que nous essaierons dans un proche avenir de rendre publiques en éditant occasionnellement des extraits du &lt;em&gt;De Arte Sodomitia&lt;/em&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-3731042455624812668?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/3731042455624812668/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=3731042455624812668' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3731042455624812668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3731042455624812668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/04/portrait-du-sodomite-en-estheticien.html' title='Portrait du sodomite en esthéticien.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S8PrGka8TaI/AAAAAAAAALI/RFjirp4d3Gs/s72-c/De+la+Path.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1964678825707406835</id><published>2010-03-08T04:49:00.002+01:00</published><updated>2010-03-08T04:52:18.266+01:00</updated><title type='text'>Il faut relire Joseph Goebbels.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S5R0NloCT6I/AAAAAAAAALA/p23lDsbIpHc/s1600-h/SophieSchollEnTrainDeLire.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5446105626184929186" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 296px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S5R0NloCT6I/AAAAAAAAALA/p23lDsbIpHc/s320/SophieSchollEnTrainDeLire.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher Bouachiche,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut croire qu’une technologie comme internet a décimé le monument de l’homme. Les plus optimistes trompent leur cerveau par une série d’espérances qui ne fait que trahir leur manque d’arguments. Mes étudiants soutiennent que les gens sont propriétaires d’assez de discernement pour savoir agir hors de la sphère virtuelle que représente le territoire d’internet. Je leur demande alors de me spécifier un type d’action qui dériverait ou qui s’émanciperait d’internet. Ils ne m’affirment que des banalités : fréquenter des copains, faire des commissions, aller au sport, participer à la vie politique etc. Ils ne se rendent pas compte que le domaine tentaculaire des mondes virtuels a posé ses ventouses là où les aspérités sont les meilleures : l’égo et le sexe, le Moi et l’appendice, l’être et son relief. Qu’on flatte les imaginations dépendantes comme on triture les sexes mous (asséchés chez les femmes), et l’on obtient la solution de l’harmonie. Internet est populaire car il vend des images qui touchent la subjectivité alors que toute vérité est objective : l’adolescent un peu laid s’invente un bikini pour évacuer le petit lait qui se caille, le chômeur de longue durée se motive en grossissant ses sites favoris de sites travaillistes, le fumiste consulte Wikipédia pour se constituer la science d’un repas parce qu’il y a de la noblesse à commenter la gastronomie en l’enrobant de citations, et Facebook accouche de groupes pour le plaisir de cumuler des « fanatiques » en augmentant les statistiques. Autrement dit, internet soulage toutes les volontés pendant que l’intellect subit la jachère. Mon propos ne consiste pas pour autant à exposer le contraire de ce que je dénonce, à savoir une société de savants cyniques, il se veut juste un avertissement thérapeutique. Ma pensée se résumerait de la sorte (très à proximité de ce que Schopenhauer a raconté les soirs d’hiver à son caniche) : l’intelligence est pouvoir d’objectivité; constamment menacée par les bassesses du vouloir, l’intelligence s’épuise et finit par se confondre en un cerveau de chien errant. Où l’action n’a plus de valeur dans l’agir car le sujet est déconnecté du monde objectif, ce même sujet, tel le chien qui se promène en poursuivant l’odeur des poubelles, marque des territoires. La vie ne se définit plus par la vertu, elle se détermine plutôt par le plaisir personnel de dire « J’ai été ici », « J’ai été à cette fête », « J’ai possédé cette femme », et ainsi de suite, sans nécessairement ajouter de subordonnée complétive. En bout de ligne il n’y a que le JE qui s’exprime, dans l’expectative de son adoubement. À la morale de l’action succède la morale de l’attraction de soi : internet permet à chacun de se prendre pour une entreprise qui a pouvoir de décider qui elle embauche et qui elle licencie. L’attraction de soi n’est que plus effective si un statut Facebook vient faire office de redondance. Qui douterait que son réseau d’amis ne se souvient pas des événements de l’heure écoulée, ne tarderait donc pas à écrire un sommet de science sur son profil : « Super la fête de ce soir ! ». Il signifie par là que ses employés approuvent sa politique de travail. Ceci dit, comme le commerce n’est pas toujours équitable, il y a des concurrents, et ce sont eux qu’il faut dénigrer, éliminer, délocaliser. La publicité de soi en tant que passion de se vendre, ce n’est que cela qui se déduit. L’avatar est la lettre de change du virtuel quand le corps a échoué à être dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc aisé de conduire une société malgré la tendance au gigantisme de certains pays. Puisque le Web relit les personnes, il est le nouvel opium du peuple, la nouvelle suture ontologique qui substitue les dieux du monothéisme en bâtissant des Olympes çà et là. La suprématie sociale se mesure au nombre de ses fans (sur Facebook ou ailleurs). Alors que je ne m’investis sur ce réseau qu’à dessein d’y sonder les plus sombres facettes de la bêtise, un certain monsieur JBC a osé me contacter pour me dire quelque chose de scandaleusement familier : « Je suis fan de vous, j’ai créé un groupe et j’aimerais que vous en fassiez partie ». À l’évidence, je n’ai même pas pris le soin de répondre à ce petit avorton. Toutefois une vérification rapide m’a rassuré sur l’état de notre Olympe : vous et moi, cher collègue, n’avons que deux fans selon les données du groupe de monsieur JBC. Voulez-vous que je vous dise ? Cela me rassure sur l’état de ce que nous enseignons : la sociologie et la philosophie n’appartiennent pas aux mondes virtuels, elles discutent de ces mondes. Ici même, nous discutons entre nous. Il est réjouissant de ne pas crouler sous les commentaires insupportablement stériles même si nous en avons essuyé quelques-uns. Nous n’avons pas de compte à rendre, et si la population suppose qu’une discussion est possible, elle devra s’acquitter des principes de la critique kantienne pour ne pas que les débats se terminent là où commence le conflit d’opinions. Une vraie discussion n’a pas de fin, on se résout à la clôturer. Une fausse discussion est bruyante, confondue par l’intérêt de se faire remarquer, entrecoupée d’approximations et fondamentalement limitée par les emplois du temps de ceux qui ne méritent même pas qu’on les écoute. Pourquoi ne puis-je parler à un étudiant ? Parce que je sais qu’il ne sait pas, alors je voudrais qu’il le sache et qu’il ne vienne pas me déranger. L’étudiant, en sachant son ignorance, réussira à réanimer son intelligence sous sédatifs. Or la majorité des élèves perd du temps à un âge où leurs cerveaux sont pourtant les plus réceptifs du point de vue biologique. Ils ont des engagements amoureux, des émissions de télévision à voir, des domaines « olympiques » à entretenir, des meubles à aller choisir pour leur appartement qui ne symbolise que l’avant-scène de leur caveau familial. Ils gaspillent leur temps alors qu’ils apprendraient beaucoup plus en étant seuls, sans autre forme de société que celle du cerveau. Mon ambition est vaste : assassiner les corps par un cancer inversé des cervelles. J’aimerais qu’une hémorragie de neurones emplisse les phallus pour que les saillies soient épistémologiques. J’aimerais que la crasse nullité des femmes se guérisse par des sodomies informatives. Mais cela n’est pas vraiment envisageable. Les femmes s’habillent en vagins disponibles, semblables les unes aux autres, exigeant de certains chefs qu’ils leur fassent signer un contrat longue durée. Mais puis-je vraiment choisir dans le semblable ? On me demande donc de préférer une prostituée à une autre, ce que je ne saurais faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par conséquent, un tel convoite son Olympe, un tel est jaloux, puis un tel se renfrogne en accomplissant l’acte le plus séditieux du XXIème siècle : il signifie sa désapprobation en quittant le groupe d’un tel et en rejoignant la société de tel autre. Sans autre forme de procès qu’un jeu de saute mouton, les avatars d’Internet galopent, batifolent, marivaudent.&lt;br /&gt;Le dehors s’assimile au monde virtuel à une exception près : ce que je peux faire sur Internet, je ne le fais pas dehors. Ainsi le dehors s’aseptise. Il y a un décalage maladif entre la profusion des actions virtuelles et la rareté des actions effectives. Le seul moyen d’exister dans le dehors, c’est de mourir. Je préconise le suicide des avatars par le suicide de leurs patrons respectifs : qui ne sait plus exactement comment il s’appelle doit se suicider de façon spectaculaire pour avoir le plaisir d’avoir agi de manière autonome. Dans les grandes métropoles, les usagers des transports en commun se plaignent des retards. En ce qui me concerne, je salue les personnes qui se suicident dans le métro. Je veux ici même encourager le suicide en public s’il est une preuve d’action autonome. Tant pis pour les jeunes femmes complexées qui se vident de leur sang dans les baignoires; elles gagneront en autonomie en se tirant une balle dans la tête dans l’autobus. Car n’oublions pas une chose, cher Bouachiche, l’avatar est certes un déguisement de la médiocrité, mais il est bien plus encore, c’est-à-dire qu’il est une liposuccion, une étape de l’esthétique de soi, un premier pas vers la falsification de sa personne. « Lolita », le plus souvent, dissimule une adolescente au physique ingrat, éventuellement anorexique, mais qui se transformera en redoutable séductrice pour qui ne sait pas distinguer le discours romantique véritable d’une pâle imitation d’intelligence verbale. L’anorexique, dont le corps est moins visible que sa copine éventuellement boulimique, doit encore plus que les autres chercher le spectaculaire de sa fin. Un petit corps, ainsi, doit réfléchir davantage : déjà qu’il est relativement invisible aux yeux de la société hypocrite, il est nécessaire que sa petitesse adopte un moyen de reconnaissance ostensible. Si donc des anorexiques venaient à lire ce message, je leur conseille d’aller se noyer dans les fontaines catholiques où l’on jette des pièces à destination de son intercesseur chérubinique. Non seulement elles feront hommage à Notre-Dame des Douleurs, mais en plus elles gonfleront sous l’effet de la noyade, ce qui leur donnera la consistance qu’elles n’avaient point dans l’existence en même temps que cela épouvantera les âmes. Et plus tard, dans la soirée, des commentaires outrecuidants suivront sur Facebook : « Honteux de se tuer dans les fontaines de Dieu ! ». Quoi qu’il en soit, pas moins honteux que de faire semblant de compatir dans le monde pour ensuite détester dans le virtuel. C’est là une racine du nouveau nazisme : le virtuel juge et condamne, le monde objectif s’emprisonne. Pas étonnant, mon cher Bouachiche, que nous ne soyons que deux à nous entendre. Nous disons objectivement ce que tout le monde accepte virtuellement en le contestant toutefois dans le réel. Pour quelle raison ? Parce que le virtuel n’engage à rien tandis que le réel rendrait effective l’inutilité des sainte-nitouches qui se plaignent de gens comme nous tout en devenant pires derrière leurs Avatars. Il vaut mieux paraître qu’être quand l’être a disparu dans un je ne sais quoi de propagande subjective. Puissent les avatars se souvenir que Goebbels, un maître de propagande, a fini par opter pour les recommandations du suicide. Ce fut son autonomie parmi le système qui lui soufflait son existence. Goebbels, de la sorte, est un meilleur mort que ses collègues qui ont attendu la pendaison. Il fut une fois autonome quand les autres furent jusqu’au bout des avatars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À vous pacha Bouachiche,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1964678825707406835?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1964678825707406835/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1964678825707406835' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1964678825707406835'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1964678825707406835'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/03/il-faut-relire-joseph-goebbels.html' title='Il faut relire Joseph Goebbels.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S5R0NloCT6I/AAAAAAAAALA/p23lDsbIpHc/s72-c/SophieSchollEnTrainDeLire.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-6256708910467915736</id><published>2010-03-01T16:34:00.002+01:00</published><updated>2010-03-01T16:40:52.725+01:00</updated><title type='text'>Hitler avait un toc.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S4vf-IBYCvI/AAAAAAAAAK4/uhKyeYIsetk/s1600-h/schicklgruber-alias-hitler.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5443690833005513458" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 250px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S4vf-IBYCvI/AAAAAAAAAK4/uhKyeYIsetk/s320/schicklgruber-alias-hitler.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher ami,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Votre discours m’a bouleversé les sens. Je suis en passe de rejoindre votre éventuel « club de fanatiques étudiants ». J’admire vraiment votre perception analytique du nouveau nazisme qui prend forme en chacun de ces êtres rongés par le désir de contrôler un territoire virtuel. Ainsi Second Life ne serait qu’un troisième Reich en puissance. Je me suis alors fait la déduction suivante : pourquoi exprimons-nous ce désir ardent de reconnaissance et de contrôle sur un espace web prédéfini ? Est-ce que l’absence de réalisation de soi par le travail est à l’origine de cette dépendance morbide ? Ou est-ce dû au manque cruel de courage pour oser s’affirmer dans une réalité trop difficile à envisager ? Pourquoi notre image nous pose des problèmes d’intérêt ?&lt;br /&gt;J’ai déjà évoqué la quête de Monsieur Andy W. et sa maxime du quart d’heure de gloire mais ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’homme aurait-il donc un besoin naturel, causé par sa conscience, de projeter une image si parfaitement construite que finalement elle aspirerait toute l’énergie vitale de l’âme afin de permettre la reproduction de ses miasmes ? Nous rejoignons ainsi les croyances des Aborigènes concernant l’outil photographique. Cette quête sacerdotale n’est-elle pas un substitut à la lutte pour sa propre survie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Internet se traduit finalement comme la nouvelle lutte des classes. Un combat pour le pouvoir, seule forme omnipotente de reconnaissance et de revalorisation de soi. Nous avons donc une véritable déperdition dans l’approche constructive du soi. Vous le dîtes si bien : on ferait bien mieux d’acquérir la connaissance de sa rue avant de se proclamer aventurier de terres lointaines. Un symptôme sociologique a fait son apparition. Il traduit bien ce malaise social qui consiste à rapidement se construire un avatar avant même de s’établir comme être possédant une âme et une conscience. Ce trouble obsessionnel du comportement, appelé TOC, traduit parfaitement le manque de connaissance du « Surmoi ». Hitler n’avait finalement qu’un toc dû au manque de reconnaissance de ses dons artistiques. La distance entre la projection inconsciente de son être et sa véritable nature a provoqué la perte de nombreux Juifs. Il est par conséquent nécessaire pour ces fascistes du web en devenir d’adapter une personnalité hitlérienne à leur(s) avatar(s). Ainsi une dépendance ponctuée de frustrations se crée. Plus le temps passe et moins l’affranchissement de sa propre représentation construite est possible. Nous sommes face à un dilemme récurrent de nos sociétés modernes.&lt;br /&gt;Dans ce monde omniscient à l’individualisme exacerbé la pression sociale pousse les hommes dans ce retranchement qu’on appelle « avatar ». Le TOC reste donc le signe avant-coureur d’un glissement irréversible vers une personnalité construite devenue indépendante de son esprit créateur. L’obsession du contrôle devient pressante dans ce monde contemporain où tout nous échappe. Les hommes se perdent dans une communication et une économie devenues virtuelles. Plus les éléments « repères » de notre équilibre mental sont éloignés de notre perception consciente et de notre environnement immédiat, plus nos comportements sociaux deviennent « &lt;em&gt;borderline&lt;/em&gt; ». J’illustre donc mes propos en disant ceci : une corrélation existe entre la distance cosmique qui persiste à travers les grandes sociétés leaders des marchés et une attitude d’anorexie ou de dépendance accrue à la chirurgie esthétique – la fluidité des richesses n’entraîne pas forcément la fluidité psychique des populations qui dépendent des gros marchés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La complexité de l’ « avatar » réside dans le clair obscur de l’intimité. Je m’explique : aujourd’hui nous existons par l’exposition de nos actes séculiers les plus basiques. Et pourtant, ces données révélées sur des sites communautaires paraissent pertinentes au moment où le clic sur la touche « entrée » est effectué; mais le temps fait son œuvre. Je cherche de la sorte à éclairer le trouble qu’un profil Facebook peut apporter à une construction de soi. Facebook est un tatouage de nos vies que nous ne pouvons enlever, une aliénation à notre passé comme ces vieux bikers américains qui arborent sur leur avant bras des jeunes filles en bikini, devenues toutes fripées avec l’usure des années. En conséquence de quoi le contrôle de nos évolutions est ainsi engagé. Nous ne pourrons plus nous excuser de nos erreurs passées, nous aurons à jamais une empreinte indélébile de nos vies. Peut-on avoir une idée de la force destructrice de ne pas pouvoir oublier ses actes regrettés ? Non, nous n’en avons aucune. La tectonique des comportements humains devient, grâce à Facebook, un tsunami identitaire. Pour conclure, j’endosserai le rôle de prophète de la sociologie : la perte des valeurs réelles donnera à l’humanité sa perte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Bien à vous,&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K.B&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-6256708910467915736?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/6256708910467915736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=6256708910467915736' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6256708910467915736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/6256708910467915736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/03/hitler-avait-un-toc.html' title='Hitler avait un toc.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S4vf-IBYCvI/AAAAAAAAAK4/uhKyeYIsetk/s72-c/schicklgruber-alias-hitler.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-573133905224616136</id><published>2010-02-12T00:42:00.004+01:00</published><updated>2010-02-12T02:06:03.595+01:00</updated><title type='text'>Le nazisme est un humanisme.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S3SYYQZDXII/AAAAAAAAAKw/9kQNfk9s4V0/s1600-h/w3DSC01229.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437138192627358850" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S3SYYQZDXII/AAAAAAAAAKw/9kQNfk9s4V0/s320/w3DSC01229.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cher professeur Bouachiche,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu d’esprits s’affirmeront contre votre parole à moins qu’ils ne soient pas vraiment compétents dans la connaissance du monde contemporain. Certains socialistes ont d’ailleurs bien de la peine à poursuivre des actions altruistes parce qu’ils agissent en confondant la logique du parti et les besoins naturels, ou du moins ils font semblant d’être confus à ce sujet. On observe donc ce décalage sur l’île d’Haïti : les nations en santé viennent secourir un pays malade pour la raison que des causes naturelles se transforment en pathologies raisonnées, les puissances économiques ignorant de plus belle la réalité du mal qui continue d’affaiblir ce coin d’Atlantique (il s’agit d’une ignorance volontaire qui modifie un phénomène naturel imprévisible en l’aménageant en programme d’éthique organisé, étagé, rationalisé). Placer un séisme au sommet de la hiérarchie des maladies nationales est une stratégie d’épargne. Comme la paupérisation par les circuits économiques est régulière en comparaison des tremblements de terre, on surexploite l’occasion en éclipsant les véritables erreurs morales – on fabrique littéralement plusieurs éclipses médiatiques, étirant le phénomène à son potentiel maximum, c'est-à-dire par la publicité des concerts de charité où l’homme blanc vient davantage pour écouter de la musique que pour se soucier en plein du problème; en outre on attire du monde, me semble-t-il, par des procédés d’attraction plutôt que par des procédés de répulsion, ce qui ne fait que confirmer l’hypocrisie de ces manifestations. Ainsi l’argent injecté dans le sinistre haïtien se redistribuera en dettes diverses à l’égard des secouristes parce que la morale représente un crédit infini quand les débiteurs n’ont pas d’autre choix que de la voir venir. La catastrophe naturelle est une aubaine pour se détacher d’autres viscosités naturelles. Les criminels, après tout, ont le droit de se louer un petit moment de conscience.&lt;br /&gt;Sans forme d’ambiguïté, conformément à cela, je crois que le nazisme était un meilleur humanisme. En supposant que les directives du IIIème Reich auraient pu arriver au bout de leur projet, on doit alors concevoir que l’idéologie aurait disparu en même temps que le dernier Juif. La logique d’exécution, en tant que processus, ne pouvait s’écarter des principes qui la faisaient fonctionner. Les ordres aboutissaient aux règles, lesquelles n’étaient pas en mesure de quitter la rectitude. D’autres devaient donc s’attaquer à ce bastion d’exécution massive pour espérer inverser les tendances assassines qui ruinaient la généalogie de certains peuples opprimés. Des coalitions ont alors émergé et dès lors que la cible nazie a été intégralement identifiée, il a été relativement simple d’étouffer le Léviathan et d’en récupérer la tête pour en faire un trophée de guerre.&lt;br /&gt;Le nouveau nazisme, que je ne veux pas appeler un fascisme, est beaucoup plus puissant en ceci qu’il possède plusieurs corps, sans parler de ses aspirations indéfinies. À certains égards, si l’on admet plusieurs corps, l’on doit admettre plusieurs vies ainsi que des capacités régénératives. La technique consiste à se passer le témoin de la responsabilité discrètement, puis à profiter des opportunités telles que les catastrophes afin d’atténuer la violence souterraine de ce qui s’accomplit sur la surface défigurée. Car la multiplicité des corps réduit la possibilité des déguisements, ce qui fait que de grosses occasions fournissent une gamme importante de costumes qu’il faut tout de suite enfiler. D’autre part, la médiatisation, alimentée par les dérives du Web qui connecte le monde le jour et la nuit comme vous le soulignez, ne laisse aucune place à l’alternative, au contre-courant, à la perspective d’un dégonflement de la bien-pensance. Le Web agrège des communautés d’opinions qui ne tolèrent pas la présence d’opinions contradictoires – le forum recense les éloges d’une star du cinéma et bannit ceux qui s’inscrivent pour remettre en question l’objet d’une pareille adulation, Facebook fragmente le dialogue en présentant des milliers de groupes qui s’invectivent les uns les autres dans l’optique d’une acquisition de reconnaissance virtuelle faute de pouvoir disposer des moyens et de la force nécessaires à la possibilité d’une action réelle, Wikipédia se vante de mettre la connaissance à portée de tous et l’on cache les insuffisances de ce média en nourrissant l’argument simpliste de la culture qui doit être accessible au plus grand nombre etc.&lt;br /&gt;L’arrogance générale qui règne sur le Web est à mon avis un trait caractéristique du petit nazi qui s’exprime dans chaque cervelle dont la journée est qualifiée de réussie à condition qu’un territoire ait été marqué. Toute société de pouvoirs recréée virtuellement signifie l’odeur du chenil, en l’occurrence la confusion des caniches nains qui aboient à la face des caniches royaux que quelques valets auront parfois équipés d’échasses.&lt;br /&gt;En m’attardant sporadiquement sur les espaces de discussion (auxquels je ne participe pas étant donné que je n’ai que la volonté du témoignage), je m’étonne de ce que l’Humanité compte autant de génies proclamés que la société a passablement écartés de son circuit d’influence. Ces personnages ont d’ailleurs des fréquences de participation éblouissantes, à croire qu’ils travaillent davantage à la construction d’un territoire qu’à l’établissement d’une situation d’interlocution, maçons de la réputation et célibataires de la société qui leur a prétendument refusé un permis de se construire. On les repère facilement car ils ont tous une petite cour de fidèles, de courtisanes et de mignons. Ils sont environ une dizaine par forum à refaire le monde de la physique quantique, à critiquer les décisions politiques, et certains vont même jusqu’à pousser la supercherie en se disant « cartésiens », « goethéens », « aristotéliciens »… et même « herméneutes » ! En creusant un peu, on s’aperçoit que ce sont des cuistres, des frustrés et bien souvent des paresseux qui s’intronisent Président, Professeur ou Grand Maître de Culture, le tout en étant dépourvus des attributs minimums, soit de la volonté de se démarquer ailleurs que derrière son écran d’ordinateur.&lt;br /&gt;C’est pourquoi je me méfie des nouvelles technologies. Comme vous l’avez déjà démontré, mon cher Bouachiche, la profusion des informations additionnée à l’illusion que l’on peut maîtriser l’ensemble de ces divers contenus engendre une schizophrénie mentale des plus dangereuses. Les nazis contemporains n’ont pas de cible, ils veulent tout. Mademoiselle P. qui voulait tant réussir son diplôme ridicule de professeur de la petite école vu qu’elle se figurait que cela la conduirait à son Tout, le tout en se persuadant que ses échecs étaient causés par des présences humaines, a décidé souverainement de supprimer l’existence de tout individu susceptible de lui nuire dans cette entreprise, opérant une classification binaire entre l’estimable et le négligeable, entre l’opportun et l’inutile, entre le comestible et le vénéneux – l’image alimentaire, au demeurant, me paraît plus juste. Il ne lui faudra pas s'étonner de mourir d'un cancer de l'estomac qui se généralisera à l'intestin.&lt;br /&gt;La compétition des concours, entre autres, entraîne la détestation d’autrui bien que certains gardent la lucidité de ne pas se cautionner en tant que lieutenants du meurtre d’autrui. Un &lt;em&gt;allocide&lt;/em&gt; n’est pas contraire à la raison quand on peut s’éviter une peine certaine. Et la raison, hypocrite, reviendra à la charge dès qu’elle sentira le cadavre d’autrui pourrir, inquiète du silence, voyant qu’elle n’est rien sans l’autre qui peut seul lui dire qu’aujourd’hui, par exemple, « tu es bien belle avec ta robe malgré ton caractère de petite connasse prétentieuse et sans charisme ». C’est la raison pour laquelle mademoiselle P. et ses clones, tellement nombreux, mériteraient la peine de mort, sous le chef d’accusation principal de &lt;em&gt;nazisme auto-normatif&lt;/em&gt;. J’appelle nazisme auto-normatif une imprégnation de la conscience qui finit par appliquer au monde des volontés non discutées, à savoir des volontés qui exigent des exceptions de la nature pour elles seules.&lt;br /&gt;Or les nouvelles technologies, si rapides et si véloces pour nous procurer ce que l’on veut, déforment la lenteur constitutive des existences en formation. Il faut apprendre à devenir quelqu’un plutôt que d’essayer d’être quelqu’un en supprimant les contraintes. La liberté, concept si élastique, ne veut rien dire si c’est pour en faire un usage de bohémien. Tout aspirant au voyage ferait donc mieux de savoir voyager en sa rue avant de prétendre conquérir des territoires dont il n’a qu’une idée théorique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-573133905224616136?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/573133905224616136/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=573133905224616136' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/573133905224616136'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/573133905224616136'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/02/le-nazisme-est-un-humanisme.html' title='Le nazisme est un humanisme.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S3SYYQZDXII/AAAAAAAAAKw/9kQNfk9s4V0/s72-c/w3DSC01229.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-3052986182065165727</id><published>2010-02-05T23:49:00.003+01:00</published><updated>2010-02-06T06:51:42.543+01:00</updated><title type='text'>Human compost.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S2yiGaD0DwI/AAAAAAAAAKo/ODpCmLAV9GE/s1600-h/Yoko-Ono.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5434897081287577346" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S2yiGaD0DwI/AAAAAAAAAKo/ODpCmLAV9GE/s320/Yoko-Ono.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je comptais sur ce nouveau courrier pour vous faire part de mes nouvelles recherches sur la sociologie de groupe dans les cultures comoriennes installées à Marseille mais l’actualité m’oblige à revoir ma copie et je ne peux me soustraire à ce compost humain présent en Haïti. Je vais donc employer un lexique écologiste pour vous transmettre mes consternations face à ce fléau naturel. Bien sûr, me connaissant, vous aurez parfaitement compris que le nom de « fléau naturel » ne se rapporte en rien à la catastrophe sismique de cette île. Ma référence s'adresse davantage à la déferlante colonialiste des aides internationales. Il est vraiment jubilatoire d’observer que ces terres en jachère depuis des décennies deviennent subitement une terre fertile grâce à un compostage humain riche en sédimentation.&lt;br /&gt;Alors analysons ce phénomène qui pousse l’homme d’origine nord-hémisphérique à un acharnement forcené pour sauver quelques vies qui, en elles-mêmes, ne comptaient pas plus que celles de leurs « bien-aimés toutous » avant ce drame. L’esprit des colons persiste et signe. La nausée est prenante. L’engouement populaire pour ces vies labourées depuis des années par le tracteur du profit avec le regard inquisiteur de la compassion me donne le cancer des émotions. Est-ce que je remets en cause le bien fondé de ces grossistes politiciens qui n’y voient qu’une stratégie géopolitique ? Oui, et je le crie bien haut. Il est honteux que le marchand de blé ne ramasse les fanes haïtiennes que dans le seul objectif d’être présent sur une avant-scène internationale. Manœuvres scandaleuses afin de semer quelques bonnes intentions de vote auprès de ses concitoyens. Je me pose donc la question globale du monde accessible à toute heure du jour et de la nuit comme on sert des hamburgers spongieux au « &lt;em&gt;drive&lt;/em&gt; » d’un fast-food. Les organes de presse restent des déchets toxiques dont le recyclage est devenu impossible. La seule solution envisagée est donc de resservir ces charognes dans un pain blanc mou distribué par un clown dépravé. Ces cadavres fumants, à la couleur café, ne servent qu’à occuper le temps libre de médecins occidentaux à la retraite. Ils jouent aux héros, et dans le même temps, une partie des populations noires africaines meurt dans l’inconscience collective. La tragédie haïtienne n’est que la vitrine d’un « &lt;em&gt;baby shop&lt;/em&gt; » où le Blanc bien intégré avec une morale à deux sous cherche à adopter un petit Noir pour être raccord avec sa sacoche en cuir. Le fondement de cette déviation est la conception même de l’économie. Le dollar devient la référence humaine dans toutes les communautés qui parcourent le monde. Et on ose parler de solidarité ! Mais au fond qu’est-ce que la solidarité face à des plaies béantes depuis tant d’années ? Peut-on m’en donner une définition plausible ?&lt;br /&gt;Je vais pousser la provocation en osant révéler quelques propos insoutenables qui néanmoins nous obligeront à reconsidérer nos réflexions les plus niaises. Ce séisme en Haïti est un véritable renouveau, une chance à la population locale de se réinventer un système plus juste. Mais nous n’en arriverons pas là parce que les ONG font du business avec la souffrance afin que les pauvres petits Blancs se sentent utiles dans leurs vies si pathétiques et si misérables. Il est facile d’envoyer un message surtaxé pour libérer la conscience de son ignorance.&lt;br /&gt;Je vais encore plus loin dans mes propos. Durant les camps de la mort, les nazis ont eu cette idée magnifique de recycler les corps des Juifs qu’ils tuaient à la chaîne. L’idée merveilleuse de faire du papier avec de la peau, et du savon avec de la graisse, est prodigieuse d’avant-garde. Ces hommes ont eu le courage d’aller au fond des choses en proposant une véritable pensée inconsciente, c’est-à-dire cette pensée que l’être humain « inférieur » devait servir à la production active de l’homme Blanc. Certains prendront ces propos au premier degré mais je n'en ai que faire. Ne soyons pas dupes : il est obligatoire, dans l'ordre établi des Occidentaux, que les hommes à la couleur de peau sombre doivent mourir par dizaines pour maintenir le train de vie d’un seul homme Blanc. C’est une logique de marché et nous n’y pouvons rien. Ainsi le séisme en Haïti n’est qu’un remède à la crise monétaire mondiale.&lt;br /&gt;L'être humain issu de majorité visible mais ignorée est un engrais naturel pour la vie confortable de l’homme bien pensant. Nous devons donc cesser de globaliser les flux monétaires. Ainsi nous obtiendrons un système sociétal plus juste et plus près de nos réalités socio-ethniques. Je m’explique. Un groupe à l’économie locale donne des perspectives économiques à courtes échelles qui permettent une véritable agronomie à taille humaine. Le facteur réussite de ce groupe réside principalement dans la structure même des éléments qui la composent. La mixité est nécessaire pour que le groupe de population ne se greffe pas dans le même sens. Une vision plus proche de notre environnement direct représente la garantie durable d'une réflexion saine et d'un développement social équitable. Je disais hier qu'une tectonique des comportements humains existait, j'affirme aujourd'hui qu'un compostage des vies misérables est nécessaire dans la logique de marché capitaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rageusement,&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;K.B&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-3052986182065165727?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/3052986182065165727/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=3052986182065165727' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3052986182065165727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3052986182065165727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2010/02/human-compost.html' title='Human compost.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/S2yiGaD0DwI/AAAAAAAAAKo/ODpCmLAV9GE/s72-c/Yoko-Ono.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1016346216172938997</id><published>2009-12-17T00:53:00.003+01:00</published><updated>2009-12-17T01:24:57.819+01:00</updated><title type='text'>Des phobies et des hommes.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Syl2fBkjPII/AAAAAAAAAKg/3793JZGDWsI/s1600-h/archytas.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5415990302259494018" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 249px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Syl2fBkjPII/AAAAAAAAAKg/3793JZGDWsI/s320/archytas.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cher professeur B,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout apprenti savant devra retenir la leçon que vous mettez en pratique lorsque vous faites état de votre rétractation provisoire du monde universitaire. Il faut reconnaître que les défauts des établissements de l’enseignement supérieur se condensent principalement en ceci qu’ils sont saturés de théories, lesquelles finissent par ne plus comprendre le rapport qui les unit à leurs domaines d’application. Et je crois que cette scission inconsciente (quoique très efficace à l’entretien des mandarinats) nous dit quelque chose de substantiel sur les mécanismes de la peur. Mon objectif sera de montrer que la peur est d’une nature différente que celle que les décisions politiques entretiennent dans l’espace public. L’argument que je veux d’emblée privilégier est le suivant : la peur ne se fabrique pas dans l’atelier du petit chimiste, pas plus qu’elle ne se raconte en théorie comme si elle dépendait d’une action forte agissant sur des groupes d’objets inertes. Penser que la peur est davantage sujet que ceux qui l’éprouvent, c’est reconnaître l’euthanasie de la raison que vous avez décrite, c'est-à-dire l’assistance gouvernementale qui opère soigneusement les esprits en vue d’obtenir un calibrage des émotions. Ce type d’intervention rejoint ce que vous expliquiez au sujet de la « pédophilie mentale » entre les mères et leurs enfants, sauf qu’ici je parlerais plutôt d’une violation des droits cognitifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La méthode du politique doit être comprise avant de passer à l’examen proprement dit des instances de la peur. Dans le sillage de ce que monsieur Sehene-Gatore déclarait, je soutiens que le pouvoir gagne à enfanter de la bêtise. Le processus est d’autant plus convaincant que la plupart des femmes enfantent déjà de la bêtise dans la façon qu’elles ont de s’imaginer que neuf mois de gestation équivalent à neuf mois de discours prospectifs à propos de &lt;em&gt;ce que devra être l’enfant&lt;/em&gt;. On comprendra dès lors qu’une fausse couche, voire un nourrisson morphologiquement inadéquat à toutes ces représentations poussives et non conformes au principe de réalité robuste, peuvent détruire neuf mois de bonheur préfabriqué et être causes de frustrations létales. Qui plus est, l’esprit féminin maternisant a ceci de généreux qu’il se représente des souvenirs qui n’ont pas encore eu lieu. Ces excroissances d’images sont à mettre au compte de plusieurs vacuités que nous devrons éventuellement discuter ailleurs. Retenons simplement que la bêtise enfantée, avant toute « pédophilie mentale » qui suivra lors de l’éducation de l’enfant, repose sur un principe d’irréalité qui se substitue à la réalité. L’argument principal est relativement simple d’accès : le discours sur la beauté supposée de l’enfant est proportionnel à la grossesse car, le corps féminin grossissant, il est préférable de décentrer la fuite de la beauté étique au profit d'un type de beauté éthique qui se distribue dans le procédé prospectif visant à dire du futur nouveau-né ce qu’il est devenu inconvenant de dire de soi-même (autrement dit : passer de soi comme non-maigre au non-encore-advenu comme déjà-beau). Par conséquent, si la volonté peut même choisir le plus absurde, il est aisé pour le politique de faire en sorte que ce choix puisse se dupliquer dans d’autres sphères de la volonté. On peut par exemple citer le réflexe moralisateur qui dit qu’il est plus terrible qu’un minibus de colonie de vacances s’écrase dans un ravin plutôt qu’un minibus de personnes âgées. La gouvernance va donc travailler la peur dès le plus jeune âge pour deux raisons apparemment disjointes : 1/ Il est nécessaire que les jeunes aient peur parce que cette peur aura un effet de vase communicant sur les parents. 2/ Les vieux, de toute façon de plus en plus séniles, ressentent de moins en moins la peur, quoique les représentations de la mort ne soient pas davantage réelles que les idées maternelles de l’enfant encore recroquevillé dans le ventre pathétique de la mère.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La méthode de gouvernement va créer en conséquence des questions &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt;. Qu’est-ce que cela signifie ? Que les peuples d’abrutis ne se posent pas les bonnes questions, donc il faut que le pouvoir propose des questions de substitution, et ces nouvelles questions sont établies en fonction des revendications populaires que l’on entend dans les rues. Le peuple est alors charmé parce qu’il a l’impression, en faisant la grève, de répondre à la question de l’État qui vient pourtant de formuler bêtement sous un rapport interrogatif que la période était difficile (la mise en question camouflée est formidable car elle donne un aspect d’intelligence à ce qui est purement constatable; elle transforme en quelque sorte un truisme en l’emballant dans un point d’interrogation). J’appelle cela des séquences de questions inversées, en ce sens que les questions sont posées à partir de ce que le gouvernement observe dans le périscope de la population médiocre. Un tel handicap mental est possible parce que le peuple descend battre le pavé pour se plaindre, persuadé qu’il a effectué un autodiagnostic parfait et que ses doléances sont sémantiquement valides par rapport à une situation pourtant étrangère à toute sémantique vériconditionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, faire d’une peur quelque chose de populaire, c’est considérer que la théorie dépassée du sujet et de l’objet est encore en vigueur. Je dois m’expliquer de cela.&lt;br /&gt;Dans un texte que j’apprécie tout particulièrement, Vincent Descombes pose le problème de l’action sous le rapport d’une constellation d’agents solidaires mais en fonction de degrés variables d’agir, ce qui disqualifie la métaphysique agonisante d’un sujet souverain qui aurait à entreprendre son action par l’intermédiaire d’un objet inerte qui n’attendrait que sa modification pour justifier en effet de l'action. Vous pouvez lire ces analyses dans &lt;em&gt;Le complément du sujet&lt;/em&gt;, aux éditions Gallimard.&lt;br /&gt;Il faut donc abandonner le schéma binaire d’un sujet qui agit et d’un objet qui pâtit. Un exemple trivial serait le suivant : « Obama a lancé un nouveau plan de santé publique ». La phrase est juste sauf qu’Obama n’a pas littéralement mis sur pieds les mesures de santé à lui tout seul. Il est moins trivial de faire remarquer ce genre de détail car les critiques d’Obama croient qu’il est l’unique responsable de l’action qui consiste à penser et mettre en route un nouveau plan de santé. En d’autres termes, une action a toujours lieu selon les dispositions d’une matrice sociale qui la rendra plus ou moins pertinente. En effet, ne m’intéressent pas les actions qui n’impliquent pas une réalité sociale, à savoir les actions intimes sans épaisseur. C’est la raison pour laquelle une action connecte à divers degrés plusieurs agents : &lt;strong&gt;l’action se réfléchit évidemment sous le rapport d’une seule chaîne causale, toutefois elle se redistribue tour à tour dans les différents agents qui y sont impliqués, et ce en fonction d’une diversité de degrés qui permet ensuite de décrire l’action avec le plus d’objectivité possible&lt;/strong&gt;. Dans le cadre de la peur, le gouvernement façonne une action qui implique le sentiment de peur, néanmoins les agents ne sont pas forcés de répondre tous de la même manière aux signaux de la politique. Ainsi, les agents de la population ne sont pas des objets inertes, et il se pourrait bien en dernière instance que la peur insufflée par le gouvernement se retourne contre lui par le biais d’une inversion causative perverse. Les militaires du plan Vigipirate ont tout à fait le droit de répondre par la peur en provoquant la terreur dans le métro d’une façon très simple, c'est-à-dire en devenant eux-mêmes des agents du terrorisme organisé. C’est que la peur organisée depuis le sommet du pouvoir est incapable de prédire le problème des infiltrations malsaines dans les rouages du mécanisme. Cette inaptitude à la prédiction s’explique par la croyance que toute action de la politique est censée agir sur des sujets inertes. Ce schéma est fonctionnel au cœur d’une population d’abrutis et d’attardés. En revanche, ce schéma devient inopérant dès l’instant où les agents décident que la peur comme mode d’emploi du pouvoir est tout au plus l'acte d’une pièce de théâtre dont les coulisses sont accessibles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La conclusion de cette réflexion est relativement pessimiste car elle met en exergue que les populations occidentales sont très abruties. Il serait laborieux de faire la liste des méthodes causatives auxiliaires pour l’entretien de la peur, mais parmi quelques-unes d’entre elles, on peut citer l’implantation d’un féminisme basique dans les sociétés industrialisées. L’argument qui dit que les femmes désirent être mises sur un pied d’égalité avec les hommes dit deux choses : 1/ Que les femmes reconnaissent publiquement leur infériorité (au passage, je crois qu’elles ont entièrement raison). 2/ Que les plus atroces procédés doivent nécessairement être masculins puisqu’ils sont les plus puissants en principe. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Ainsi, lorsque vous parlez de l’absence de finesse de la part des organisations terroristes, j’ajouterais que cette mythographie féministe est le meilleur moyen de préparer la venue d’un genre nouveau de criminalité féminine (voyez récemment l'explosion des dénis de grossesse). En se focalisant sur les mauvais côtés fantasmés du genre masculin, en sus de la théorie phallocrate du complot, les féministes attisent la peur des hommes et, du même coup, affaiblissent leur attention sur les femmes qui sont dans l’expectative du meilleur moment pour se venger dans le sang autre que celui des leurs menstruations. De tels comportements primaires intensifient les peurs logiquement primaires. Ils ont toutefois le mérite de révéler l’inutilité du féminisme, les femmes étant toujours prêtes à quitter le discours féministe si un homme leur promet un carrosse rempli d’enfants avec un cocher passif sur le siège conducteur. Par conséquent, cette faculté de la raison de se rendre inerte est d’abord un mécanisme féminin, orientant de ce fait les décisions des politiques vers une surenchère des stéréotypes qui conditionnent la peur dans l’épicentre de quelques hommes barbus, religieux et amateurs de minarets. Si bien que les féministes seront prêtes à se jeter dans les bras du premier homme puissant et détracteur de ces stéréotypes, continuant ainsi à alimenter l’inertie des femmes, laquelle alimente à divers degrés l’inertie générale, ce qui en dernière instance finit par accentuer les schématisations des peurs itératives. Tant que le pouvoir sera témoin de cette objectivation de l’inertie auto-conditionnée, il lui sera facile de distiller les discours sur la peur en rendant les signes actifs et les interprètes passifs. Les femmes se doivent donc de reprendre en main la non-pertinence de leurs engagements sociaux : moins de cosmétologie et davantage de logique est une première prescription que je fais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K. Deveureux&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1016346216172938997?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1016346216172938997/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1016346216172938997' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1016346216172938997'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1016346216172938997'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/12/des-phobies-et-des-hommes.html' title='Des phobies et des hommes.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Syl2fBkjPII/AAAAAAAAAKg/3793JZGDWsI/s72-c/archytas.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2022561857237252110</id><published>2009-12-12T05:34:00.002+01:00</published><updated>2009-12-12T05:45:11.404+01:00</updated><title type='text'>Sans culture ni traditions.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SyMfzQHwL-I/AAAAAAAAAKY/v27XIQAcqOs/s1600-h/wotw2_large.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5414206142390743010" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 228px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SyMfzQHwL-I/AAAAAAAAAKY/v27XIQAcqOs/s320/wotw2_large.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher ami,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis las de cette anorexie universitaire. Le désespoir est en moi et je ne vous cache pas mon impression d’hérésie cancéreuse lorsque je constate l'exploitation du savoir chez mes étudiants, la façon dont ils se servent de ce bagage. La dépression météorologique règne sur mon être. L'anticyclone ne peut qu'apparaître dans l'exil de mon pays. En effet, à la suite de faits politiques récents, je me suis reclus quelque temps dans une ville française que j'affectionne particulièrement. L'enseignement n'est donc plus ma priorité pour les jours à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aptitude à s'isoler est importante dans la construction d'une réflexion saine. Une fois cette réflexion construite, on peut aisément passer l'épreuve de la diffusion et de la contestation qui en découle afin de s'ajuster au plus près de la réalité sociologique. Je vous avoue que mon rythme s'est affaibli. L'obscurantisme affiché de nos gouvernements m'a considérablement anéanti. Mais j'ai enfin compris un système qui fonctionne dans le monde entier. Quel est-il ? Il se résume à un seul concept émotionnel si basique qu'il en devient navrant : celui de la peur.&lt;br /&gt;La peur a une compétence qui nous semble enviable parce qu’elle donne un semblant d'intérêt à notre vie monocorde. Il ne faut pas aller bien loin pour comprendre le succès des films d’épouvante au box office. La peur laisse entrevoir en nous une capacité de survivre dans un monde parfois hostile. Il est nécessaire que chaque civilisation « &lt;strong&gt;&lt;em&gt;christallise&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; » ses angoisses et ses doutes sur des mythes créés en ce sens.&lt;br /&gt;La polémique du minaret en Suisse paraît être l'actualité qui révèle mon propos à son caractère véridique. Depuis quelque temps maintenant, et notamment avec le drame du 11 septembre, la peur se manifeste sous un jour nouveau. Elle devient un vecteur essentiel de pouvoir. George W. Bush Junior l'a parfaitement compris et utilisé en son temps de règne. Ceci est un fait avéré.&lt;br /&gt;Je respecte Al Qaïda, certes pas pour son combat destructeur, mais par la capacité qu'ils ont eu à plonger le genre humain dans un cycle de peurs infinies dans le but de revendiquer la puissance d'une religion. Tout est désormais friable. L'Islam serait donc ce nouveau fléau invisible qui tue nos pères et enfante nos mères par le viol. Ainsi je m'étonne toujours de voir la population occidentale tomber dans un conservatisme extrémiste face à une difficulté. Comme si finalement l'identité nationale et la sécurité du pays étaient nos meilleures armes pour combattre les « grands méchants barbus ». Mais le petit chaperon bleu européen ne pense pas aux conséquences sur le long terme. Pourquoi avons-nous peur de l'Islam ? Pourquoi sommes-nous réfractaires à une religion qui s'éveille quand le monde a connu une domination chrétienne depuis si longtemps ? Le minaret, en soi, n'est pas dérangeant pour les politiques révisionnistes suisses, il est au contraire une perche pour à nouveau envisager de faire appliquer des valeurs prudes. La peur a la capacité sociologique de formater les hommes sur le principe de la brebis. Je regrette donc que les extrémistes islamistes ne soient pas plus fins dans leurs analyses car ils réamorcent la pompe du conservatisme sans en mesurer les effets. Il n’est donc pas si facile de porter une religion tout en haut de sa notoriété sans basculer fatalement dans un protectionnisme d'État absolu. Les différences ne sont en fin de compte pas si éloignées entre nature religieuse et principes étatiques. Je me pose donc la question de savoir comment l’on pourrait politiquement définir une identité nationale. Que pouvons-nous mettre dans ce concept si flottant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fait sociologique m'a interpellé durant mon « &lt;em&gt;stand by&lt;/em&gt; » universitaire. En effet, j'ai observé en France le plan Vigipirate. Ce système qui permet le déploiement rapide d’une force policière et militaire dénote un comportement intéressant. La plupart des citoyens devraient se sentir en sécurité dès lors que la présence de petits hommes en vert ou en bleu est dense. Mais l'homme ne réagit pas ainsi. Si je remarque l'envahissement d'un territoire public de type métro ou gare par une milice gouvernementale, je ne peux m'empêcher de croire à une menace croissante. Et comme cette menace s’avère invisible dans la mesure où trop de communication médiatique est faite là-dessus, je ne peux que succomber à une peur démesurée derrière laquelle le système de raison n'a plus sa place. Je parle de communication médiatique et non d'explication méthodique car il est facile d'engendrer un grand nombre d'effets d'annonce sans pour autant donner du fond à l'information. Mais poussons le bouchon un peu plus loin.&lt;br /&gt;J'ai mené parallèlement une étude comportementale sur la sortie des salles de cinéma ayant projeté un film d'horreur et sur la sortie de celles ayant projeté un film comique. Le principe de cette étude était de démontrer le niveau de croyance à un fait relativement plausible selon le film qu'on venait de voir. Les résultats furent édifiants.&lt;br /&gt;La proportion des sujets susceptibles de croire à une histoire et ayant assisté à une séance de cinéma horrifique était grandement en surnombre en comparaison des sujets ayant vu un film comique. Plusieurs tendances sont ressorties de cette étude. En revanche, toutes montraient que la capacité à croire en une histoire était plus grande chez les sujets ayant été exposés à des images et des sensations de peur que ceux qui avaient été exposés aux sentiments de joie et de rire. On dispose donc d'une faculté de tomber dans le crétinisme dès lors que nos idées rationnelles sont soumises au système de la peur. Inversement, lorsque nous sommes davantage dans le domaine de la raison, nous avons une tendance naturelle à nous rattacher au moindre fait que l'on juge réel. Ceci nous reconduit ainsi au domaine du raisonnable et par conséquent au domaine du supportable.&lt;br /&gt;Appliquons maintenant ce schéma à notre fait d'actualité. Les attentats perpétrés par notre ami Oussama B.L. sont donc perçus par les masses écervelées comme le film &lt;em&gt;La nuit des morts-vivants&lt;/em&gt;. Depuis plus de huit années, les brebis galeuses sont nourries d’une peur irascible de l'homme brun à barbe, gobant allégrement cette histoire ridicule selon laquelle ces mêmes hommes au poil un peu hirsute seraient des fanatiques qui cherchent à voiler leurs femmes, à construire des monuments phalliques qui montreraient leur puissance sexuelle de religion et qui, par-dessus le marché, se feraient sauter la gueule dès qu'on leur promettrait 400 vierges. Finalement toute cette polémique n'est qu'une affaire de taille pénienne. Les catholiques se rendent compte que leur protubérance sexuelle est bien moins grande que celle des musulmans.&lt;br /&gt;Je reprendrai pour finir mon acharnement une réflexion de madame la Ministre Christine B. qui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;« La France n’est pas une terre d’Islam, nous devons montrer que la France n’est pas un pays sans culture ni traditions »&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bêtise de cette phrase relève purement du génie. Elle se suffit à elle-même quand on s'intéresse un tant soit peu à l'histoire contemporaine de ce pays. Je vous dédie donc ce courrier, madame Christine B. du parti Chrétien-Démocrate; votre génie m'honore, moi, petit sociologue sans culture, ni traditions...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rageusement,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Khalid B.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2022561857237252110?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2022561857237252110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2022561857237252110' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2022561857237252110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2022561857237252110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/12/sans-culture-ni-traditions.html' title='Sans culture ni traditions.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SyMfzQHwL-I/AAAAAAAAAKY/v27XIQAcqOs/s72-c/wotw2_large.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-7871691765949590946</id><published>2009-12-08T17:38:00.005+01:00</published><updated>2009-12-08T17:56:04.283+01:00</updated><title type='text'>Le péril francophone et l'espoir non paradoxal du Rwanda.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sx6CVxT1GSI/AAAAAAAAAKQ/YRBO-xF_QEc/s1600-h/Ron-Mueck10.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5412907112671287586" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 247px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sx6CVxT1GSI/AAAAAAAAAKQ/YRBO-xF_QEc/s320/Ron-Mueck10.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Alors que le Rwanda vient de ratifier son entrée dans le Commonwealth, plusieurs interrogations se dégagent du point de vue des significations politiques. Nul n’ignore le lourd prétérit qui sévit au Rwanda depuis les faits de 1994 et cette décision de pénétrer le Commonwealth ne retentit selon nous que trop faiblement à l’échelle internationale. Soucieux de questionner les enjeux souterrains de ce remaniement culturel qui ne dit pas vraiment son nom, nous donnons tribune au groupe &lt;em&gt;Gangs of Kinshasa&lt;/em&gt;, injustement méconnu, qui a sorti en 2003 un album qui a su toucher le cœur des auditeurs éclairés en matière de nouveau rap. Les petits moyens financiers ont donc trouvé le public des grands esthètes. Citons parmi les titres les plus représentatifs des chansons telles que &lt;em&gt;Tout mais pas les sodomites&lt;/em&gt; (écrite sous la juridiction du professeur Bouachiche, grand connaisseur des milieux carcéraux, afin de résister aux stéréotypies qui investissent les discours sur la prison) et &lt;em&gt;Un bolchevik dans les couloirs&lt;/em&gt; (à propos des circulations de produits illicites dans les établissements scolaires), ou encore le non moins incisif &lt;em&gt;Du Bellay ton père&lt;/em&gt; (écho de &lt;em&gt;Disney ta mère&lt;/em&gt;, reprenant les thèses de Pierre Bourdieu concernant la reproduction des élites dans les sphères intellectuelles). Parce que les professeurs Bouachiche et Deveureux ont effectué une grande part de leurs études et de leurs carrières respectives sur le grand continent qu’est l’Afrique, ils ont jugé pertinent de laisser un emplacement de choix à la parole de ceux qui résistent par les forces vives de la culture. Nous laissons donc la parole à Cyprien Sehene-Gatore, leader des &lt;em&gt;Gangs of Kinshasa&lt;/em&gt;, qui nous livre de façon authentique et franche ses impressions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Quel est, à chaud, votre sentiment quand vous voyez que le Rwanda marche dans les pas de l’anglophonie ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C’est un détour politique pour dire à la France qu’elle n’a jamais résolu sincèrement son rôle dans ce qui s’est passé chez nous il y a quinze ans. La France se distingue pour remuer la merde. Tant qu’à faire, on aimerait qu’elle aille au bout de ses idées. Nous continuerons d’écrire nos textes en français mais nous ne ferons pas nécessairement un effort pour nous exporter sur le sol français en tant que tel. Nous n’avons que très peu de moyens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Donc vous pensez que l’avenir du Rwanda se joue en anglais pour l’essentiel ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne nous voilons pas la face. Qu’est-ce qui intéresse quand on parle du Rwanda ? Les gens veulent voir du massacre, du nourrisson éventré, du fœtus collé au mur. Nous sommes étiquetés comme un pays de souffrance et de religiosité alors que nous possédons des choses moins émotives et de ce fait davantage réelles. Si on ne nous a pas accordé de crédit en langue française, on peut espérer que les jeunes qui vont étudier en anglais vont obtenir des visas pour des pays dans lesquels ils pourront compléter sereinement leur cursus supérieur pour ensuite revenir enrichir le Rwanda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Vous voulez dire que la France est mauvaise élève dans le domaine ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je veux dire que la France exerce une politique pourrie de l’intérieur. Ils se plaignent de certains comportements et en même temps ils rejettent de plus en plus de demandes d’étudiants africains qui voudraient venir étudier dans leurs universités pourtant pas forcément peuplées par le meilleur public. En gros, la France préfère valoriser des petits cons intrépides et feignants plutôt que des gars motivés qui effectuent des démarches laborieuses en espérant intégrer un pays de grande culture. Or la culture française se meurt, elle préfère dire que la délinquance accouche de nouvelles formes culturelles pour mieux se voiler la face dans son incapacité de transmettre ne serait-ce que la culture basique qui fait paraît-il la gloire de ce pays. Mais allez expliquer cela à mes compatriotes du Rwanda qui ont des diplômes en philosophie par exemple, allez leur dire qu’ils n’auront pas de visa à cause de raisons opaques et qu’ils auraient plus de chances d’en avoir un s’ils étaient les premiers abrutis fouteurs de merde auxquels on trouverait des circonstances atténuantes par l’intermédiaire d’un diagnostic psychiatrique pédant. Moralité : quand on entretient un peuple de demeurés, on ne risque pas que ce peuple pose les bonnes questions. Donc nous n’allons pas regretter de ne pas devenir des docteurs en Sorbonne si vous voyez ce que je veux dire. Du moins nous n’allons plus le regretter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Le Commonwealth est donc une bonne chose ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Disons que ça ne peut pas être pire que ça ne l’était ! Nous sommes motivés, les jeunes veulent étudier. Vous savez, au Rwanda, on ne gagnera jamais la palme d’or avec un film aussi insipide qu’&lt;em&gt;Entre les Murs&lt;/em&gt;. Ici les petits gars vont en cours parce que la transmission du savoir n’est pas déguisée en pseudo égalité des chances. Aller en cours, ce devrait être un principe. Quand la France parle d’égalité, c’est bien que tout le monde n’est pas né avec la même chance de son côté. Regardez le système des grandes écoles et vous avez tout compris. C’est la raison pour laquelle ils baratinent tout le monde lorsqu’ils peuvent médiatiser un succès de la diversité. Ça donne l’impression que l’abolition des privilèges est derrière, enterrée dans l’Histoire. Ainsi il ne faudra pas se plaindre de l’agonie de la francophonie quand d’autres pays d’Afrique vont prendre la même décision que le Rwanda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Avez-vous des mots à dire sur le président Kagamé ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je n’en ai pour ainsi dire rien à foutre. Votre question est insidieuse parce que vous attendez que je dise de Kagamé que c’est une sorte de fantoche politique, en somme un animal politique dangereux. Kagamé a pris une décision qui peut être bénéfique au pays, c’est tout ce que j’ai à dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Vous n’avez rien produit depuis la sortie de votre premier album en 2003. Vous travaillez sur de nouvelles choses ? Et quand peut-on espérer vous entendre de nouveau ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Oui, nous travaillons d’arrache-pied. Nous sommes des perfectionnistes. On pensait pouvoir sortir un album cette année mais nous n’étions pas vraiment satisfaits. Nous avons des textes et des musiques mais pas encore les compatibilités qui nous font dire que ça va être quelque chose de bien. En tout cas nous travaillons et nous devrions sortir un grand album à l’horizon 2011. Peut-être même un double album.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Vous serez de nouveau conceptuels, littéraires, crus ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;J’ai eu la chance de faire des études de lettres en Europe, en transportant mon baluchon d’une fac à l’autre. Quand on pisse dans un lavabo parce que vous n’avez pas de chiottes dans votre résidence, en Roumanie notamment, ça vous forge un caractère. Les livres que vous lisez, ce sont votre porte de sortie. Et quand je suis passé en France, les livres que les étudiants devaient lire étaient plutôt des objets pour caler des étagères ou des chaises bancales. Il y aura dans le nouvel album une grosse critique de la culture d’apparence. Les étudiants français multiplient les grèves depuis des années et ils n’obtiennent rien. La réponse est simple : au XIXe siècle on faisait la grève pour mettre en exergue des disparités intolérables, maintenant on fait la grève pour se plaindre des disparités tout en espérant devenir l’un de ces riches que l’on critique. Je comprends que les politiciens français ne se fassent aucun souci. Le premier connard à qui vous montrez une carotte, il se jettera dessus soit pour s’en faire un capital, soit pour se la mettre dans le cul parce qu’on lui aura dit que le plaisir est quelque chose qui se perd. La métaphore est évidente, pas la peine de la filer. Quoi qu’il en soit vous n’avez pas vraiment une intentionnalité qui se préoccupe de quelque chose d’extérieur à elle-même. Tout cela tourne à vide. Alors oui, les nouvelles chansons vont se heurter à cela, c’est-à-dire à la mauvaise culture de masse qui n’est autre que la culture de l’individualité en masse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Ce sont les livres quo vous ont donné l’opportunité de faire de la musique ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Certains des musiciens du groupe n’ont jamais quitté le Rwanda. Nous n’avons pas besoin de chanter des trucs mièvres pour gueuler en sourdine notre passé. On a un pays qui se remet d’une fracture, c’est toujours plus sincère qu’un pays qui donne de la morphine pour dissimuler la douleur véritable. Moi j’ai choisi de vivre dans le dur en quittant le Rwanda. Si j’étais resté, j’aurais pu avoir un logement décent et tout le reste. Mais je voulais voir l’Europe, je voulais apprendre et voir ce que j’en obtiendrais. Alors quand je suis revenu, je n’ai pas fait le petit salopard de base. J’ai travaillé dur dans une métairie et j’ai noué des contacts. On chantait pour se donner la joie, comme les mecs qui chantaient dans les champs de coton. On discutait de tout et un beau jour on a décidé de mettre de l’argent de côté, petit à petit, pour se donner l’occasion de faire de la musique à plus grande échelle. Les livres m’ont donné l’envie de redire tout cela avec une esthétique novatrice. Je crois qu’on peut jazzer la sociologie si on s’en donne les moyens. Mais je dois à mes collègues toute la musique, toute la fougue et l’enthousiasme. Sans eux j’aurais certainement sombré dans l’autosatisfaction ou le rejet de mes racines. Je n’aurais vu à mon retour que les bains de sang que les Européens s’imaginent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Comment avez-vous rencontré Khalid Bouachiche ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Complètement par inadvertance. Khalid (Bouachiche) est le gars le plus curieux que je connaisse. Il peut vous parler d’une sociologie des virus comme des prostituées de Yalta. C’est un sociologue hors pair qui est toujours sur le terrain, sa valise de livres avec lui et ses carnets de notes qu’il complète quotidiennement. Il nous a rencontrés alors qu’il passait à Kigali pour signer une convention universitaire. Nous jouions dans la rue un air pacifique mais on tapait violemment sur les tambours pour montrer quelque chose de plus vicieux. Khalid a immédiatement adhéré et il a voulu savoir ce que nous faisions dans la vie. On lui a dit qu’on bossait à un album. Il a été emballé. Un mois plus tard il revenait pour perfectionner la chanson &lt;em&gt;Tout mais pas les sodomites&lt;/em&gt;. C’est un type incroyable, ouvert d’esprit comme personne, et qui plus est il a connu la prison. La seule chose, c’est qu’il n’aime pas les gens qui ne font pas d’efforts. Pour lui la connaissance et la culture, ça ne se fait pas du jour au lendemain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Question : Et le professeur Deveureux ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n’avons pas directement collaboré avec lui. C’est quelqu’un de très solitaire, un peu le contraire de Khalid. Mais dès qu’on lui a demandé par courrier s’il y avait des incohérences dans certains des concepts philosophiques qu’on utilisait, il a répondu tout de suite. On a apprécié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;"Question" : Cyprien, c’était un honneur.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour moi aussi. J’espère maintenant qu’on ne va pas déformer ou faire dire n’importe quoi à mes propos. De toute façon, vous l’aurez compris, les emmerdeurs se reconnaîtront à leur faculté de ne pas maîtriser le sujet qu’ils voudront critiquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par Jean-Christophe Lévy à Kigali, secrétaire particulier de la relation épistolaire des professeurs Bouachiche et Deveureux. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-7871691765949590946?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/7871691765949590946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=7871691765949590946' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7871691765949590946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/7871691765949590946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/12/le-peril-francophone-et-lespoir-non.html' title='Le péril francophone et l&apos;espoir non paradoxal du Rwanda.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sx6CVxT1GSI/AAAAAAAAAKQ/YRBO-xF_QEc/s72-c/Ron-Mueck10.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-4960350623014789022</id><published>2009-11-26T07:11:00.002+01:00</published><updated>2009-11-26T07:24:30.215+01:00</updated><title type='text'>Quotations 3.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sw4fEXxkfmI/AAAAAAAAAKI/dlmPgqdbS7M/s1600/genocide-in-rwanda.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408294362480410210" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 216px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sw4fEXxkfmI/AAAAAAAAAKI/dlmPgqdbS7M/s320/genocide-in-rwanda.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il ne faut pas laisser choir notre conception de chair. Nous sommes composés de cellules qui réagissent au monde extérieur. Nous sommes de véritables amas de billes de polystyrène qui réagissent au moindre changement de rythme. Je veux dire par là que chaque expérience quotidienne, qu’elle soit heureuse ou douloureuse, est emmagasinée par notre réceptacle corporel et que si nous les dénigrons dans notre réflexion de vie, alors nous mourrons à coup sûr d’un cancer. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La faute identitaire majeure provient d’une scission profonde entre « ce que je suis » et « ce que les autres perçoivent de moi ». (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai qu’il est dangereux de prôner une vision et une réflexion &lt;em&gt;omniscio-mondiales&lt;/em&gt; mais s’extraire complètement de celle-ci pour se fondre dans un papier peint communautaire vieillot et jauni est une façon de revendiquer l’asphyxie de l’homme. Dans l’idéal, le groupe hétérogène est la meilleure façon de préserver la conscience du monde tout en conservant son arbitre. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est nécessaire, dans un premier temps, de se figer dans un mutisme absolu, d’observer avec attention toutes les sources d’une information, et enfin d’ouvrir la bouche pour en extirper l’essence juste. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui n’a pas voulu se suicider étant jeune n’a pas vécu et finira probablement par se donner la mort étant plus âgé. C’est que l’âme humaine est moins encline à se poser des questions au fur et à mesure que le corps se froisse de vieillesse. La raison en est simple : l’âme supporte de moins en moins d’habiter dans une maison qui se délabre et, ce faisant, mourir de vieillesse revient à faire le constat d’une ruine inhabitable. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’expansion des sciences n’est pas autre chose qu’une tentative difficile d’apposer notre liberté sur l’espace déterminé de la nature. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a pas réellement de différence entre ce que l’on dit et ce que l’on pense dans la mesure où ce que l’on pense finit par se révéler par rapport à ce que l’on n’a pas toujours voulu dire. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le couple, en tant que deux organes solidaires, fabrique un &lt;em&gt;tiers-organe&lt;/em&gt; qui dévore ses organes respectifs, si bien que le couple ne communique plus selon la liberté de l’arbitre mais selon l’accent communautaire qu’il imagine détenir en tant que couple. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fin de compte, pour qu’une parole délivrée du communautarisme soit possible, il est nécessaire en premier lieu de se délivrer de la communauté du soi et du &lt;em&gt;petit soi&lt;/em&gt; (couple, groupes de fanatiques, comités d’entreprise etc.). (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les villages, naturellement porteurs de traditions et de passéisme, sont des cancers généralisés qui regroupent en un cadastre minimal des zombies à peine capables de pacifisme entre eux. Parce qu’ils savent qui pratique ou qui rejette la fellation, ils se sentent instruits d’un message d’envergure. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;La &lt;em&gt;matriarchie&lt;/em&gt; est subventionnée par l'intime. « C'est parce que je suis ta mère que je décide de ce qui est bien pour toi », « je te connais mieux que personne, c'est moi qui t'ai mis au monde », comme si, finalement, la souffrance de l'accouchement devenait gage suprême de la matriarchie. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je conçois l’enfant comme un prolongement clitoridien de la mère. Celle-ci en use et abuse pour son plaisir privé. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;em&gt;mamma&lt;/em&gt; italienne, généreuse de religiosité dans son éducation, construit un maternalisme fascisant qui pousse les fils à une délinquance accrue. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’éducation maternelle est une castration idéologique. Si l’enfant est orphelin, c’est souvent l’école qui prend le relais. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homosexualité est pour moi une nouvelle forme de féminisme dans le sens où il faut revendiquer son identité propre. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La communauté familiale, et à plus forte raison celle du couple, est par conséquent véritablement une forme de cancérologie pandémique. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc nécessaire de prodiguer au plus tôt une ablation du concept famille. (K. BOUACHICHE) – Le professeur Deveureux a proposé ultérieurement le concept de &lt;em&gt;défamiliarisation&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne devraient être intimes que les actions dont nous savons qu’elles n’apporteront pas de nouveauté sur le monde (rapports sexuels, discussions frivoles, disputes d’amoureux). (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui commence par dire « Je sais que j’ai raison » est celui qui ne possède pas les aptitudes à la vie socio-discursive. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyez que la psychanalyse est une science dépassée. Il m’a toujours semblé que l’assassinat symbolique du père ne faisait que colporter les infections sous-jacentes de la féminisation des esprits. Le mieux serait d’assassiner le père et la mère et, si possible, les grands-parents. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nos jours, l'homme se doit d'exister. L'existence est le drame de toute vie humaine. Je ne parle pas de la vie en tant que telle, je parle de ce que l'homme a développé au fil du temps, à savoir un profil socio-médiatique. Une sorte de « Moi » parallèle qui existe par la masse médiatique et pour les masses. Une intimité partagée qui légitime les actions les plus avilissantes. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’intimité exposée tombe dans le droit commun : telle une chanson, elle tournera en boucle, figée dans une temporalité et un espace bien définis, qui empêchera tour retour possible dans une sphère plus privée. L’intime exposé est donc consommable. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que se passe-t-il quand nous sommes les témoins d’intimités que nous ignorions jusqu'alors ? Systématiquement, nous appliquons à l’inconnu un schéma de reconnaissance. Ce schéma enfante la notion d'intime partagé, régie par un capital numérique de perception positive. Ce capital est proportionnel au degré de conformité entre le dit et le fait, entre le savoir être et le savoir faire. Ce capital n'est absolument pas dépendant d'un système binaire d'actions positives et d'actions négatives. Je gagne des points en laissant ma place dans le bus seulement si je mets en avant ce caractère de politesse sur mon profil social internet. La complexité de ce système réside vraiment dans la coïncidence entre ma personnalité solitaire et ma personnalité de réseau social. Le seul intérêt de mon existence demeure dans le nombre élevé de mes amis sur Facebook. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les toilettes, souvent pièce plus étroite que les autres, est le seul espace où nous lâchons ces masques sociaux pour retrouver une intimité véritable. On le constate souvent dans les toilettes publiques où l'on retrouve toutes sortes de messages scatologiques qui ne sont en réalité que le soulagement profond de la pression sociale. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’usager de Facebook existe selon des regards intransitifs, ce qui implique une absence logique de réciprocité. Ainsi le pseudonyme devient un patronyme et l’identité se façonne en morcellements ontologiques qui ont un effet buvard sur le réel. Ce qui manque alors à ces amputés de l’authentique, c’est moins une vie qu’une déclaration d’irrédentisme où le Moi pourrait légitimement se faire reconduire à la frontière du privé. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les toilettes, aussi bien privées que publiques, font office de ces cagibis cachés que j’affectionne. Où le corps n’est pas soumis à l’illusion des grands espaces, l’esprit se récupère et se concentre sur ce qui est potentiellement faisable à peu de distance. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vertu de savoir se rendre invisible est à mon avis complémentaire de celle qui connaît les secrets du silence. Plusieurs constats se détachent de ce double rapport entre l’image et le son, qualités associées essentiellement à la notion de spectaculaire (concerts, pyrotechnies, mise en scène d’une exposition picturale etc.). En conséquence de quoi, on accordera aux toilettes publiques la possibilité de créer un espace à part en plein épicentre de l’&lt;em&gt;agora&lt;/em&gt;. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pet est un phénomène biologique plurivoque et paradoxal. Les couples s’indignent assez peu de leurs pets respectifs et encore moins de leur propension à multiplier ces acousmates particuliers. Ce partage débordant est quelquefois le critère des couples qui ont atteint une intimité maladive les faisant considérer comme amusant quelque chose qu’ils trouveraient irréductiblement répugnant à l’extérieur de leur intimité privilégiée. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque j'ai réalisé une enquête sociologique sur les mœurs et le pouvoir en Belgique, beaucoup de prostituées m'ont confirmé que le degré de déviance sexuelle par la soumission et l'humiliation était proportionnel au poste à responsabilités que les clients de ces courtisanes occupaient. En d'autres termes, les plus grands avocats liégeois aimaient à se sentir dominés. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les actionnistes viennois, groupuscule d'artistes autrichiens, ont tenté de se libérer du carcan académique de l'art par l'exhibition outrancière d'actes réservés à l'intime et au non-dit. Actes tournant autour de la scatologie, scarification et autres sévices corporels. Ma préférence allant vers cet artiste qui, lors d'une performance, s'est abandonné à un acte de masturbation sur l'hymne national autrichien. L'intime devient donc une arme que l'on emploie pour se libérer de l'insoutenable légèreté de notre être. Ce courant artistique fut extrêmement novateur et contesté à son époque. Beaucoup de ses membres ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Je m'interroge alors : Facebook serait-il de ce point de vue une façon de revendiquer l'inutilité des vies qui y sont exposées ? Je vous répondrai que oui. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes bien en présence d'une hypocrisie des plus glamours : « Je suis parfait, ma vie est parfaite, et pourtant la semaine dernière j'ai eu une diarrhée qui a retapissé mon intérieur sanitaire ». Notre conscience du monde qui nous entoure est dénaturée par l'intime social. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La surexposition des sites communautaires revendique en creux une constipation nécessaire qui ne fait pas état des intimités non conformes. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe une tectonique des comportements sociaux dont l’épicentre correspond à l’intime. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des tempêtes qui remuent les esprits superstitieux comme il est des océans calmes qui font patienter les hommes d’action. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Métaphoriquement, l’obésité vulgaire des sociétés occidentales nous contraint de passer notre chemin quand les artères sont bouchées par plusieurs dépôts inexpugnables. Facebook est en ce sens une lésion artérielle. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La redistribution de l’intimité agencée par l’intermédiaire des réseaux sociaux est une distribution des nouvelles figures anonymes qui confessent leur inaptitude à entreprendre quelque chose de profitable à la société des hommes. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est rassurant d’être réduit à des frivolités parce que l’éthique de la futilité est une délivrance de l’éthique de la responsabilité. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un est occupé en vérité lorsque la porte des toilettes publiques affiche la mention « OCCUPÉ ». (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me réjouis des drames familiaux qui éclatent sous les yeux attristés des hypocrites de l’intime. Quand un fils prend le fusil de chasse du père et qu’il massacre sa famille comme on ferait tomber les quilles, il rappelle aux « inauthentiques » que quelques hommes n’aiment pas avoir deux têtes, être coupés en quatre ou je ne sais quoi encore. Certains choisissent l’école pour perpétrer les massacres. D’autres encore se juchent en hauteur et assassinent les passants de la société humaine. L’opinion publique les désigne comme monstruosités et la justice ratifie ce bilan en stipulant des nécessités qui arrangent l’opinion. Les jeux vidéo, les films violents, la pornographie, deviennent des alliés de poids. On trouve des pièces à conviction ontologiquement artefactuelles pour justifier d’un phénomène factuel. (K. DEVEUREUX) – quelques jours plus tard, un adolescent corse massacrait sa famille dans le village d’Albitreccia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Socrate a voulu offrir un coq à Esculape, je crois que Merleau-Ponty a posé un lapin à Descartes. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Définies comme de vieilles femmes proches de la ménopause, nos chances d'engendrer le futur génie de la pensée s'amenuisent pour bientôt disparaître dans les abîmes du savoir vite consommé et vite expulsé. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exclure est, pour mon cerveau malade, la forme de violence la plus dangereuse de nos collectivités humaines. Il s'agit bien là de rendre les hommes asociaux et assoiffés de revanche sur un système qui a provoqué leurs pertes. Toute forme d'écartement provoquée par une mécanique sociétaire inclut intrinsèquement chez le sujet écarté le mutisme de son intimité propre. Et nous l’avons exploré : l’intime doit aujourd’hui s’exprimer. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons avoir à l’esprit qu’un délit n’est pas l’œuvre d’un seul homme mais aussi celle de la mécanique cassante d’une société utilitariste où l’homme devient un produit. Ce simple constat pose déjà une profonde interrogation : une vie humaine peut-elle se soustraire aux mains d'une administration perspicace dans l'anéantissement de l'identité de réflexion ? (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les boutiques qui dispensent les lignes de vêtements à l’effigie de Harvard m’ont paru ridicules, quoique les étudiants qui les achètent le sont davantage. L’oblitération du savoir ne se fait plus par voie cognitive, elle se fait par la sponsorisation, par la combustion des ressources intellectuelles en vue de fabriquer des tissus pour l’hiver. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’isolement est préconisé par la société comme moyen de stratifier les individus mais aussi comme moyen sous-jacent de contrôler ce que la société n’est pas encore prête à comprendre. L’argument est moins éthique que monstrueux dans la mesure où la négligence des actions d’isoler contribue à la précarisation des actions autant que de ceux qui en sont les patients. Les stratégies employées ont un moteur économique qui tend à préférer la sauvegarde des entités économiques plutôt que celle des entités véritablement humaines. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus la routine est présente en nos vies, plus il est facile d’en enfreindre le fonctionnement. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entends par l’image de l’homme brutal en amour toute une critique de l’acte mécanique et je ne veux réceptionner de cette attitude que la notion physique d’expulsion franche. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Disney a légitimé la propagande d’une sexualité christianisée où la spontanéité de la découverte d’autrui passe par l’intermédiaire d’un prisme psychologique à partir duquel des médecins de l’âme sont supposés enseigner un catéchisme sexuel parce que l’adolescent est désorienté par ces lamentables représentations de la morale. Ce catéchisme n’est rien moins que l’effet dévastateur de ces dessins animés où engendrement et génération s’effectuent au milieu d’un monde suprasensible que le spectateur ne peut pas voir. Il manque alors la présence d’un serpent armé des redoutables arguments de la vie terrestre, l’animal même qui aurait corrompu la sagesse d’Adam et Ève ! Par conséquent ce n’est pas un hasard si le serpent apparaît chez Disney à l’instar de l’être fondamentalement méchant, infréquentable et profondément sophistique. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann Moix écrivain ? Jacques Lacan aurait pu dire de lui que c’est un &lt;em&gt;écrit-rien&lt;/em&gt;. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’absence de postérité est comparable à la succion d’un bonbon : celle-ci engendre une profonde frustration car nous avons le plaisir du goût mais pas la sensation de satiété. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les parloirs d'une prison constituent un organisme géographique complexe où les conventions de l'intime n'ont pas lieu d'être. Et pourtant, au rythme des rendez-vous, la famille appréhende l'espace avec son identité comparative. Elle cherche à appliquer au lieu une forme de reconnaissance, elle transcrit l'intimité du foyer sur les murs de ce nouvel endroit peu propice au partage du « laisser-aller comportemental ». Je parle de l'intime comme « laisser-aller comportemental » dans le sens où les masques ne peuvent tomber sans la contingence d'un lieu propice à la connaissance particulière. À force de fréquentation de cet espace, celui-ci nous apparaît commun, se rendant ainsi perméable aux débordements sociaux. (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le phénomène urbain des graffitis exprime donc le besoin d'un individu de s'emparer d'un espace et de contrôler celui-ci par une marque indélébile. En complément, il n'est pas étonnant que durant les émeutes de quartiers en France, les jeunes s'en prennent aux voitures de leurs propres voisins. Notre intimité de lieu conditionne une partie de nos comportements en communauté. Nous ne sommes finalement que des animaux soumis aux influences positives et négatives de la cage dans laquelle nous évoluons. Ce qui semble intéressant dans le phénomène des parloirs d'une prison, c’est que l'intime se retrouve clôturé par un espace-temps. Alors quelle est la meilleure des attitudes à avoir ? Dois-je exprimer toute mon intériorité personnelle ? Dois-je garder un masque social ? Et si oui, lequel serait le plus adapté ? Dois-je être dans la retenue ou dans l'excès ? (K. BOUACHICHE).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui se suicide en sautant par la fenêtre choisit de s’aplatir avec majesté. Les témoins sont horrifiés parce qu’ils ne comprennent pas la nécessité de bousculer la viscosité environnementale. On le voit parfaitement en observant les actions consécutives à ce type de suicide : des procédés sont acheminés sur les lieux en un temps record pour nettoyer l’outrage à l’habitude. Il ne s’agit pas de sauver une âme, d’ériger un mémorial altruiste, non, il s’agit de ratisser les reliefs d’un acte incompris afin de retrouver la platitude primitive de l’accoutumance. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’inadaptation n’est pas une cause a posteriori du suicide, elle est au contraire la révélation que la vie quotidienne ne concerne que l’accoutumance. (K. DEVEUREUX).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Au milieu des zombies, nous essayons en vain de braconner des intelligences. (K. DEVEUREUX). &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-4960350623014789022?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/4960350623014789022/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=4960350623014789022' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4960350623014789022'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/4960350623014789022'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/11/quotations-3.html' title='Quotations 3.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/Sw4fEXxkfmI/AAAAAAAAAKI/dlmPgqdbS7M/s72-c/genocide-in-rwanda.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-3389083021580501359</id><published>2009-10-13T22:14:00.003+02:00</published><updated>2009-10-13T22:22:06.311+02:00</updated><title type='text'>Des suicides se suicidant.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StTgHJXed0I/AAAAAAAAAKA/1CsJ6IbgJ2U/s1600-h/suicide+suicid%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5392181067247417154" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 213px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StTgHJXed0I/AAAAAAAAAKA/1CsJ6IbgJ2U/s320/suicide+suicid%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher collègue,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je me confronte à la question difficile de la fin de votre courrier, je ne vois rien d’autre qu’un piège naturel. Dans ce réseau complexe, je suppose qu’il faudrait être capable de reconnaître ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend radicalement pas. Mais j’aurais tendance à me laisser séduire par la réalité d’un monde constitué de déterminations irréductibles et peuplé d’agents trop facilement tombés dans la facilité du quiétisme. Je veux dire en ce sens que les attitudes quiétistes sont des remparts à la possibilité de se fabriquer une sphère intime positive. Dans la mesure où nous sommes accoutumés à nous croire jetés dans le monde, nous calculons nos décisions en fonction de la loi de la chute des corps. Tout devient alors une question d’atterrissage et, ce faisant, une question d’aplatissement discret. L’habitude se définit par la faculté de s’aplatir, se greffer, s’accoupler à un réseau de forces dont on a précipitamment conclu qu’il était notre seule nécessité environnementale. À l’opposé de ces copulations sociales, la défenestration devance notre chute dans le monde. Celui qui se suicide en sautant par la fenêtre choisit de s’aplatir avec majesté. Les témoins sont horrifiés parce qu’ils ne comprennent pas la nécessité de bousculer la viscosité environnementale. On le voit parfaitement en observant les actions consécutives à ce type de suicide : des procédés sont acheminés sur les lieux en un temps record pour nettoyer l’outrage à l’habitude. Il ne s’agit pas de sauver une âme, d’ériger un mémorial altruiste, non, il s’agit de ratisser les reliefs d’un acte incompris afin de retrouver la platitude primitive de l’accoutumance. Je rejoins de la sorte votre idée précédente que le suicide n’est pas forcément un acte de désespoir, c’est-à-dire qu’il peut s’interpréter à l’instar d’un acte de « colère nécessaire ». Les lois de la nature sont autant d’énoncés qui aident à manifester la particularité bienfaisante des lois de la liberté. C’est d’autant plus explicite que, si je vous interprète correctement, vous partez du principe que les phénomènes d’accoutumance sont stériles en raison du fait qu’ils sont subsumés sous des lois de la nature alors qu’ils ne sont que les sponsors d’un quiétisme dissimulé.&lt;br /&gt;Peut-on cependant esquisser des impératifs pour la pratique ? Le problème de l’accoutumance, c’est qu’elle se joue sur deux tableaux : celui du particulier et celui de l’universel. Par conséquent le sujet est définitivement perdu s’il a laissé se coaliser particulier et universel. Mes définitions seraient alors les suivantes :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;1.L’accoutumance de l’intime intervient quand les repères personnels sont dépendants de motifs qui me sont extrinsèques. Si un adolescent affiche des posters parce qu’il a vu ces mêmes posters dans la chambre d’un de ses amis, son intimité est partagée, influencée, déterminée. L’intime doit être à proprement parler incommunicable à tous les autres sauf à soi. Et j’ai déjà dit que toute intimité dévoilée était contradictoire étant donné que ce qui relève de l’intimité n’a en fait et en droit aucune utilité pour la sphère publique. On peut alors inférer que l’acte sexuel n’est pas intime mais qu’il dépend d’un endroit qui lui accorde la saveur de l’intimité sans lui en donner l’essence. Ainsi toute exhibition sexuelle collective est le mouvement d’une pathologie ou d’une performance artistique accompagnée d’un manifeste très argumenté.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;2. L’accoutumance du sujet au milieu du collectif intervient quand le sujet pense que ce qui lui est intrinsèque est ce qui lui permet de se mouvoir parmi le collectif. Si un jeune cadre de la banlieue parisienne met un costume parce que ce costume est l’objet d’une condition nécessaire mais pas suffisante pour pénétrer parmi les bureaux, son accoutumance est sévère. L’accoutumance grandira si le sujet ne s’aperçoit pas que ses actes sont explicitement normés dans ses pratiques qu’il croit dépendre alors de faits implicites. La préservation de soi dans le monde est un exercice ardu. Le meilleur moyen d’y parvenir est peut-être de commencer par posséder une réelle intimité subjective.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;3. Le suicide est une application parfaite des deux définitions précédentes. Le sujet supprime simultanément la forme de son corps et son âme omnipotente en cela que l’âme a délibéré sur la fin du corps et sur sa propre incapacité à loger en ce corps. L’inadaptation n’est pas une cause &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt; du suicide, elle est au contraire la révélation que la vie quotidienne ne concerne que l’accoutumance. Le suicide est une alternative positive. Ceux qui parlent d’inadaptation au monde n’ont rien saisi au problème. La mort volontaire est le libre choix de dire au monde que le sujet n’est pas tout à fait dissolu. De ce fait, si la majorité préfère voter dans le vide (le vote n’étant que la preuve que le pouvoir futur a été considéré comme la seule alternative et que le critiquer, en ce sens, revient à rendre contradictoire sa propre action de votant ainsi que son propre jugement du pouvoir), travailler pour presque rien, fonder des familles parce que c’est un prolongement, bref toutes ces choses qui entretiennent l’accoutumance à géométrie variable, alors je dis de ces gens qu’ils sont pires que les suicidés publics parce qu’ils m’obligent à reconsidérer l’existence parmi des masses de zombies. En outre, comme l’imminence de votre 59e anniversaire est presque contemporaine de mes 58 ans, je puis vous avouer que notre métier de professeurs du supérieur est en réalité plus proche du braconnage. En effet, au milieu des zombies, nous essayons en vain de braconner des intelligences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien cordialement à vous,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K.D. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-3389083021580501359?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/3389083021580501359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=3389083021580501359' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3389083021580501359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/3389083021580501359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/10/des-suicides-se-suicidant.html' title='Des suicides se suicidant.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StTgHJXed0I/AAAAAAAAAKA/1CsJ6IbgJ2U/s72-c/suicide+suicid%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-2929651607860552094</id><published>2009-10-13T19:07:00.004+02:00</published><updated>2009-10-16T13:50:21.228+02:00</updated><title type='text'>Fatigue coutumière.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StS0FK82mNI/AAAAAAAAAJ4/UKpkfx_tNvw/s1600-h/Egon-Schiele-Nu-assis--1910-190759.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5392132654801262802" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 224px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StS0FK82mNI/AAAAAAAAAJ4/UKpkfx_tNvw/s320/Egon-Schiele-Nu-assis--1910-190759.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher Konstantinos,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est avec lassitude que je vous écris. Ma routine coutumière devient une charge non négociable. L’habitude me rompt les os de la colère. À l’aube de mon 59ème anniversaire, les réflexions que je mène m’apparaissent stériles et vaines. La fatigue se fait sentir et l’énergie n’est plus lorsque j’apprends que le gouvernement français décide de rémunérer ses élèves pour lutter contre l’absentéisme à l’école. Je suis si vieux que ma tête se laisse courber sans lutte. Quelles valeurs voulons-nous inculquer à nos enfants ? Quelle est l’avenir de l’éducation dans le monde ? Comment ne pas devenir neurasthénique en constatant ce désespoir politique ? Il est limpide que les bonnes questions sont évincées au profit d’une relation financière. Pourquoi à votre avis nos bambins désertent-ils les classes ? Est-ce par fainéantise ou par dégoût ? L’école n’a plus sa place dans ce monde de relation superficielle… Il est même envisagé de la remplacer par des vidéos dépourvues de sens et d’esthétique en cas de pandémie grippale. Mais ce n’est pas grave, nos générations futures sont bercées par les programmes pédagogiques de &lt;em&gt;Baby First&lt;/em&gt;. Maman est donc rassurée. L’accoutumance commence dès le plus jeune âge. Maman télé et papa ordinateur veillent sur nos têtes blondes chéries en les inondant d’images sournoises qui bloquent la capacité de réflexion. Il est venu le temps des zombies téléphages qui, à l’adolescence, vont plonger vers des drogues douces pour retrouver la sensation originelle de non réflexion engendrée par la boîte à image. Nous cherchons à absoudre le « laisser-aller » comportemental, trop brut pour le contrôler. L’humain possède en outre ce phénomène intéressant d’accoutumance qui consiste à créer une intimité par fréquentation d’un lieu ou d’une personne. Je vais prendre un exemple précis, pour l’avoir moi-même expérimenté durant les émeutes du pain en Tunisie.&lt;br /&gt;Durant cette période glorieuse de mon histoire, j’ai été incarcéré durant quelques semaines par suite d’un article désobligeant que j’avais rédigé pour un petit canard de l’époque. Le milieu carcéral est intéressant car il est le seul à proposer la vision zoomée d’une société aux murs distincts et clos. Les parloirs d'une prison sont un organisme géographique complexe où les conventions de l'intime n'ont pas lieu d'être. Et pourtant, au rythme des rendez-vous, la famille appréhende l'espace avec son identité comparative. Elle cherche à appliquer au lieu une forme de reconnaissance, elle transcrit l'intimité du foyer sur les murs de ce nouvel endroit peu propice au partage du « laisser-aller comportemental ». Je parle de l'intime comme « laisser-aller comportemental » dans le sens où les masques ne peuvent tomber sans la contingence d'un lieu propice à la connaissance particulière. À force de fréquentation de cet espace, celui-ci nous apparaît commun, se rendant ainsi perméable aux débordements sociaux.&lt;br /&gt;Intrinséquement, ce phénomène d'accoutumance par l'intime obscurcit notre jugement et notre analyse sur les faits que nous vivons. Il est plus facile d'émettre un gaz dans le métro routinier que dans la file d'attente d'un restaurant bon marché que l'on fréquente pour la première fois. Je vous renvoie donc à la connivence enivrée des toilettes exprimée dans nos derniers courriers. Il est de nature certaine que l'habitude corrompt notre esprit dans la commune mesure où la reconnaissance d'un espace et d'un temps donnés crée un voile obséquieux d'intimité qui nous pousse à abandonner nos conventions d'attitudes. Et cet amollissement n'est pas compatible avec la constellation des bonnes mœurs. Ces bonnes mœurs étant nécessaires au fonctionnement normé de nos entreprises humaines.&lt;br /&gt;Le phénomène urbain des graffitis exprime donc le besoin d'un individu de s'emparer d'un espace et de contrôler celui-ci par une marque indélébile. En complément, il n'est pas étonnant que durant les émeutes de quartiers en France, les jeunes s'en prennent aux voitures de leurs propres voisins. Notre intimité de lieu conditionne une partie de nos comportements en communauté. Nous ne sommes finalement que des animaux soumis aux influences positives et négatives de la cage dans laquelle nous évoluons. Ce qui semble intéressant dans le phénomène des parloirs d'une prison, c’est que l'intime se retrouve clôturé par un espace-temps. Alors quelle est la meilleure des attitudes à avoir ? Dois-je exprimer toute mon intériorité personnelle ? Dois-je garder un masque social ? Et si oui, lequel serait le plus adapté ? Dois-je être dans la retenue ou dans l'excès ?&lt;br /&gt;Lors de mon bref passage en détention, mon ami et amant Gerhart Wohnwagen, artiste allemand peu connu du grand public, me rendait visite à raison de deux fois par semaine. Ce moment donné était des plus sociologiques. Nous devions avoir une tenue correcte, une posture sociale décente, diligentée par le contexte politique et culturel, cependant nous mourrions de frustration, laquelle était engendrée par le désir inavoué de notre passion. En définitive, un intermède délicat qui nous procurait une étrange sensation douce amère et qui se révéla finalement plaisante.&lt;br /&gt;Je me suis alors pris d'admiration pour ces familles qui assument durant des années le poids des délits commis par leurs proches. Nous aimons avoir mal. L'accoutumance par habitude est confortable alors que le système des parloirs d'une prison est dur. Nous sommes en perpétuelle stagnation entre chien et loup. Rien n'est gagné d'avance et nous ne savons jamais comment on va retrouver l'être convoité. De plus nous avons à prendre en compte une mise en abyme du contexte qui pousse encore ce fragile équilibre vers ses retranchements.&lt;br /&gt;La sensation irritante du cuir de la selle d'un cheval qui frotte contre votre pantalon est si agréable. L'instant est sucré et mesuré tout en se mélangeant à travers un sentiment de peur de l'autre. La peur, oui, car l'incarcération donne aux personnes une impossibilité d'être confortable. Le domaine urbain et rude de la rue donne cette même impression. Mais ce plaisir si particulier a un prix. Celui de la déstructuration mentale, la perte de repères, l'infantilisation, l'impossibilité de se mettre debout sans une aide, bref une perte de sa capacité à être. On est façonnable par la violence de ce milieu. On s'enivre et on se perd dans cette absence de concret. Alors que faire ? Se laisser apprivoiser par l'intimité au risque de subir l'influence pesante mais rassurante de l'habitude ou rester dans un clivage de perpétuels mouvements et de violences ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La solution n'est plus entre mes mains... peut-être l'est elle dans les vôtres mon cher ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À vous lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K.B&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-2929651607860552094?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/2929651607860552094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=2929651607860552094' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2929651607860552094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/2929651607860552094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/10/fatigue-coutumiere.html' title='Fatigue coutumière.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/StS0FK82mNI/AAAAAAAAAJ4/UKpkfx_tNvw/s72-c/Egon-Schiele-Nu-assis--1910-190759.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1325022972908230392</id><published>2009-10-03T01:01:00.002+02:00</published><updated>2009-10-03T01:06:55.477+02:00</updated><title type='text'>Douze minutes dans la peau de Yann Moix.</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SsaHgzohTGI/AAAAAAAAAJw/KXsCqvqPy3I/s1600-h/ghostbusters_logo.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5388143001881103458" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 283px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SsaHgzohTGI/AAAAAAAAAJw/KXsCqvqPy3I/s320/ghostbusters_logo.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon très cher K,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me plaît de croire que l'exercice biographique de précipitation reste intéressant, tellement judicieux qu'une approche similaire de la vie de Monsieur Yann. M est à réaliser. Je me suis donc attelé à la tâche. Je ne suis qu'un petit sociologue, sans grand intérêt, mais j'imagine que mes compétences ne sont pas invisibles. Je ne reviendrai pas sur son cursus d'expériences livresques, ni sur son parcours initiatique en matière de découvertes littéraires. Je vais donc apposer quelques jalons de sa vie et tenter de les décrypter selon mon savoir intuitif. La connaissance actuelle, et je l'ai déjà mentionné, se concentre sur Wikipédia. Alors partons de ce postulat et laissons libre cours à nos perceptions intelligentes.&lt;br /&gt;Ma posture de départ se définit comme simple fan, aimant la culture facile, avec une propension certaine à la fainéantise d'actualité. Qu'entends-je par ces termes ? Eh bien je parle de l'incapacité chronique de recouper des informations par le manque de temps. Je le rappelle, nous promulguons la culture fast-food, vite mangée, vite digérée, vite expulsée. Il est évident, en regardant d'un peu plus près le temps effectif de fabrication de sa dernière œuvre, que nous sommes en présence de ce genre de nourriture intellectuelle. Deux semaines pour comprendre la plus grande énigme musicale du XXème siècle. Je trouve qu'il s'agit là d'un bon prorata. Je vais donc m'attarder douze minutes sur le profil de ce monsieur Yann. M.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon seul angle d'attaque se trouve être le film &lt;em&gt;Podium&lt;/em&gt; puisqu'il s'agit là de son plus gros succès. Je vous fais à nouveau remarquer ma posture de départ, c'est-à-dire celle d'un fan de &lt;em&gt;pop culture&lt;/em&gt;. Le sujet de ce film est révélateur du fondement sociologique de Monsieur Yann. M. Un usurpateur démoniaque qui se prend pour la réincarnation d'une icône populaire. La légèreté de ton ne peut être que reprise par un esthétisme édulcoré, et de surcroît écoeurant, de son produit cinématographique. Il s'agit bien là de faire une analyse du procédé de succion d'un bonbon. &lt;strong&gt;Celui-ci engendre une profonde frustration car nous avons le plaisir du goût mais pas la sensation de satiété&lt;/strong&gt;. Monsieur M fonctionne sur le même principe : on éprouve une certaine catégorie de plaisir engendré par la forme mais on se rend très vite compte que ce n'est que supercherie. J'en veux pour preuve l'expérience suivante : tapez son nom sur un moteur de recherche et vous tomberez sur le site ado(point)fr ou voici(point)fr; vous pouvez donc dès à présent vous rendre compte du type de public visé. Son cursus universitaire est également prometteur... Diplômé d'une école de commerce et de Sciences-Po. Deux systèmes prompts à développer des compétences non substantielles. « Savoir parler de tout sans en connaître l'essence même ». Un autre aspect de sa vie, peu connu mais tout aussi primordial, l'écriture de chansons pour deux idoles du vide absolu, j'ai nommé Arielle D et Diane T. Je ne prétends pas que cette étude comportementale s'inscrit dans une véracité certaine. Toutefois je voulais démontrer par un simple syllogisme l'absurdité amère de ces écrivains qui pensent pouvoir surfer sur des faits médiatiques afin d'engranger davantage de ressources financières. Bien entendu je trouve cela lamentable et je le condamne gracieusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne resterai donc pas plus longtemps sur cet univers guimauve qui me donne envie de rendre gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cordialement,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;K.B&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2533964593985072966-1325022972908230392?l=bouachichedeveureux.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/feeds/1325022972908230392/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2533964593985072966&amp;postID=1325022972908230392' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1325022972908230392'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2533964593985072966/posts/default/1325022972908230392'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://bouachichedeveureux.blogspot.com/2009/10/douze-minutes-dans-la-peau-de-yann-moix.html' title='Douze minutes dans la peau de Yann Moix.'/><author><name>Messieurs Bouachiche / Deveureux.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18200654620615449880</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://2.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SZWJNCMi-4I/AAAAAAAAAEQ/CZ5Qmi5NZF8/S220/ARTAUD_Pastier_web-b66c1.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SsaHgzohTGI/AAAAAAAAAJw/KXsCqvqPy3I/s72-c/ghostbusters_logo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2533964593985072966.post-1442538530426015497</id><published>2009-09-23T00:56:00.002+02:00</published><updated>2009-09-23T01:08:08.432+02:00</updated><title type='text'>L'idiot de la littérature.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SrlYx5aBHdI/AAAAAAAAAJo/4KdeNlPk4Lw/s1600-h/sartre.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5384432443744918994" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 209px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_XU_xXm2D-YI/SrlYx5aBHdI/AAAAAAAAAJo/4KdeNlPk4Lw/s320/sartre.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mon cher Bouachiche,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis peu de jours me dérange une protubérance théorique dont je dois délivrer le contenu au risque d’y découvrir une substance pathogène. Si l’aigreur caractéristique consiste en une vie érémitique, tel un corbeau perché sur la branche d’un arbre enraciné par des principes séculaires, le contraire de cette attitude voudrait que nous vidions nos tiroirs comme l’homme brutal se sert de sa femme pour libérer les fluides qui l’alourdissent. N’allez toutefois pas conclure que la comparaison se construit avec une identité de rapports, car j’entends par l’image de l’homme brutal toute une critique de l’acte mécanique et je ne veux réceptionner de cette attitude que la notion physique d’expulsion franche. Dans cette perspective, je décide de me promener sur l’&lt;em&gt;agora&lt;/em&gt;, ce qui augmente les facteurs de bien-être en même temps que cela fait reculer le développement des cancers (en effet, nous avons étudié récemment que les vies anachorétiques qui ont mis leur intimité au service d’un principe d’isolement sont des vies qui propulsent en elles la capacité vorace du cancer, autrement dit le résultat visible de l’aigreur volontairement ignorée).&lt;br /&gt;Ce dont je voudrais m’entretenir de façon tout à fait intermédiaire avec le débat que nous suivons par ailleurs, c’est d’un homme qui, je crois, dit de lui qu’il est un écrivain et ce dans la vertu principale que son personnage public s’avère publier des livres. Je n’ai de ce personnage qu’une connaissance théorique. Or si j’en juge par les différents textes qu’il a publiés et par les différentes critiques (au sens kantien) qu’il a suscitées, je dirais de lui que c’est un secrétaire de l’opinion rampante, ce qui, vous comprenez, est assez éloigné du statut d’écrivain historiquement entendu, statut qu’on accorde malheureusement de nos jours selon des réflexes pavloviens qu’il faudrait en outre exterminer vigoureusement. A la lumière du registre ontologique que j’ai mis en place ces derniers mois, il est facile d’établir que ce personnage correspond au même degré d’existence que les êtres fabriqués par Walt Disney. En d’autres termes, cela signifie que son succès est irréprochable de ce seul point de vue, mais que ce succès dépend d’un abalourdissement des consciences, chose qui d’emblée fait péricliter les dimensions positives de la reconnaissance sociale, ou de je ne sais trop quel statut d’artiste moderne désigné comme tel par un journalisme qui adore féconder &lt;em&gt;in extenso&lt;/em&gt; des entités littéraires censées créer des points de repère sur un paysage livresque au demeurant aride. Disney, en vertu de la promotion de l’asexualité (qui se veut transgénérique par-dessus le marché !), a légitimé la propagande d’une sexualité christianisée où la spontanéité de la découverte d’autrui passe par l’intermédiaire d’un prisme psychologique à partir duquel des médecins de l’âme sont supposés enseigner un catéchisme sexuel parce que l’adolescent est désorienté par ces lamentables représentations de la morale. Ce catéchisme n’est rien moins que l’effet dévastateur de ces dessins animés où engendrement et génération s’effectuent au milieu d’un monde suprasensible que le spectateur ne peut pas voir. Il manque alors la présence d’un serpent armé des redoutables arguments de la vie terrestre, l’animal même qui aurait corrompu la sagesse d’Adam et Ève ! Par conséquent ce n’est pas un hasard si le serpent apparaît chez Disney à l’instar de l’être fondamentalement méchant, infréquentable et profondément sophistique. En périphérie, parfois je me dis que les hommes brutaux devraient s’inspirer des douceurs de la reptation, mais c’est une autre histoire…&lt;br /&gt;J’en viens au rapport proprement dit car on pourrait avoir le sentiment que je quitte le domaine de la littérature. Si les êtres de Disney sont dangereux, c’est parce que leur statut fictionnel a imprégné le réel selon les niveaux de crédulité de ceux qui autorisent ce genre de mesquinerie éthique. Nous avons dans ce cas précis une descente du suprasensible sur le territoire du sensible, ce qui fait advenir un ensemencement des plus consanguins. Pareillement, un grand nombre des succès de la littérature contemporaine sont bâtis sur une mythologie d’assimilation qui ne fait pas la différence entre deux réalités incompatibles (en ce sens, des écrivains croient qu’ils ont un public acquis, ce qui les dispensent d’être sérieux dans leurs propos) : le livre devient bon quand il caresse le sens de l’opinion qui parle de faits qui en fait ne sont pas des faits mais des bruits. Le même livre devient encore meilleur s’il s’intègre au milieu d’une polémique de cuistrerie. Or si vous voulez réussir à féconder le paradoxe du suprasensible et du sensible, en d’autres mots si vous désirez donner du symptôme aux fantasmes qui s’imaginent se réaliser, proposez des sujets qui entretiennent des controverses non philosophiques, c'est-à-dire des sujets où il n’est pas la peine de produire des lignes de force argumentatives pour les défendre. C’est précisément ce qui se passe quand on veut parler à la place des morts, tout comme les personnages de Disney parlent collectivement à la place du vrai impératif catégorique que chacun doit commencer par saisir en son entendement avant d’y juguler des principes d’action communautaires – pire encore, les animaux qui parlent inventent une nouvelle rationalité qui fait qu’on les écoute parce que leur langage, subitement, se met à ressembler au nôtre. Disney est de ce point de vue une morale labellisée tandis que les livres d’opinions et de jérémiades espèrent instituer une norme quant à ce qu’ils ont à dire (en soi, également un label). Ils ne font pour ma part que m’infliger du désarroi, me poussant à l’élitisme en pleine &lt;em&gt;agora&lt;/em&gt;, ce qui me rend logiquement agoraphobe étant donné que le public préfère la soupe plutôt que les gros morceaux de viande qui nécessitent de mâcher et d’avaler doucement. Platon disait d’ailleurs qu’il ne fallait pas se comporter comme un mauvais découpeur de viande dès lors qu’il était question de se pencher sur le difficile exercice du discours bien fait, soit sur les principes suggérant la réalité conjointe d’une bonne et d’une mauvaise rhétorique.&lt;br /&gt;Après cet exorde quelque peu rébarbatif, je veux mentionner que j’ai été indigné par l’usage médiatique du macabre qui a immédiatement succédé au décès du chanteur Michael Jackson. Ce qui est ironique en la situation, c’es
